POLITIQUE
04/10/2019 13:04 EDT | Actualisé 04/10/2019 16:05 EDT

Québec cherche à interdire le «Bonjour-Hi!» dans les commerces

Simon Jolin-Barrette n’a pas précisé comment il entendait procéder concrètement à cette interdiction.

Québec cherche le moyen d’interdire la formule “Bonjour-Hi!” comme langue d’accueil dans les commerces et les services publics.

C’est ce qu’à affirmé vendredi le ministre responsable de la langue française, Simon Jolin-Barrette, au terme d’une interpellation de deux heures à l’Assemblée nationale sur le “renforcement de la loi 101”.

Le ministre, qui se dit pragmatique et pour qui les lois québécoises doivent être facilement “applicables”, a néanmoins affirmé vouloir donner suite aux motions adoptées unanimement à l’Assemblée nationale.

La plus récente de ces motions, présentée par le Parti québécois (PQ), invitait “tous les commerçants et tous les salariés qui sont en contact avec la clientèle locale et internationale à l’accueillir chaleureusement avec le mot “bonjour”″.

M. Jolin-Barrette n’a pas précisé comment il entendait procéder concrètement pour interdire le “Bonjour-Hi!”.

Il a cité des données de l’Office québécois de la langue française (OQLF), selon lesquelles l’accueil en français à Montréal serait passé de 84 pour cent à 75 pour cent entre 2010 et 2017.

L’Assemblée nationale tient à l’accueil uniquement en français, a-t-il dit, “et je pense que je vais devoir traduire ça dans des mesures au cours des prochains mois avec la réforme que je vais proposer”.

La députée libérale Christine St-Pierre s’est montrée ouverte, affirmant vendredi que si le gouvernement présentait un projet de loi en ce sens, elle et son parti l’étudieraient.

La peur comme moteur de l’action

Plus tôt, le député péquiste Joël Arseneau avait dénoncé le “silence radio” du gouvernement Legault en matière de protection de la langue française. Il s’était prononcé en faveur d’une interdiction du “Bonjour-Hi!”, en particulier au sein des sociétés d’État.

“On est ouvert à toute mesure qui va permettre de renforcer l’idée que le français est la langue d’usage en milieu de travail et dans la société québécoise en général”, a-t-il déclaré en mêlée de presse.

Il a rappelé la déclaration fracassante de François Legault en campagne électorale, selon laquelle il disait craindre que “nos petits-enfants ne parlent plus français”.

“On ne peut pas à la fois dire qu’on a peur pour l’avenir et être paralysé par l’immobilisme. Normalement, la peur doit être un moteur de l’action, et s’il est sincère dans sa volonté d’améliorer les choses (...), je pense qu’il est plus que temps d’aller de l’avant avec un plan d’action.”

Réagissant à ces demandes, M. Jolin-Barrette a déclaré que “tout est sur la table”.

Le 4 septembre dernier, le premier ministre François Legault a retiré le dossier des mains de la ministre de la Culture, Nathalie Roy, pour le confier désormais à M. Jolin-Barrette, qui conserve ses fonctions de ministre de l’Immigration et de leader parlementaire.

Le PQ demande au gouvernement Legault:

- d’étendre l’application de la loi 101 aux entreprises de 25 à 49 employés;
- d’interdire aux entreprises d’exiger la connaissance de l’anglais lors d’une embauche quand ce n’est pas nécessaire à l’emploi;
- de mettre en vigueur l’article 1 de la loi 104 qui veut que l’État communique uniquement en français avec les personnes morales.

À VOIR AUSSI: Les partis d’opposition s’unissent contre le projet de loi sur les trop-perçus d’Hydro-Québec