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31/03/2020 15:36 EDT | Actualisé 31/03/2020 15:40 EDT

«Un Québec différent»: Dr Arruda et François Legault évoquent l'après-pandémie

La pandémie de COVID-19 va «transformer notre société», a affirmé le Dr Horacio Arruda, y voyant une «opportunité».

La Presse canadienne
Le Dr Arruda, le premier ministre Legault et la ministre McCann ont évoqué l'après-coronavirus en conférence de presse, mardi.

Même si le Québec est encore loin de voir le bout de la pandémie de COVID-19, il apparaît déjà clairement que la société sortira changée de cette crise sans précédent.

«On aura un Québec différent après la pandémie que nous vivons actuellement», a musé le directeur national de la Santé publique (et nouveau trésor national), Horacio Arruda, mardi.

«En numérique, en télétravail, en économie. Ça va transformer notre société, pis va falloir rebondir là-dessus, pour que cette crise devienne une opportunité», a-t-il évoqué.

La ministre de la Santé, Danielle McCann, a d’ailleurs affirmé que le système de santé québécois voyait déjà son offre de service se transformer pour le mieux.

«Notre réseau, quand on va sortir de cette crise, va être transformé à plusieurs niveaux au bénéfice de la population», a-t-elle promis.

L’un des apprentissages majeurs de cette crise sans précédent aura sans doute été l’implantation à vitesse grand V de la télésanté, un domaine où le Québec et le Canada affichaient un retard depuis plusieurs années.

«Quand je vous parle de téléconsultation, ça n’existait pas, ou à peine, dans notre réseau. Actuellement, il y a 30% des médecins spécialistes qui en 10 jours ont implanté leur plateforme de consultation. Il y a 12% des médecins omnipraticiens qui [l’ont fait] en 5 jours», a énuméré la ministre mardi.

Abondant dans le même sens, le premier ministre François Legault a évoqué les «belles opportunités» que la relance économique post-pandémie offrira au Québec... quand elle arrivera.

Mardi, le Journal de Québec rapportait que le gouvernement caquiste avait commencé à préparer l’après-crise.

«Le monde a changé, notre mandat a changé», aurait annoncé M. Legault à son conseil des ministres la semaine dernière, selon des informations rapportées par le Journal. Ainsi, «toutes les dépenses gouvernementales» devront être analysées sous le prisme de la relance économique, avançait le quotidien.

L’«année de l’environnement» ?

Questionné à savoir si l’on devra «mettre de côté le plan de réduction des [gaz à effet de serre]», le premier ministre a affirmé que relance économique et lutte aux changements climatiques pouvaient aller de pair.

«Il y a des choses qui vont avoir changé. Il y a des secteurs où on va avoir une... certains disent une “démondialisation”. Moins d’importations ça suppose plus de production locale», a-t-il dit, évoquant notamment le domaine de l’agriculture.

Pas question, non plus, d’abandonner les divers projets de développement du transport en commun prévus aux quatre coins du Québec.

«Ça va aider à ajouter rapidement des infrastructures, des contrats publics qui vont remplacer les contrats privés qui ne seront peut-être pas au rendez-vous.»

Alors que certains s’encouragent en prédisant que la pandémie changera le monde pour le meilleur, l’impact de cette crise sanitaire sur la lutte aux changements climatiques demeure incertain.

Oui, les mesures de confinement pour lutter contre la COVID-19 ont provoqué une baisse des émissions de gaz à effet de serre (GES) un peu partout à travers le monde.

Mais, comme le rappellent plusieurs experts, ces baisses ne sont que temporaires, puisqu’elles ne sont pas dues à des changements structurels. Et rien ne garantit que les mesures de relance économique des différents gouvernements ne provoqueront pas une hausse importante des GES, par exemple si des projets de développement des énergies fossiles sont privilégiés.

Dans son article de mardi, le Journal de Québec rapportait d’ailleurs qu’une source gouvernementale avait évoqué «un ménage à faire» dans les mesures prévues en environnement, à la vue de la nouvelle situation budgétaire.

Par ailleurs, la pandémie commence déjà à avoir des impacts sur les comportements des Québécois, qui se tournent vers le web pour faire leurs achats depuis la mise en place des mesures de distanciation sociale, selon une nouvelle enquête du Centre facilitant la recherche et l’innovation dans les organisations (CEFRIO) publiée mardi.

Si ces nouvelles habitudes s’enracinent, elles risquent d’avoir un impact négatif sur l’empreinte carbone des Québécois, puisque le magasinage en ligne est souvent l’option qui occasionne le plus d’émissions de GES.

La pandémie risque aussi de donner un coup de pep à l’industrie du plastique, alors que consommateurs et commercent délaissent les sacs réutilisables et les achats en vrac par peur de propager la COVID-19 en faisant l’épicerie.

Les défis seront donc multiples si le gouvernement Legault souhaite garder le cap et faire de 2020 son «année de l’environnement», comme il le promettait il y a à peine deux mois.