Déconfinement : comment adapter son quotidien à la COVID-19?

Voici les principaux risques pour votre santé.
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Les données sont de plus en plus claires : vous êtes beaucoup plus susceptibles d’attraper le virus SRAS-Cov-2 si vous passez beaucoup de temps à proximité d’une personne infectée, et de surcroît dans un espace clos.

À l’intérieur

La propagation ces derniers mois s’est en effet avéré plus élevée là où il y a un plus grand nombre de personnes confinées au même endroit — les résidences pour personnes âgées, par exemple — ou bien dans les zones de travail où il y a plus de contacts rapprochés.

Dès le mois de mars, des chercheurs chinois de Guangzhou avaient conclu que le risque de transmission à la maison ou par contact répété avec la même personne, était environ 100 fois plus élevé que dans les transports en commun.

Mais le risque augmente encore lorsqu’on est actif physiquement — et que, par conséquent, on « émet » beaucoup de gouttelettes parce qu’on parle beaucoup ou qu’on transpire. Dans la ville sud-coréenne de Cheonan, une recherche a ainsi révélé que huit moniteurs de conditionnement physique ont été infectés après avoir assisté à un atelier de Zumba de 4 heures. Certains l’ont ensuite transmis aux élèves dans un petit studio intérieur.

« L’atmosphère chaude et humide associée à un écoulement d’air plus turbulent généré par un exercice physique intense peut causer une transmission plus dense de gouttelettes isolées », soulignent les auteurs de l’étude. Des élèves de cours de yoga et de pilates dans le même studio n’ont pas été infectés.

À l’extérieur

En dehors de la maison, les risques sont plus difficiles à classer parce que les environnements sont très différents, mais il est certain qu’ils sont beaucoup moins élevés, résumait à la fin-mai le New Scientist. Bien qu’une étude récente ait suggéré que les gouttelettes puissent être transportées jusqu’à 8 mètres, ces gouttelettes sont rapidement dispersées par les courants d’air et évaporées par la chaleur.

Pour se rendre au travail, les modes de transport solo comme la marche ou le vélo minimisent évidemment les risques. L’autopartage pourrait être la seconde option la plus sûre. Mais il est possible de minimiser aussi les risques dans les transports en commun, écrit Anders Johansson, de l’Université de Bristol (Royaume-Uni), qui a modélisé la transmission des maladies dans les foules et dans le métro de Londres. Il propose par exemple de réduire son temps de déplacement, d’essayer d’éviter les stations les plus achalandées et de prendre en considération le temps passé à naviguer entre les stations en choisissant les parcours les plus directs.

À l’intérieur des autobus, le risque d’infection change selon la façon dont les passagers circulent et du nombre de personnes qui montent et descendent. À éviter, les places situées près des portes d’accès. Selon une étude remontant à 2011 et portant sur l’influenza, les personnes qui voyagent en autobus ou en tramway pendant la saison hivernale seraient environ six fois plus susceptibles de développer une infection respiratoire que celles qui n’utilisent pas les transports publics.

Pour leur part, les taxis présentent plus de risques à partir de surfaces comme les sièges et les poignées de porte, mais dans tous les cas, la personne la plus à risque est le conducteur lui-même, compte tenu du plus grand nombre de passagers qui lui parlent ou même qui éternuent.

Se protéger au travail

Au travail, il est justifié d’avoir des craintes. Une étude japonaise qui s’est penchée sur les contacts de 110 personnes infectées conclut que le risque est 18 fois plus élevé à l’intérieur. Les évènements liés aux super-propagateurs semblent tous liés à des rassemblements intérieurs. Mais tous les rassemblements n’ont pas une valeur égale : certains ont été observés dans des usines d’abattage d’animaux aux États-Unis et au Québec, d’autres dans une chorale, ou un mariage, ou un restaurant… En plus, bien sûr, des résidences de personnes âgées.

La charge virale semble être un élément important de l’équation : le risque augmente manifestement avec la quantité de gouttelettes transmises — comme la chorale — ou avec le temps pendant lequel une personne a été en contact étroit avec une personne contaminée — comme les abattoirs, où les employeurs ne respectaient pas les mesures de distanciation sociale.

Les endroits mal ventilés sont aussi plus à risque, comme des chercheurs chinois l’ont découvert en prélevant des échantillons d’air au sein de deux hôpitaux à Wuhan.

La modification des horaires de travail peut être une piste intéressante pour réduire les risques. Étaler le moment où les gens commencent à travailler ou prennent leurs pauses peut permettre de limiter les contacts interpersonnels et les regroupements.

Des écrans de plastique de séparation peuvent être utiles lorsque les échanges interpersonnels découlent du travail lui-même. Il importe aussi de veiller à la propreté de ces équipements.

À l’école et à la maison

Selon les données dont on dispose actuellement, les enfants seraient moins susceptibles de transmettre le coronavirus lorsqu’ils sont infectés. Il y aurait aussi peu de preuves que les écoles et les garderies figurent dans la liste des principaux foyers d’infection — bien que ce soit difficile à évaluer en raison de la fermeture précoce des écoles.

Le Danemark, qui a rouvert ses écoles primaires le 15 avril, a fait état d’une augmentation du taux de contagion — le fameux « facteur R0 », qui désigne le nombre moyen de personnes infectées par chaque personne contaminée. Ce nombre est passé de 0,6 à 0,9 au cours des deux semaines suivantes, mais aurait à nouveau diminué depuis.

Reste que c’est à la maison que les risques sont les plus élevés. C’est la raison pour laquelle il est encore préconisé de limiter les rassemblements intérieurs et de privilégier la distance de deux mètres.

Et si l’on a été malgré tout malchanceux, qu’en est-il des quarantaines ? Une étude parue en mai et portant sur 181 cas confirmés estimait que dans la quasi-totalité des cas (97 %), ceux qui développaient des symptômes le faisaient dans les 11,5 jours. Cela signifiait tout de même que 100 personnes sur 10 000 pourraient ne développer des symptômes qu’après 14 jours — la durée typique d’une mise en quarantaine. Une étude chinoise prépubliée en mars rapportait d’ailleurs des périodes d’incubation allant de 0 à 33 jours et proposait d’allonger la quarantaine à trois semaines pour attraper plus de cas d’infection.

Enfin, en tout temps, le lavage des mains régulier reste de rigueur. Une étude récente révèle que de se laver les mains de 6 à 10 fois par jour serait associé à une baisse de 36 % du risque d’être infecté par le virus !