Brésil: le prix d'une bière indexé sur la déforestation

Pour fixer le prix de la Colorado Amazonica, la brasserie compare l'évolution de la déforestation des quatre dernières semaines par rapport à la même période de l'année dernière.

Un brasseur brésilien a lancé une marque de bière dont le prix varie chaque semaine selon l’augmentation ou non de la déforestation en Amazonie.

Pour fixer le tarif de la Colorado Amazonica, la brasserie Ambev, du groupe belgo-brésilien AV InBev, numéro un mondial de la bière, compare l’évolution de la déforestation des quatre dernières semaines par rapport à la même période de l’année dernière.

“Quand la déforestation diminue, la prix de la bière chute, mais si elle augmente, le prix monte aussi”, a expliqué Ambev dans un communiqué.

Ainsi, la canette de 31 centilitres de Colorado Amazonica coutait 5,49 réais (soit 1,37 $) quand elle a commencé à être vendue en ligne, le 3 septembre.

Mais la première augmentation est intervenue jeudi, avec un prix fixé à 8,01 réais (soit 2$), 45,9% plus chère que la semaine précédente. Une mauvaise nouvelle pour les consommateurs, mais surtout pour la forêt amazonienne.

Fabriquée de façon artisanale avec des ingrédients issus d’Amazonie, cette bière n’est vendue que sur internet.

L’ensemble des bénéfices est reversé à des communautés amérindiennes ou des petits agriculteurs de l’Etat amazonien du Para (nord), un des plus touchés par la déforestation.

Le gouvernement du président d’extrême droite Jair Bolsonaro fait face depuis plusieurs mois à la pression croissante d’investisseurs et d’entreprises brésiliennes et étrangères réclamant de meilleurs résultats dans la lutte contre la déforestation et les feux de forêt.

Selon les derniers chiffres officiels, 1 358 km2 ont été déboisés le mois dernier, 21% de moins qu’en août 2019.

Mais si l’on prend en compte les données recueillies depuis janvier, la baisse est seulement de 5% par rapport à l’année dernière, quand tous les records ont été battus.

Les 6 086 km2 déboisés sur les huit premiers mois de 2020 sont déjà nettement au-dessus des 4 951 km2 enregistrés pour l’ensemble de l’année 2018, mais aussi des trois années précédentes (3 551 km2 en 2017, 6 032 km2 en 2016 et 2 195 km2 en 2015).