POLITIQUE
24/09/2019 10:16 EDT | Actualisé 24/09/2019 20:03 EDT

Les libéraux visent zéro émission nette de GES d'ici 2050

Et promettent une «transition équitable» pour les travailleurs des secteurs des énergies fossiles.

Kinwun via Getty Images

Justin Trudeau promet, s’il est réélu, de s’assurer que le Canada atteigne une cible de zéro émission nette de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2050.

Une telle cible signifie que le Canada pourrait continuer à polluer, mais compenserait toute émission de GES par d’autres mesures pour en atténuer les effets, comme la plantation d’arbres.

Cet engagement suit l’exemple pris lundi au sommet des Nations unies sur le climat par l’Union européenne et 65 autres pays.

Les libéraux croient pouvoir arriver à cette cible en fixant des objectifs «juridiquement contraignants» à atteindre tous les cinq ans. Le communiqué du parti ne cite aucun autre exemple, à part la plantation d’arbres, de mesures qui compenseraient les émissions de GES.

Le Parti libéral dit vouloir s’appuyer sur un comité d’experts scientifiques pour le guider vers la meilleure voie afin que le pays devienne carboneutre.

Selon Justin Trudeau, la stratégie libérale prévoit déjà les étapes nécessaires pour accomplir les trois quarts de la tâche à laquelle le pays s’est engagé dans l’accord de Paris, soit de réduire de 70 pour cent les émissions de GES par rapport aux niveaux de 2005. Le chef libéral assure que son parti réussirait à surpasser cet objectif, mais bien peu de détails ont été présentés sur la manière dont il compte s’y prendre.

Lors d’un point de presse en Colombie-Britannique, mardi, M. Trudeau a dévoilé l’une des mesures de son plan qui consiste à réduire de moitié l’impôt des entreprises qui produisent des technologies à zéro émission de GES. Il a donné en exemple des fabricants de batteries pour des véhicules à zéro émission ou encore des fabricants de panneaux solaires.

«On a, au Canada, le talent, la vision et la réputation d’être le meilleur endroit au monde pour démarrer et faire croître une entreprise de technologie propre», a-t-il affirmé.

M. Trudeau a également promis de déposer un projet de loi «sur la transition équitable», soit d’assurer aux travailleurs un accès à de la formation continue et à du soutien pour qu’ils réussissent à s’adapter à une économie plus verte.

«L’idée d’une telle loi a d’abord été introduite lors de la conférence de Paris sur les changements climatiques, et maintenant, le Canada va devenir l’un des premiers pays au monde à en faire une réalité», a déclaré le chef libéral.

Ce programme coûterait environ 67 millions $ par année au gouvernement.

Hanté par Trans Mountain

Ces nouveaux engagements écologiques du Parti libéral, à quelques jours des grandes manifestations pour l’environnement prévues un peu partout dans le monde, ont eu pour effet de ramener à l’avant-plan le projet d’élargissement de l’oléoduc Trans Mountain.

Rappelons que le gouvernement Trudeau a acheté l’oléoduc existant pour 4,5 milliards $ afin d’assurer la réalisation du projet d’élargissement visant à presque tripler le volume de sa capacité maximale.

Le Nouveau parti démocratique (NPD) a réagi en publiant un communiqué de presse on ne peut plus succinct. La version en français compte quatre lignes, et cinq mots. «Vous. Avez acheté. Un. Pipeline.»

Du côté du Parti vert, le chef adjoint Daniel Green a qualifié le plan libéral de paroles en l’air. «C’est simplement des mots, a-t-il commenté. Si Justin Trudeau voulait vraiment réduire les gaz à effet de serre, il abandonnerait son projet d’expansion de Kinder Morgan.»

Selon M. Green, il s’agit de «la chose la plus efficace que le premier ministre du Canada peut faire maintenant». Les quelque 15 milliards $ économisés pourraient être investis afin d’aider les provinces pétrolières à sortir de cette industrie et à développer une nouvelle économie.

Le Parti conservateur a quant à lui critiqué le coût d’une économie carboneutre. Selon le chef Andrew Scheer, un tel plan aurait pour effet d’augmenter le fardeau fiscal des familles en plus de «détruire l’économie» des provinces pétrolières ainsi que «le secteur manufacturier en Ontario et au Québec».

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