NOUVELLES
03/03/2020 19:01 EST

Primaires démocrates: «Super Tuesday» aux États-Unis

Cette journée électorale devrait permettre de savoir si Bernie Sanders a pris une avance insurmontable pour défier Trump en novembre, ou si l’ex-bras droit de Barack Obama parviendra à le rattraper.

ASSOCIATED PRESS Photo/Ringo H.W. Chiu
Des électeurs votent pendant les primaires du «Super Tuesday» à El Segundo, en Californie, le mardi 3 mars 2020.

Le «Super Tuesday», c’est parti: les démocrates américains votaient mardi dans 14 États pour départager le favori Bernie Sanders et l’ancien vice-président Joe Biden, qui a le vent en poupe après avoir rassemblé le camp modéré dans la course à la Maison-Blanche.

Cette journée électorale devrait permettre de savoir si le sénateur «socialiste» a pris une avance insurmontable pour défier Donald Trump à la présidentielle de novembre, ou si l’ex-bras droit de Barack Obama parviendra à le rattraper. Avec une inconnue: l’entrée en lice du milliardaire Michael Bloomberg qui, après avoir fait l’impasse sur les scrutins des quatre premiers États, pourrait priver Joe Biden d’une partie du vote centriste.

Quoi qu’il en soit, c’est une bataille entre septuagénaires.

«Ensemble, nous pouvons battre Donald Trump», a lancé sur Twitter Joe Biden, 77 ans, en appelant au rassemblement.

«Pour battre Donald Trump, nous aurons besoin de la plus grande participation de l’histoire de ce pays», a renchéri Bernie Sanders, 78 ans, en votant dans son fief du Vermont. «Nous avons besoin d’énergie, nous avons besoin d’engouement. C’est ce qu’apporte notre campagne.»

Les premiers bureaux de vote fermeront à 00H00 GMT, mais les résultats s’étaleront sur toute la nuit.

D’un bout à l’autre de l’Amérique, des États aussi importants que variés comme la Californie, le Texas, la Caroline du Nord ou la Virginie vont permettre de distribuer en tout plus d’un tiers des délégués qui désigneront in fine le candidat contre Trump lors de la convention démocrate de juillet.

Longtemps ultrafavori mais tombé en disgrâce après de piteux résultats lors des premiers votes, Joe Biden a réussi une remontée exceptionnelle en remportant largement la Caroline du Sud et son vote afro-américain jugé indispensable pour tout prétendant démocrate.

«Promesse de révolution»

Dans la foulée, il a engrangé lundi le soutien de trois ex-candidats: le jeune Pete Buttigieg, révélation des primaires, la sénatrice Amy Klobuchar, populaire dans le Midwest, et le Texan Beto O’Rourke.

«Que vous ayez soutenu Pete, Amy, Beto ou tout autre candidat, sachez qu’il y a une maison pour vous dans cette campagne», a-t-il assuré lors d’un meeting avec ses nouveaux soutiens lundi soir au Texas.

Joe Biden s’est présenté comme l’homme de la «garantie de résultats» face à «la promesse de révolution», en allusion à son grand rival.

Les derniers sondages publiés mardi semblent confirmer sa dynamique retrouvée, le replaçant pour certains devant Bernie Sanders au niveau national comme dans des États-clés, dont le Texas et la Virginie. L’avance du sénateur du Vermont restait en revanche confortable en Californie, véritable poids lourd de ce «super mardi».

Les candidats qui se sont désistés en faveur de l’ancien vice-président espèrent lui permettre de faire barrage à «Bernie», devenu le favori grâce à un démarrage en fanfare.

«Ce n’est pas un secret», «il y a un effort massif pour stopper Bernie Sanders», martèle ce dernier, promettant de «combattre» l’establishment démocrate effrayé par ses idées très à gauche.

En brandissant l’exemple de Hillary Clinton en 2016, son équipe met en garde contre une nouvelle défaite si Joe Biden est le candidat démocrate.

«L’establishment voulait alors un candidat modéré, ils l’ont eu. Et vous savez ce que nous avons obtenu? Donald Trump», a lancé Jeff Weaver, un haut conseiller du sénateur, sur MSNBC mardi.

Pas d’abandon pour Bloomberg

Les thèmes que Bernie Sanders portent comme l’assurance-maladie universelle se sont peu à peu imposés au coeur du débat animant les démocrates.

Kevin, qui a voté dans un quartier résidentiel près de Los Angeles, rappelait que la couverture médicale «est très chère» aux États-Unis pour justifier son bulletin Sanders.

Cindy Eleanor, 75 ans, a elle voté Biden «parce qu’il faut battre Trump». Mais elle balaie d’un revers de la main la nouveauté du «Super Tuesday»: Mike Bloomberg. «Ce n’est pas un démocrate!», estime-t-elle.

L’ex-maire de New York, 78 ans et un demi-milliard de dollars dépensé en publicités de campagne, est un ancien républicain. Il assure être le seul capable de battre le président sortant, malgré deux premiers débats ratés.

Une contreperformance de sa part laisserait à Joe Biden un boulevard au centre face au socialiste autoproclamé Bernie Sanders, dans un pays où ce terme évoque encore à certains des relents de Guerre froide et de communisme.

Mais à Miami, le regard déjà tourné vers le vote en Floride prévu le 17 mars, Mike Bloomberg a exclu de se retirer. «Pourquoi ne demandez-vous pas à Joe s’il entend se retirer?», a-t-il répondu aux journalistes.

À VOIR AUSSI: Super Tuesday : Bernie Sanders, la menace socialiste