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28/08/2020 14:14 EDT | Actualisé 28/08/2020 15:13 EDT

Si tout va bien, les activités parascolaires hors groupe-classe reprendront le 14 septembre

Plusieurs élèves-athlètes avaient demandé au gouvernement de faire marche arrière, plus tôt vendredi.

Twitter/Enrico Ciccone
Vendredi, des élèves-athlètes de Québec ont manifesté devant l'Assemblée nationale.

Les activités parascolaires qui regroupent des élèves de différentes classes pourront reprendre dès le 14 septembre si la rentrée scolaire se déroule bien, a annoncé le premier ministre François Legault.

Jeudi, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, avait déclaré que le début de ces activités était repoussé «d’ici quelques semaines» en attendant de voir comment le retour à l’école se passait.

M. Legault a indiqué que les activités regroupant des élèves hors des groupes-classes pourront commencer si les consignes sanitaires sont appliquées et si le nombre de nouveaux cas de COVID-19 reste au même niveau qu’actuellement. 

«Comme je l’ai dit hier, je suis le premier à reconnaître que c’est très important, entre autres les sports, pour motiver les jeunes. Il y a un impact positif pour réussite scolaire et c’est la même chose avec les activités artistiques», a-t-il déclaré lors d’une conférence presse.

Le gouvernement fait marche arrière à la suite des reproches de plusieurs intervenants du milieu scolaire et d’élèves-athlètes qui ne souhaitaient pas voir le début de leur saison repoussé de plus d’un mois.

Signe qu’il règne une certaine confusion, le centre de services scolaire des Découvreurs, à Québec, a annoncé vendredi que la consigne du ministre Roberge le forçait à revoir complètement son organisation scolaire. Résultat: rentrée repoussée jusqu’au 8 septembre pour la plupart des élèves.

«Ce délai nous permettra d’ajuster notre organisation scolaire afin de nous assurer que tous les élèves restent à l’intérieur de groupes-classes stables en tout temps», a écrit le directeur général Christian Pleau dans une lettre transmise aux parents.

Vendredi, des élèves-athlètes, qui évoluent dans des équipes scolaires au niveau secondaire dans la région de Québec, touchés par la consigne annoncée jeudi par le ministre Roberge ont tenu une manifestation dans la Vieille Capitale. Ils se sont tout d’abord réunis à la Place George-V avant de marcher vers l’Assemblée nationale.

Comme il l’a fait jeudi, le député libéral et ex-hockeyeur Enrico Ciccone avait demandé au ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, de revenir sur sa décision.

«Ce sont nos jeunes qui vous le demandent, pas derrière un écran, mais bien en personne et devant leur maison: l’Assemblée nationale du Québec! Il est encore temps. Ils et elles sont prêts à reprendre leurs études et leurs sports!» a-t-il écrit sur Twitter. 

Des joueurs de football au niveau secondaire ont aussi fait entendre leur voix en publiant une vidéo sur les médias sociaux.

Partagée entre autres sur le compte Instagram de Danny Stamiris, quart-arrière de l’équipe du Collège Notre-Dame, la vidéo met en scène une dizaine de joueurs de football expliquant qu’ils ont respecté les règles sanitaires depuis qu’il est permis de pratiquer leur sport. 

«Dès que la situation s’est améliorée, nous sommes retournés sur le terrain. Nous avons commencé des entraînements en appliquant la distanciation sociale. Au feu vert, nous avons repris le rythme normal des [entraînements]. On a retrouvé espoir», disent-ils. 

«On a besoin de notre saison. Autant pour ne pas tomber en dépression que pour avoir un bon état mental à l’école», ajoutent-ils avant de prononcer chacun à leur tour leur slogan «on veut jouer».

De plus, une pétition mise en ligne, titrée «Du sport pour tous à l’école», avait récolté plus 48 000 signatures vendredi à 13h45. 

Depuis l’annonce du ministre Roberge, plusieurs intervenants du milieu scolaire avaient fait valoir que cette mesure était incohérente. Depuis plusieurs mois déjà, les sports au niveau civil ont repris. À l’automne, plusieurs jeunes pourront pratiquer leur sport hors de leur groupe classe au niveau civil.

Enrico Ciccone avait lui aussi vivement dénoncé «l’incohérence» de cette mesure, annoncée à la toute dernière minute, alors que les jeunes reprenaient le chemin de l’école. 

Il avait appelé le ministre à expliquer la différence entre une équipe sportive scolaire et civile, soulignant qu’en réalité, les jeunes pourront continuer à pratiquer leur sport au civil, en dehors des murs de l’école.

M. Ciccone avait aussi fait valoir que le sport étudiant motivait les élèves, tout en combattant la sédentarité.

Plus tôt dans la journée, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a tenté de calmer les esprits.  

Cette consigne avait semé l’émoi dans le réseau scolaire jeudi, en pleine rentrée, puisqu’elle vient aussi mettre un frein à plusieurs programmes particuliers, concentrations et profils.

Dans une lettre ouverte envoyée aux médias, le ministre Roberge plaidait que «l’enjeu central» de la rentrée est de «détecter, isoler et contenir efficacement» les cas de COVID-19.

Les écoles privées outrées

Dans une lettre transmise à La Presse canadienne, le président de la Fédération des établissements d’enseignement privés, David Bowles, se disait en «désaccord» avec la nouvelle consigne qui met «en péril le sport scolaire, ainsi que les activités parascolaires artistiques et culturelles au Québec, alors que la pratique du sport civil et de ces activités culturelles est permise dans un cadre civil et municipal».

«Si une éclosion avait lieu à l’intérieur d’une équipe scolaire, par exemple, nous pourrions facilement identifier les contacts et confiner l’équipe au besoin. Si une éclosion avait lieu dans une équipe civile, avec des joueurs pouvant provenir de cinq à dix écoles différentes, la situation pourrait s’avérer plus problématique», a-t-il déclaré.

De plus, M. Bowles affirme que l’interdiction d’activités sportives et culturelles à l’école poussera les athlètes et les artistes vers le civil en plus grand nombre, multipliant les risques d’éclosion sur un plus grand territoire.   

Avec La Presse canadienne.

À VOIR: le ministre Roberge tente de calmer le jeu après son annonce de jeudi