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27/08/2020 08:40 EDT | Actualisé 28/08/2020 07:56 EDT

Rentrée scolaire: les activités parascolaires sur la glace

Le député libéral et ex-hockeyeur Enrico Ciccone a rapidement dénoncé l’incohérence de cette mesure.

Paul Chiasson/La Presse canadienne
C'était le retour en classe pour des milliers d'écoliers, jeudi.

Les élèves qui rêvent de faire partie de l’équipe sportive de leur école devront attendre: le ministre de l’Éducation interdit pour l’instant les activités parascolaires regroupant des élèves de différentes classes.

Jean-François Roberge a fait cette annonce jeudi, le jour de la rentrée scolaire, lors d’une conférence de presse à l’école des Moissons de Repentigny.

Plus tard, le premier ministre François Legault a tenté d’expliquer la situation en prenant l’exemple d’une équipe de football. “On ne peut pas penser que de mettre deux classes ensemble, à très court terme, ce soit possible”, a-t-il déclaré.

Selon lui, l’école québécoise doit d’abord faire la preuve qu’elle est bien préparée pour faire face à une deuxième vague de la COVID-19.

Le gouvernement plonge ainsi les écoles dans l’incertitude, même en ce qui a trait aux programmes sports-études. La porte-parole du Parti québécois en matière de sports, Méganne Perry Melançon, soutient que l’annonce a eu l’effet d’une bombe dans le réseau.

Par contre, se sont empressés d’expliquer MM. Roberge et Legault, la mesure pourrait être revue dans un mois avec l’approbation de la Santé publique.

“Ce qu’on souhaite, c’est se donner rendez-vous dans quelques semaines, faire un bilan (...) et peut-être à ce moment-là faire des assouplissements”, a déclaré M. Roberge, concédant qu’il y aurait “un peu moins” d’activités parascolaires en septembre.

“La stabilité du groupe-classe, c’est au coeur de notre plan sanitaire.”

EN VIDÉO: la conférence de presse des ministres Roberge et Dubé

 

Le député libéral et ex-hockeyeur Enrico Ciccone a immédiatement réagi en dénonçant l’incohérence de cette mesure. Il a demandé quelle était la différence entre une équipe sportive scolaire et civile.

“Quand les élèves quittent l’école et reviennent le lendemain la bulle est percée”, a noté M. Ciccone sur Twitter, en ajoutant: “Un peu de cohérence svp.”

La sénatrice et ex-athlète paralympique Chantal Petitclerc a elle aussi critiqué le plan de Québec. “Les enfants jouent et font du sport ensemble dans les parcs, les camps, depuis le début de l’été. Mais pas le droit à l’école?” a-t-elle commenté sur les réseaux sociaux.

C’est une deuxième vague d’improvisation en éducation, a quant à elle raillé Méganne Perry Melançon. L’élue s’est dite “surprise et fâchée” de l’annonce du ministre.

“Vraiment, on ne démontre aucune considération pour les jeunes qui encore une fois écopent (...) de la mauvaise gestion du gouvernement en éducation”, a-t-elle déclaré en point de presse à l’Assemblée nationale.

Selon Mme Perry Melançon, une pétition demandant de permettre la pratique du sport en dehors de la “bulle-classe” a déjà amassé plus de 15 000 signatures.

Quatre cas dans les écoles du Grand Montréal

À peine les élèves ont-ils pu déposer leurs sacs jeudi que déjà la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) rapportait quatre cas de COVID-19 chez des enseignants ou membres du personnel scolaire dans le Grand Montréal.

Le syndicat d’enseignants en a également profité pour dévoiler les résultats d’un sondage interne. Des 3800 membres ayant participé, 70 % ont affirmé que le plan sanitaire du ministre Roberge ne leur inspirait pas confiance.

“Le gouvernement (...) doit poser les gestes qui contribueront de manière positive au sentiment de sécurité des profs”, a déclaré le président de la FAE, Sylvain Mallette.

Appelé à commenter la situation, M. Roberge a assuré qu’aucun cas déclaré ne serait “caché”.

“Ce qui alimente la peur, c’est quand les gens pensent qu’on cache des choses, a-t-il affirmé. La consigne n’est pas de retenir de l’information.”

Ce ne sont que quelques individus sur 100 000 enseignants au Québec qui ont été contaminés, a tempéré le ministre de la Santé, Christian Dubé, en disant s’attendre à ce qu’il y en ait éventuellement davantage. “Je pense qu’on va trouver la façon dans les prochains jours de compenser ce manque-là”, a-t-il dit.

L’argent du fédéral pour améliorer le transport scolaire, dit le ministre

Par ailleurs, bien qu’il entende consulter les acteurs du réseau sur la façon de dépenser les quelque 400 millions $ en transfert fédéral, M. Roberge a indiqué en conférence de presse qu’il privilégiait déjà certaines options.

Notamment, il compte se servir de ces sommes pour améliorer le transport scolaire (ajouter des mini-fourgonnettes et des berlines), acheter encore plus de matériel de protection et procéder au nettoyage et à la désinfection des systèmes de ventilation dans les écoles.

Rappel des consignes

Jeudi, M. Roberge s’est montré confiant et a assuré que tout était en place pour une rentrée réussie.

Il a indiqué que les centres de services scolaires pouvaient étaler la rentrée sur quelques jours s’ils le désiraient, et qu’ils bénéficiaient de ressources financières suffisantes pour l’achat de matériel de protection.

Les écoles auront à faire respecter plusieurs consignes sanitaires si elles veulent prévenir les éclosions de COVID-19, a toutefois rappelé le ministre.

Notamment, la distanciation physique sera établie à certains endroits avec des marques au sol. Le couvre-visage devra être porté dans les aires communes des écoles à partir de la 5e année.

Les élèves seront organisés en groupes et demeureront dans les mêmes locaux; ce seront les enseignants qui se déplaceront d’un groupe à l’autre.

Le gouvernement prévoit dans son plan que seuls les enfants ayant une condition médicale particulière, ou dont les parents sont à risque, peuvent être exemptés de venir à l’école.

À VOIR: comment préparer son enfant à l’école et faire baisser son anxiété