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19/10/2019 11:52 EDT | Actualisé 19/10/2019 16:59 EDT

Ugo Fredette coupable de deux meurtres au premier degré

Après trois jours de délibérations, le juré a rendu ses verdicts : l'homme de 44 ans est coupable du meurtre de son ex-conjointe Véronique Barbe et de celui d'Yvon Lacasse.

Sûreté du Québec via PC
Ugo Fredette

Ugo Fredette a été trouvé coupable samedi matin par un jury du meurtre au 1er degré de son ex-conjointe Véronique Barbe et de celui d’Yvon Lacasse, tous deux tués le 14 septembre 2017.

Il écope automatiquement d’une peine de prison à vie, sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans.

Mais comme Ugo Fredette a commis deux meurtres au 1er degré, les deux périodes d’inadmissibilité de 25 ans peuvent être additionnées pour un total de 50 ans avant qu’il n’ait le droit de demander une libération conditionnelle.

Le procès avait commencé au début du mois de septembre. Le jury avait commencé ses délibérations jeudi matin, après avoir reçu la veille les instructions de la juge Myriam Lachance de la Cour supérieure, au palais de justice de Saint-Jérôme.

Les neuf hommes et trois femmes ont donc délibéré à peine plus de deux jours.

Après que le verdict fut tombé, la mère de Véronique Barbe, Claudette Biard, a déclaré qu’elle attendait ce moment depuis deux ans.

«C’est sûr que moi, ça ne me redonnera pas ma fille, mais on peut au moins avoir un peu de paix et de sérénité. Mais, sans jamais oublier», a-t-elle ajouté, la voix tremblante.

«C’est un baume sur le coeur», a dit de son côté Jennifer Lacasse, en soulignant que si justice a été rendue, elle ne reverra jamais son père.

«Le scénario que M. Fredette s’est créé, il y a juste lui qui le croit», a-t-elle ajouté entourée de journalistes, près de la salle de cour où s’est déroulé le procès. 

C’est aussi l’avis de Me Steve Baribeau, le procureur de la Couronne: il a qualifié samedi la version des faits de Fredette de «totalement farfelue et invraisemblable».

«De toute évidence, le jury a rejeté sa version», a-t-il conclu.

L’avocat de Fredette, Me Louis-Alexandre Martin, a quitté le palais de justice sans commenter.

Le jury de 12 personnes n’a pas à expliquer pourquoi il en est arrivé à ces déclarations de culpabilité.

Il n’a qu’à prononcer un verdict sur chacun des deux chefs d’accusation. Ici, le jury no 9 a déclaré «coupable» deux fois, à chacune des deux accusations de meurtre de 1er degré.

Cela signifie toutefois que les jurés n’ont pas retenu la défense de provocation invoquée par Ugo Fredette pour le meurtre de Véronique Barbe. Et que la version de l’accusé n’a pas soulevé de doute raisonnable dans leur esprit. Car ils ont écarté les deux autres verdicts possibles, soit celui de meurtre au 2e degré et celui d’homicide involontaire.

Fredette, âgé de 44 ans, avait été arrêté le 15 septembre 2017, en Ontario, au lendemain des meurtres, après une longue cavale lors de laquelle il avait traversé plusieurs villes du Québec.

Les positions des parties

La poursuite avait plaidé au jury que Fredette a tué Véronique Barbe de 17 coups de couteau parce qu’il n’acceptait pas que la femme de 41 ans le quitte. Il a causé sa mort dans un contexte de harcèlement criminel et alors qu’il avait séquestré la femme, a aussi soutenu la poursuite.

L’accusé a fait valoir qu’il n’avait jamais eu l’intention de tuer qui que ce soit ce jour-là et a plaidé la défense de provocation. Il avait atteint son «point de rupture», après des gestes violents de Véronique Barbe à son égard, le jour où elle est morte, et alors qu’il encaissait ses insultes et ses médisances depuis un bon moment, a-t-il témoigné.

Quant au meurtre d’Yvon Lacasse, la poursuite a mis de l’avant cette théorie: Fredette a pris la fuite avec un enfant de six ans après le meurtre de Véronique Barbe, à bord du camion de son employeur. Puisqu’il était trop facilement repérable sur les routes du Québec, il a tué le septuagénaire pour lui voler sa voiture et poursuivre sa cavale plus discrètement.

Mais l’accusé a plutôt expliqué avoir été dans un état de panique après avoir vu son ex-conjointe en sang sur le plancher de la cuisine. Arrêté à la halte routière de Lachute pour faire ses besoins, il a cru qu’Yvon Lacasse tentait d’enlever l’enfant et l’a attaqué pour protéger le bambin.

Les observations sur la peine auront lieu ultérieurement pour déterminer le minimum d’années que Fredette devra passer derrière les barreaux.

Avec la collaboration d’Any Guillemette de Cogeco nouvelles