POLITIQUE
09/07/2020 16:22 EDT

Québec annonce de nouvelles révisions au Programme de l'expérience québécoise

Une mesure transitoire s’appliquera pour les étudiants étrangers déjà sur le territoire qui auront obtenu un diplôme admissible au PEQ, ou qui l’obtiendront d’ici le 31 décembre 2020.

La Presse canadienne/Jacques Boissinot
La ministre de l'Immigration Nadine Girault

Québec a annoncé jeudi des révisions à la réforme du Programme de l’expérience québécoise (PEQ).

Ce programme permet à des étudiants internationaux et à des travailleurs étrangers temporaires déjà établis dans la province d’obtenir rapidement un certificat de sélection du Québec, en vue d’accéder à la résidence permanente.

Selon Québec, les ajustements annoncés jeudi par la ministre de l’Immigration, Nadine Girault, font en sorte qu’une mesure transitoire s’appliquera pour les étudiants étrangers déjà sur le territoire qui auront obtenu un diplôme admissible au PEQ, ou qui l’obtiendront d’ici le 31 décembre 2020. Ils pourront présenter une demande selon les conditions en vigueur avant l’entrée en vigueur de la réforme mise en place par le précédent ministre, Simon Jolin-Barrette.

La durée de l’expérience de travail exigée pour les travailleurs temporaires sera par ailleurs fixée à 24 mois.

Selon Québec, cette modification permettra de favoriser la rétention des travailleurs étrangers au sein des entreprises du Québec et de réduire les démarches administratives pour les employeurs, notamment quant à la nécessité de renouvellement des permis.

La condition relative à l’expérience de travail pour les étudiants sera également modifiée, afin que l’expérience de travail acquise durant un stage soit considérée dans le calcul de l’expérience de travail, jusqu’à concurrence d’un maximum de trois mois de travail à temps plein.

De plus, l’expérience de travail exigée aux titulaires d’un diplôme d’études professionnelles est abaissée à 18 mois.

Réactions mitigées

Cette «réforme de la réforme» du PEQ a obtenu un accueil mitigé au cours de la journée.

Pour la Fédération étudiante collégiale du Québec, l’Union étudiante du Québec (UEQ) et Force jeunesse, le gouvernement fait fausse route.  

«Les modifications apportées à la réforme du Programme de l’expérience québécoise réduisent les effets pervers de celle-ci, mais la réforme reste insultante pour les personnes issues de l’immigration qui souhaitent investir leurs compétences dans un Québec inclusif», font valoir les trois organisations par communiqué.

Elles déplorent le fait que les personnes qui n’auront pas obtenu leur diplôme d’ici la fin de l’année n’auront pas droit à la mesure transitoire.

«Ces personnes verront leur projet de vie être considérablement affecté par cette demi-mesure.»

Du côté de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, on estime que les modifications annoncées bénéficieront à de nombreuses entreprises, mais on demeure préoccupé par le retrait de l’accès au programme pour les travailleurs étrangers temporaires peu ou pas qualifiés.

La Fédération des Chambres de commerce du Québec s’est de son côté montrée satisfaite des changements, tandis que le Conseil du patronat du Québec parle d’un «pas dans la bonne direction».

Le CPQ croit toutefois que le travail doit se poursuivre pour que le système d’immigration puisse répondre aux besoins des employeurs du Québec.

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