BIEN-ÊTRE
27/06/2019 14:15 EDT | Actualisé 27/06/2019 16:54 EDT

Cet influenceur campe devant Reitmans pour ravoir sa marque «volée»

«Ils veulent m’avoir à l’usure. Ils savent que je dors dehors et que ce n’est pas facile, mais je ne lâcherai pas.»

momimfine/Instagram

Un influenceur belge a entrepris de camper devant le siège social de Reitmans jusqu’à ce que le détaillant québécois lui rende sa marque «Mom I’m Fine» présumément plagiée. Il y dort depuis trois jours et attend toujours une réponse positive à sa requête.

«Mom I’m Fine», ou «Maman, je vais bien», sont les mots qu’emploient depuis trois ans le créateur de contenu Jonathan Kubben pour rassurer sa mère lors de ses longs voyages autour du globe. Après la publication de quelques photos avec des célébrités et de paysages paradisiaques, il acquiert une popularité fulgurante le poussant à lancer sa propre ligne de vêtements mettant en vedette son slogan fétiche dès la fin de 2017. 

Photo fournie par Jonathan Kubben
Photo fournie par Jonathan Kubben

Coup de théâtre. Il apprend en avril 2018 que Reitmans veut lancer une campagne éphémère dans la cadre de la fête des Mères reprenant «Mom I’m Fine» sur des t-shirts et des sacs avec la même police et la même couleur que ses créations.

Les abonnés de M. Kubben constatent les similitudes avec sa marque et se mettent à commenter en bloc les publications de la compagnie montréalaise jusqu’à ce que cette dernière le contacte. «Il a été question d’un partenariat, puis de licence rétroactive. Nos avocats sont entrés en contact pour régler les modalités, puis pendant les discussions, ils ont déposé la marque “Mom I’m Fine“ au Canada», explique M. Kubben au HuffPost Québec. L’influenceur n’avait alors réclamé la paternité de son slogan que dans 25 pays, majoritairement en Europe, faute de moyens. «C’est cette partie-là qui me rend fou», admet-il. 

Un t-shirt a été mis en vente puis popularisé grâce à la collaboration d’influenceuses d’ici engagées par Reitmans. Deux objets promotionnels «Mom I’m Fine» ont aussi été offerts gratuitement.

Capture d'écran fournie par Jonathan Kubben
Photos fournies par Jonathan Kubben

«Moins d’une semaine» après son lancement, l’entreprise affirme toutefois avoir suspendu la promotion de la campagne après avoir pris connaissance du mécontentement du créateur belge d’origine mexicaine. La marchandise «Mom I’m Fine» n’est plus disponible sur reitmans.com depuis l’an dernier.

Mais Jonathan Kubben espère tout de même que justice soit rendue. Il réclame trois choses : les droits d’exploitation de sa marque au Canada, des dommages moraux et financiers, ainsi qu’un montant supplémentaire pour investir dans son projet humanitaire de construction d’une école à partir de matières recyclées au Mexique.

«Ils veulent m’avoir à l’usure. Ils savent que je dors dehors et que ce n’est pas facile, mais je ne lâcherai pas. […] Je pourrais aller en cour contre eux, mais ça me coûterait beaucoup trop d’argent et de temps, ce que je n’ai pas», confie-t-il.

La compagnie montréalaise a déclaré au HuffPost Québec, par voie de communiqué, avoir été surprise des moyens de pression soudains manifestés par M. Kubben sur les réseaux sociaux. Reitmans aurait tenté d’établir un dialogue avec lui et ses représentants l’an dernier, mais serait restée sans nouvelle depuis juillet 2018.

Dans cette même déclaration, elle garantit avoir eu «plusieurs échanges» avec l’influenceur depuis la semaine dernière et se dit ouverte «à transférer la demande de marque de commerce pour le Canada» et à «contribuer à sa campagne humanitaire».

Élan de solidarité

Maintenant à Montréal depuis une dizaine de jours, Jonathan Kubben admet que des discussions sont présentement en cours avec la compagnie, mais qu’elles doivent demeurer «secrètes» pour l’instant.

Tant qu’il n’y aura pas entente, il demeurera devant le siège social de Reitmans dans Ahuntsic-Cartierville à Montréal et se dit chanceux de pouvoir compter sur le soutien des Québécois et de ses quelque 358 000 abonnés sur Instagram.

Capture d'écran Instagram

Un orage l’a forcé mercredi soir à quitter son campement, mais il affirme que plusieurs personnes passent le voir pour lui donner à boire, à manger et lui offrir de recharger son cellulaire et son ordinateur.

«Je ne dors pas là juste pour moi, mais pour tous les créateurs de contenu qui se font voler leurs idées. Cette vague de compassion me pousse à continuer.»

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