POLITIQUE
21/01/2020 09:17 EST

Une rentrée parlementaire chargée pour le gouvernement Trudeau

La ratification de l'ACEUM sera la priorité du gouvernement.

Mike Sudoma/La Presse canadienne
Le leader parlementaire Pablo Rodriguez (centre) espère que tous les partis appuieront la ratification du traité de libre-échange nord-américain.

WINNIPEG — Le cabinet Trudeau aura un ordre du jour chargé dès la rentrée parlementaire et il lui faudra faire des choix afin de respecter certaines promesses phares.

En premier lieu, la Chambre des communes devra débattre, puis ratifier le nouveau traité de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique (ACEUM). Il s’agit de la priorité du gouvernement, a prévenu le leader parlementaire Pablo Rodriguez, qui a lancé un appel aux partis d’opposition.

«Je m’attends, dans un monde idéal, que tout le monde l’appuie. Pourquoi? Parce qu’on ne peut pas dire qu’on appuie les travailleurs et être contre le traité de libre-échange; on ne peut pas dire qu’on travaille pour le développement économique et être contre le traité de libre-échange», a-t-il affirmé.

L’ACEUM a déjà été approuvé par le Mexique en décembre dernier, puis a reçu l’aval du Congrès américain la semaine dernière.

Le gouvernement devra également se dépêcher pour élargir l’accès à l’aide médicale à mourir afin de se conformer aux délais imposés par la Cour supérieure du Québec.

EN VIDÉO: Pablo Rodriguez annonce les priorités du gouvernement


Le ministre de la Justice, David Lametti, a indiqué dimanche qu’il comptait présenter un projet de loi dès le mois de février, dans l’espoir qu’il passe à travers toutes les étapes jusqu’à la sanction royale d’ici le 11 mars.

Vu l’échéancier serré, il n’est pas exclu qu’il demande une prolongation à la Cour supérieure pour modifier la loi.

Puis, il y a les promesses phares de la dernière campagne électorale.

Armes d’assaut

Les libéraux avaient promis d’interdire des armes d’assaut de style militaire et de restreindre l’accès aux armes de poing. Ils comptent également instaurer un programme de rachat d’armes d’assaut achetées légalement.

Le ministre de la Sécurité publique, Bill Blair, a admis lundi qu’il y a une «complexité» dans ce que le gouvernement veut mettre en oeuvre et qu’il examine ce qu’il peut réaliser en priorité. Cela fera partie des discussions d’ici le prochain budget fédéral.

L’interdiction des armes d’assaut, par exemple, pourrait se faire à court terme, a-t-il dit. Le programme de rachat, lui, pourrait prendre un peu plus de temps afin de respecter la capacité de payer des contribuables.

Taxe sur le carbone

Pendant ce temps, le gouvernement tente toujours de concilier l’économie et l’environnement.

Il poursuit ses discussions avec certaines provinces réticentes à l’implantation d’une taxe sur le carbone. Le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister, a démontré une ouverture en marge d’une rencontre tenue avec le premier ministre Justin Trudeau, lundi matin.

Du même coup, le gouvernement espère apaiser la colère de l’ouest avec la construction du projet d’expansion du pipeline Trans Mountain.

Et, pour apaiser celle des électeurs qui souhaitent plus d’action sur le climat, le ministre de l’Environnement, Jonathan Wilkinson, a confirmé qu’il annoncera de nouvelles cibles de diminution des gaz à effet de serre pour 2030.

La vice-première ministre et ministre des Affaires intergouvernementales, Chrystia Freeland, convient que l’ordre du jour sera chargé, mais dit avoir bon espoir d’une réalisation des promesses du gouvernement même en situation minoritaire.

«On va le faire», dit-elle. «On va le faire avec urgence, mais on doit aussi et on comprend l’importance de le faire de manière correcte, de travailler avec le Parlement avec beaucoup de respect, de travailler avec les premiers ministres des provinces, de travailler avec les maires.»

Les travaux parlementaires à Ottawa reprendront le 27 janvier.

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