DIVERTISSEMENT
22/11/2019 14:56 EST | Actualisé 22/11/2019 15:06 EST

«La Reine des Neiges 2»: quand les intentions ont raison du récit

Un film d’aventure féérique qui a énormément de choses à dire, mais très peu à raconter...

Disney

Les réalisateurs Chris Buck et Jennifer Lee se sont un peu assis sur leurs lauriers avec La Reine des Neiges 2, un film d’aventure féérique ayant énormément de choses à dire, mais très peu à raconter.

Disney a évidemment l’habitude de chercher à passer une panoplie de messages par l’entremise de ses oeuvres, que ceux-ci aient une valeur morale ou une forte connotation sociale.

À un peu moins d’un an de l’élection présidentielle américaine, le studio fait suite au succès planétaire de 2013 en mettant de l’avant un agenda sociopolitique très précis. Le message est évidemment on ne peut plus positif et rassembleur, faisant la promotion de l’entraide, de la coopération entre les nations et du respect de la nature.

Mais ce discours, aussi noble soit-il, finit malheureusement par faire de l’ombre à la quête des personnages, qui se déploie ici de façon un peu trop linéaire, et pas toujours engageante.

Certes, il s’agit avant tout d’un film pour enfant. Ces questions sont donc de moindre importance pour le véritable public cible de cette méga production. Mais même ici, le film a beaucoup de difficulté à trouver son rythme en début de parcours, enchaînant un peu trop précipitamment entre développement de l’intrigue et numéros musicaux pour s’assurer de conserver l’attention des plus jeunes.

Et s’il n’y a pas vraiment de chanson qui risque de détrôner Let It Go comme ultime ver d’oreille ayant le pouvoir de rendre fou n’importe quel parent au bout de 94 écoutes (et même moins, beaucoup moins…), les pièces musicales joue un rôle beaucoup plus marqué en ce qui a trait au développement de l’histoire, et non seulement à celui des personnages.

La meilleure séquence à cet égard demeure toutefois la power ballad kitsch à souhait, mais très divertissante, que livre un Kristoff très émotif entouré de rennes. Un moment d’autodérision qui est plus que le bienvenu dans un long métrage où l’humour se fait plutôt rare.

À voir: la bande-annonce de «La Reine des Neiges 2»


À vaincre sans péril...

Buck, Lee et leurs acolytes ont également eu l’idée intéressante d’éviter la formule manichéenne classique en opposant leurs héros à aucun méchant à proprement parler. En fait, le véritable méchant de La Reine des Neiges 2, ce sont les erreurs du passé - qu’une génération plus ouverte d’esprit et conscientisée pourra enfin corriger.

Le problème, c’est que ce changement tout de même drastique par rapport à la formule Disney habituelle n’est pas appuyé par un élément dramatique assez fort pour qu’en émerge un réel sentiment de tension, d’urgence et/ou de danger.

À l’instar des films Marvel, dans lesquels les héros comme les antagonistes semblent être faits de caoutchouc tellement ils peuvent encaisser un nombre infini de coups, tout ici n’est finalement qu’une simple épreuve d’endurance.

Mais d’un autre côté, c’est précisément ça l’idée: continuer d’aller de l’avant, de rectifier les torts pour que tous les peuples puissent vivre en harmonie. Et le fait que cette quête soit accomplie aussi simplement, sans qu’il n’y ait de réelle opposition, sert évidemment directement le discours du film avançant qu’aucune lutte n’est difficile - et sans grandes conséquences - si chacun prend la peine d’écouter l’autre et accepte de faire ce qui doit être fait.

Visuellement, La Reine des Neiges 2 en met plein la vue grâce à la très grande qualité de l’animation et le déploiement de son univers auquel les créateurs ont consacré, une fois de plus, énormément de soins. Dommage que nous ne puissions pas en dire autant du scénario, qui demeure fonctionnel sans jamais être à la hauteur de celui du premier film.

Bref, une petite aventure qui saura tout de même émerveiller petits et grands, à défaut de les captiver du début à la fin.

La Reine des Neiges 2 est présentement à l’affiche partout au Québec.