POLITIQUE
21/08/2020 11:50 EDT | Actualisé 21/08/2020 13:02 EDT

COVID-19: Québec investit 375 M$ de plus au post-secondaire

De quoi augmenter le nombre d’étudiants admissibles au programme de prêts et bourses de plus de 20 000, a fait valoir la ministre Danielle McCann.

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Young woman looking at bills while sitting on floor at living room managing home budget

Pour les étudiants du post-secondaire qui ont besoin d’aide en ce temps de pandémie et afin d’éviter le décrochage scolaire, Québec a annoncé vendredi un investissement supplémentaire de 375 millions $, notamment en bonifiant le programme de prêts et bourses.

Le but est double: appuyer financièrement directement les étudiants, et aider les établissements d’enseignement à leur offrir un meilleur soutien.

“Les étudiants ont été ébranlés par la situation inhabituelle de la COVID-19, a déclaré la nouvelle ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann. L’un des principaux enjeux lorsque l’on décide de poursuivre ses études, c’est l’aspect financier.”

La ministre a fait cette annonce en conférence de presse, vendredi matin à Montréal. Elle devait être diffusée en direct sur la page Facebook du ministère, mais des ennuis techniques ont fait échec à sa diffusion.

De cette somme de 375 millions $ annoncée, 100 millions $ permettront de bonifier le programme d’aide financière aux études de façon permanente.

De plus, un investissement non récurrent de 200 millions $ devrait permettre de mieux répondre aux besoins découlant de la crise de la COVID-19 pour les bénéficiaires du programme de prêts et bourses pendant leurs études, pour l’année 2020-2021. Cela représente un montant supplémentaire de 96 $ par mois pour les étudiants qui résident chez leurs parents et de 205 $ pour les étudiants ne résidant pas chez leurs parents, a calculé le ministère. Cet argent aidera notamment à payer les abonnements internet des étudiants, rendus plus que nécessaires par les cours qui seront donnés en ligne.

Ces mesures permettront d’élargir le bassin d’étudiants admissibles au programme de prêts et bourse de plus de 20 000 étudiants, indique la ministre.

Elles visent à maintenir l’endettement à un bas niveau et à fournir plus de liquidités aux étudiants: cela représentera pour eux une somme de près de 700 $ par année.

Ces derniers seront ainsi encouragés à poursuivre leurs études ou à les reprendre, espère le ministère.

Étant donné tous les bouleversements causés par la pandémie de COVID-19, une enveloppe de 75 millions $ sera accordée aux établissements d’enseignement, dès la prochaine rentrée, pour le soutien direct aux étudiants, afin d’assurer leur réussite.

Cette somme est répartie de cette façon: 35 millions $ pour du soutien matériel, 30 millions $ pour de l’encadrement pédagogique et 10 millions $ pour du soutien psychosocial.

“La crise sanitaire a privé plusieurs étudiants et beaucoup de familles de leurs revenus. Cette situation ne doit pas les empêcher de poursuivre leurs études supérieures”, a indiqué la ministre McCann.

Réaction des étudiants

“Il était temps!”: voici comment la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) a accueilli la nouvelle vendredi.

La FECQ voit cet investissement d’un bon oeil, mais ajoute aussitôt qu’il ne s’agit que d’une portion des transferts fédéraux réclamés. Elle juge aussi que les sommes arrivent tardivement.

“La communauté étudiante a attendu trop longtemps: certaines personnes ont dû suspendre ou abandonner leur parcours scolaire en raison des barrières financières exacerbées par la crise socio-sanitaire.”

La FECQ demande ainsi que cette aide financière soit remise aux étudiants dans les plus brefs délais. La ministre McCann l’a déjà promis en conférence de presse vendredi matin.

La FECQ estime toutefois que les 10 millions $ octroyés par Québec pour l’aide psychologique aux étudiants ne sont pas suffisants. “Il n’est un secret pour personne que l’isolement engendré par la crise de la COVID-19 a contribué à détériorer massivement l’état de santé psychologique des étudiantes et étudiants”, a indiqué par communiqué Noémie Veilleux, présidente de la FECQ.