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13/06/2019 22:00 EDT | Actualisé 13/06/2019 22:02 EDT

PY1 «Au-delà des échos»: immersion métaphorique au coeur de la création du monde

Projections vidéo, jeux de lumière, images abstraites, musique électronique et questionnements existentiels...

Patricia Brochu

«L’univers est une célébration», lance le philosophe spirituel Alan Watts, dont la voix et le discours bercent les diverses projections formant l’expérience immersive Au-delà des échos. Nouveau projet de Guy Laliberté - qui agit ici à titre de guide et de producteur créatif - prenant place dans la PY1 (la première d’une série de salles nomades en forme de pyramide), c’est l’univers qu’on y célèbre donc à travers projections vidéo, jeux de lumière, images abstraites ou bien concrètes, pièces musicales, mouvements et questionnements existentiels. 

Une expérience qu’on aurait souhaité encore plus grandiose

Sous le chapiteau nouveau genre, l’expérience immersive proposée par Guy Laliberté et le metteur en scène et artiste multidisciplinaire Gabriel Coutu Dumont plonge les spectateurs – nombreux! – dans «une odyssée qui tente d’aller au cœur de la conscience humaine». Pendant une heure, assis, debout ou encore couchés au sol, les observateurs sont transportés dans un tourbillon d’images, de lumières, de musique, de paroles et de sons relatant et se questionnant sur l’espace, le temps et les origines de l’univers.

Un concept un peu flou, il faut l’avouer, pour le spectateur qui se rendrait sous la pyramide sans s’être intéressé au préalable à la démarche et à l’intention de ses créateurs. D’où l’importance de lire, ou du moins de feuilleter, le dépliant remis juste avant la présentation.

Au cours de ce questionnement «à travers lequel nous parviennent souvent les échos de notre humanité» à 360 degrés, la pyramide prend des airs de vaisseau spatial dans lequel on prend place, l’esprit, les oreilles et les yeux bien ouverts. Tout autour de nous défilent des images et des formes renvoyant à divers moments de l’évolution de la vie, de l’espace et du temps, du Big Bang à un futur imaginé, espéré.

Au centre, une Terre bien ronde fait office de point central de l’histoire. Parée de divers filets de couleur au fil du récit, elle ira jusqu’à se fissurer et s’ouvrir réellement sous les yeux des spectateurs.

Patricia Brochu

Les images et les ambiances s’installent tour à tour : elles sont composées de projections de flammes, de voies lactées, d’étoiles et de musique planante rappelant l’époque Dark Side of the Moon de Pink Floyd. De planètes colorées aussi, de gouttes d’eau, d’éclairs faisant vibrer le sol, d’animaux, de fonds marins, d’images présentant un couple qui danse, de hiéroglyphes, de masques géants, de visages, de jeux de lasers (magnifiques!), d’un peu de fumée, puis d’une finale menant dans une forêt aux allures enchantées, sorte de jardin d’Eden appelant à la création d’un Nouveau Monde et à cette question : Le monde à venir, le futur, sera-t-il meilleur?

Au-dessus de nos têtes, un grand chandelier et un ensemble de longs tubes lumineux montent et descendent parfois, offrant la magique illusion de flotter en état d’apesanteur (et donnant lieu à certains des plus beaux moments de la présentation).  

Ayant comme but avoué de nous «amener à réfléchir sur ce qui nous entoure, mais que nous ne voyons pas», le duo de créateurs derrière Au-delà des échos se dit fier d’avoir convaincu le fils du défunt penseur britannique Alan Watts de lui laisser utiliser des extraits audio originaux tirés de conférences données par son père (des sous-titres français défilent en projections sur les qutre murs de la pyramide). Décédé en 1973, donc se trouvant au sommet de sa popularité dans les années 50, le discours de Watts - bien que fort intéressant dans son questionnement existentiel - apparaît de ce fait malheureusement un peu vieillot, contrastant d’autant plus avec la musique souvent électronique et actuelle entendue pendant le reste du spectacle.

C’est la pièce Imagine, livrée par un interprète différent de John Lennon, qui clôt cette présentation (qui laisse par contre sur leur faim les spectateurs qui avaient envie de grandiose et d’extraordinaire). Logique lorsqu’on sait que Guy Laliberté avait émis le souhait que ce premier spectacle sous sa pyramide «parle d’unité et s’applique à rassembler le monde».

L’expérience immersive Au-delà des échos est présentée dans la pyramide PY1, au Vieux-Port de Montréal, jusqu’au 29 septembre.

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