POLITIQUE
01/06/2020 14:50 EDT

«Le racisme envers les Noirs, ça existe aussi chez nous», affirme Justin Trudeau

«Je veux m’adresser aux jeunes Canadiens noirs: je vous entends, j’entends l’inquiétude, votre colère, votre peine», a déclaré le premier ministre.

Sean Kilpatrick/La Presse canadienne
Justin Trudeau durant la conférence de presse de lundi.

Le premier ministre Justin Trudeau a dit lundi entendre la “colère” et la “peine” des jeunes Canadiens noirs, après une série de manifestations dans tout le pays pour dénoncer les violences policières et le racisme, aux États-Unis comme au Canada.

“Je veux m’adresser aux jeunes Canadiens noirs: je vous entends, j’entends l’inquiétude, votre colère, votre peine. Je vous entends lorsque vous dites que ça vous rappelle des expériences douloureuses de racisme et de discrimination”, a déclaré M. Trudeau lors de son point presse quotidien.

“Pour beaucoup trop de Canadiens, ce qui se passe de l’autre côté de la frontière en ce moment ce sont des scènes familières. Le racisme envers les Noirs, la discrimination systémique, l’injustice, ça existe aussi chez nous”, a-t-il poursuivi.

D’importantes manifestations antiracistes ont eu lieu ce week-end à Toronto, Vancouver et Montréal.

Les manifestations canadiennes visaient à dénoncer le racisme et les violences policières au Canada, tout en exprimant la “solidarité” des Canadiens avec les manifestations aux États-Unis à la suite de la mort de George Floyd. Cet Afro-Américain de 46 ans a succombé lors d’une interpellation aux mains d’un policier blanc.

Dans la métropole québécoise, la manifestation pacifique, qui a rassemblé plus de 10 000 personnes, a été suivie dans la soirée d’échauffourées entre la police et quelques casseurs, qui ont brisé des vitrines et pillé plusieurs commerces du centre-ville. La police, qui a eu recours au gaz lacrymogène, a procédé à une dizaine d’arrestations.

Justin Trudeau a fustigé “ceux qui se sont infiltrés dans la manifestation, qui ont fait du grabuge”: “on les condamne”.

Le dirigeant libéral a également été interrogé sur la publication en septembre, un mois avant sa réélection aux élections législatives, de photos et d’une vidéo de lui grimé en Noir (“blackface”) entre les années 1990 et 2001, qui avaient sérieusement écorné son image de chantre de la tolérance et de l’ouverture.

“Je regrette les choix que j’ai faits il y a longtemps, je me suis excusé auprès de ceux que j’ai blessé par mes actions”, a-t-il rappelé.

À VOIR: un hommage de 8 minutes et 46 secondes pour George Floyd à Houston