POLITIQUE
13/06/2019 14:07 EDT | Actualisé 13/06/2019 16:41 EDT

Onde de choc après un rapport sur l'affaire Louis Robert

Le gouvernement offre désormais de réintégrer l'agronome et lanceur d'alerte.

Jacques Boissinot/PC
Le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, refuse de reconnaître une quelconque responsabilité et de présenter ses excuses.

Séisme à Québec jeudi à la suite d’un rapport accablant concernant l’affaire Louis Robert, cet agronome congédié du ministère de l’Agriculture pour avoir dénoncé dans les médias l’influence de l’industrie des pesticides sur la recherche.

Séisme à Québec jeudi à la suite d’un rapport accablant concernant l’affaire Louis Robert, cet agronome congédié du ministère de l’Agriculture pour avoir dénoncé dans les médias l’influence de l’industrie des pesticides sur la recherche.

Éclaboussé par ce rapport de la Protectrice du citoyen qui conclut que M. Robert a été largué par son ministère, le gouvernement Legault offre désormais de réintégrer M. Robert et de modifier la loi dès cet automne pour mieux protéger les lanceurs d’alerte. Le syndicat qui représente M. Robert a quant à lui confirmé qu’il est intéressé à reprendre ses fonctions.

“Il aime son métier, mais je ne peux présumer de sa décision, a expliqué la présidente du Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), Line Lamarre, dans un entretien avec La Presse canadienne. Il reçoit cette annonce avec beaucoup de plaisir, maintenant il faut s’entendre avec le Conseil du trésor pour qu’il soit réintégré correctement.”

Le sous-ministre du ministère de l’Agriculture, Marc Dion, a démissionné jeudi matin, mais le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, ne reconnaît aucune responsabilité et a refusé de présenter ses excuses. L’opposition a pour sa part demandé la démission du ministre.

M. Robert avait fait une dénonciation en octobre 2017 en vertu de la loi sur les lanceurs d’alerte, mais n’a pas obtenu la protection requise, selon le rapport de la Protectrice du citoyen qui a mis le feu aux poudres jeudi matin.

“Manquements majeurs”

On y apprend que le ministère a commis une “série de manquements majeurs” en divulguant notamment l’identité de Louis Robert et a même demandé une enquête au ministère de l’Emploi pour ensuite le mettre à la porte en janvier.

En mêlée de presse au parlement, le ministre André Lamontagne a laissé entendre qu’aucune sanction ne viserait la responsable du suivi de la divulgation à l’époque, Geneviève Masse, celle qui aurait dû protéger l’identité de Louis Robert et l’intégrité du processus. Or elle a même obtenu une promotion.

M. Lamontagne, qui s’était attribué le congédiement du fonctionnaire en janvier pour ensuite se rétracter, avait également laissé entendre que M. Robert avait d’autres taches à son dossier. Le premier ministre François Legault avait aussi soulevé les mêmes soupçons.

“J’ai dit que j’avais fait une erreur (concernant ces propos), a déclaré M. Lamontagne en conférence de presse, en refusant de présenter des excuses. Je n’ai pas à quitter mon poste. Je n’étais pas en poste. Ces événements se sont passés (en 2017) avant que notre gouvernement ne soit élu.”

À ses côtés, le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, a reconnu le manque de rigueur du processus de traitement de la divulgation au ministère de l’Agriculture. “C’est inadmissible que ce soit passé comme ça”, a-t-il commenté.