POLITIQUE
15/09/2019 13:53 EDT | Actualisé 15/09/2019 15:16 EDT

«Le Québec, c'est nous»: le Bloc québécois présente sa plateforme politique

Le parti a sorti l'artillerie lourde pour présenter officiellement son programme, à Boucherville, sur la Rive-Sud.

BOUCHERVILLE, Qc - Punir les provinces qui polluent le plus et récompenser celles dont le comportement est exemplaire: voici l’essentiel d’une importante proposition qu’a formulée le Bloc québécois en adoptant dimanche sa plateforme politique et en lançant officiellement sa campagne électorale, à Boucherville, sur la Rive-Sud.

Cette idée repose sur l’idée que la taxe fédérale sur le carbone est un «incitatif presque nul» à la réduction des comportements polluants puisqu’elle est «remise à ceux qui la paient plutôt qu’aux bons joueurs», note la plateforme.

La proposition bloquiste, qui n’a pas encore été chiffrée, constitue une réforme majeure de la péréquation canadienne.

Les bloquistes proposent que la taxe fédérale sur le carbone soit appliquée dans les provinces dont les émissions de gaz à effet de serre (GES) sont plus élevées que la moyenne et que les sommes perçues soient versées aux provinces dont les émissions de GES sont plus faibles que la moyenne.

Le gouvernement fédéral pourrait en même temps réduire de 90 pour cent les montants des chèques de péréquation.

En mêlée de presse, le chef bloquiste, Yves-François Blanchet, a qualifié l’idée de «novatrice» et a expliqué que la proposition permet de s’éloigner d’un système de péréquation qui est «fondamentalement accroché après l’État pétrolier canadien et sur lequel on s’amuse à culpabiliser les Québécois».

Alors que le thème de l’environnement gagne en popularité, il s’est défendu de faire du «racolage vert» et a souligné que le sujet l’intéresse de longue date. Pour preuve, il a rappelé qu’il est un ancien ministre de l’Environnement péquiste et qu’il a présidé le Jour de la Terre.

Lancement de campagne

Plan de lutte aux changements climatiques, sécurité financière des aînés, protection de la culture et des médias, énergie propre, langue française et protection des sièges sociaux et des entreprises en région: les propositions issues de la plateforme électorale bloquiste sont nombreuses, mais regroupées sous le slogan «Le Québec, c’est nous».

«C’est comme un deuxième lancement de campagne», a lancé en introduction Xavier Barsalou-Duval, le député sortant de la circonscription Pierre-Boucher-Les Patriotes-Verchères, où se déroulait le Conseil général électoral.

Les députés bloquistes «travaillent exclusivement pour le Québec, souligne d’entrée de jeu la plateforme. Contrairement aux partis canadiens, ils n’ont pas à choisir entre les intérêts du Québec et ceux du Canada».

Ils feront la promotion de l’indépendance du Québec, à chaque jour de campagne, a également promis le président de la formation politique.

Large électorat nationaliste

Le chef bloquiste, Yves-François Blanchet, a fait une entrée dans la salle sous les applaudissements nourris d’environ 300 partisans et la chanson thème de la campagne, dévoilée au même moment, qui est interprétée par Éric Lapointe, dont M. Blanchet a été le gérant.

Dans son discours, M. Blanchet a expliqué qu’il compte courtiser un large électorat nationaliste en plaidant que le Bloc québécois est le parti nationaliste à Ottawa.

Je pense que tous les Québécois sont nationalistes, même un sacré paquet de libéraux. Certainement une nette majorité des partisans de la CAQ. On suppose que tous les électeurs de Québec solidaire aiment leur nation. Et, bien oui, tous nos amis péquistes.Yves-François Blanchet

Le chef bloquiste s’est également attaqué à l’ambiguïté des propos du chef libéral Justin Trudeau qui a répété dans les derniers jours qu’il refuse de contester la loi québécoise sur la laïcité devant les tribunaux «pour l’instant».

«Que le Canada se veuille multiculturaliste, c’est de leurs affaires, c’est leur nation, a d’abord indiqué M. Blanchet. Nous avons choisi par un écrasant consensus la laïcité de l’État. Ça, c’est notre droit. Et ce n’est pas celui du Canada de prendre notre propre argent pour financer des procédures contre notre propre loi, ni avant ni après les élections.»

En ce jour de remise des prix Gémeaux, M. Blanchet a répété sa demande qu’Ottawa taxe les géants du web et impose la TPS sur les services en ligne que certains d’entre eux fournissent étant donné, a-t-il dit, que les GAFA mettent à mal la télévision québécoise.

Les dernières années ont été tumultueuses pour le Bloc québécois, qui a couronné son chef en janvier au terme d’une course à la direction déclenchée à la suite de la démission de Martine Ouellet, au terme d’une crise où sept députés avaient claqué la porte du parti. Depuis, le parti a été «refondé».

«On s’est retroussé les manches, on s’est craché dans les mains et on a recommencé», a-t-il lancé à ses troupes.

Le parti comptait dix députés à la dissolution de la Chambre. Il présente 77 candidats, dont 63 n’ont jamais siégé dans un parlement. Une circonscription n’a toujours pas de candidat investi.

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