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26/05/2019 09:39 EDT

Le Reine-Élizabeth célèbre le passage de Lennon et d'Ono

Une exposition d’art et des visites dans la suite sont organisées pour les 50ans de l'événement.

PC/Paul Chiasson

MONTRÉAL — Il y a 50 ans, John et Yoko demandaient à une bande de copains et de curieux de lancer les choeurs pour les accompagner pendant l’enregistrement de «Give Peace a Chance».

Vêtus en pyjama, John Lennon et Yoko Ono accueillaient dans leur chambre de l’hôtel Reine-Elizabeth, au centre-ville de Montréal, un défilé de journalistes, de personnalités de la contre-culture et de simples curieux. Amorcé le 25 mai 1969, le fameux «bed-in» est devenu célèbre pour avoir donné au couple l’occasion d’enregistrer la célèbre chanson.

Un demi-siècle plus tard, l’hôtel célèbre l’événement en présentant une exposition d’art et en organisant des visites dans la suite que le couple occupait.

«Nous voulons que tout le monde ressente le ‘bed-in’ et le comprenne. Les nouvelles générations ne le savent pas. Certains ne savent même pas qui est John Lennon», mentionne une porte-parole du Reine-Elizabeth, Joanne Papineau.

La suite renferme désormais du matériel d’enregistrement de l’époque, un service fleuri de thé et des photos de Lennon et d’Ono en train de lire un livre de Lao Tseu et humant des fleurs.

«Il a été dit à la responsable d’étage que le couloir et la suite étaient très sales et jonchés de pétales de fleur», peut-on lire dans les notes archivées de l’entretien ménager.

 

PC/Paul Chiasson
Une exposition d'art est présentée dans la suite de l'hôtel.

 

Inspirés par les «sit-in» du mouvement des droits civiques américain, John Lennon et Yoko Ono avaient lancé une campagne de promotion pour la paix «Bed-in for Peace» au cours de leur voyage de noces à Amsterdam en mars 1969. La guerre du Vietnam faisait alors rage, le mouvement pacifiste prenait de l’ampleur en Occident. Montréal est devenue une étape de la tournée après que les États-Unis eurent refusé au célèbre couple la permission d’entrer au pays en prétextant une condamnation pour possession de marijuana contre le célèbre Beatle.

Pendant une semaine, divers bruits ont retenti dans la suite modeste. On y a entendu des mantras scandés par des membres d’une secte Krishna, des rires d’adolescents ou la diffusion d’émissions de nouvelles. Parmi les visiteurs figurent le poète Allen Ginsberg, le comédien Tommy Smothers et le militant pour l’utilisation des psychédéliques Timothy Leary.

Le séjour de John Lennon et de Yoko Ono à Montréal n’a pas été épargné par les conflits ou les débats.

Au cours de sa visite, le dessinateur américain Al Capp s’est montré sarcastique au cours de son entretien avec le couple. «On doit tous prouver qu’on a tous des poils pubiens, et vous l’avez fait, avait-il déclaré en faisant référence à une pochette d’un album où on voyait le couple nu. Et je vous dis que c’est l’une des plus grandes contributions à l’édification et à la culture de notre époque.»

Des manifestants, qui étaient confrontés à la police sur le campus de l’Université de la Californie à Berkeley, ont téléphoné à John Lennon qui leur a conseillé de s’en aller si c’était violent.

Comme pour faire écho à la stratégie de mise en marché derrière les «bed-in», le Reine-Elizabeth, qui appartient aujourd’hui à la chaîne Fairmount, propose un forfait de 3000 $ par nuit pour occuper la suite devenue légendaire.

«On essaie de vendre ça comme du savon, vous savez. La seule façon de vendre quelque chose est de se concentrer et de le faire tous les jours», avait raconté le chanteur à Capp.

Dans le hall de l’hôtel, on peut voir une Rolls-Royce blanche semblable à celle qu’a déjà conduite John Lennon et des oeuvres d’art conceptuel.

 

PC/Paul Chiasson
Les activités entourant le 50e anniversaire du «bed-in» ont commencé samedi et se poursuivront jusqu’à l’anniversaire de naissance de John Lennon, le 9 octobre.

 

Deux admirateurs des Beatles, Riley Howarth et Amy Love Samson, ont tenu à montrer la chambre 1742 à leur fils Mason Wild, âgé de quatre... mois. Le bébé portait un chandail à l’effigie du groupe et sa mère ne cachait pas ses boucles d’oreille au signe de la paix, un bandeau hippie et un châle.

«J’aime beaucoup cette histoire», souligne M. Howarth en décrochant un téléphone vert qui diffuse des propos de John Lennon.

Les activités entourant le 50e anniversaire du «bed-in» ont commencé samedi et se poursuivront de façon régulière jusqu’à l’anniversaire de naissance de John Lennon, le 9 octobre.

Les touristes de passage peuvent avoir droit à une visite guidée de la chambre, une exposition des photos prises à l’époque par Gerry Deiter, des livres dédicacés par Joan Athey qui avait dirigé un livre collectif paru en 2009 relatant la semaine légendaire. Un concert sera aussi présenté le 30 mai.

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