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16/06/2020 12:56 EDT | Actualisé 16/06/2020 16:46 EDT

La Prestation canadienne d'urgence disponible pour huit semaines de plus

«Si vous touchez la PCU et que vous ne pouvez pas retourner travailler (...), vous allez continuer de recevoir votre 2000$ par mois», a expliqué Justin Trudeau.

THE CANADIAN PRESS/Adrian Wyld
«Certains secteurs vont rebondir plus rapidement que d’autres. Beaucoup de gens vont trouver du travail, mais ce ne sera pas tout le monde», a dit M. Trudeau.

OTTAWA — La Prestation canadienne d’urgence (PCU) sera disponible pour deux mois de plus.

Le premier ministre Justin Trudeau en a fait l’annonce mardi matin.

 

“Certains secteurs vont rebondir plus rapidement que d’autres. Beaucoup de gens vont trouver du travail, mais ce ne sera pas tout le monde”, a dit M. Trudeau pour justifier sa décision.

″Ça veut dire que si vous touchez la PCU et que vous ne pouvez pas retourner travailler - parce que vous n’arrivez pas à trouver du travail ou que ce n’est pas possible en ce moment - vous allez continuer de recevoir votre 2000 $ par mois”, a-t-il détaillé.

Certains changements vont être apportés au programme, par règlement, le projet de loi C-17 n’ayant pu être adopté la semaine dernière.

″À l’intérieur du projet de loi, il y avait un renforcement de l’attestation qui obligeait les gens à vraiment chercher du travail. (...) Puisque ça n’a pas passé, il a fallu qu’on choisisse d’autres façons pour encourager les gens à chercher du travail”, a dit M. Trudeau.

Le projet de loi C-17 aurait rendu la PCU inaccessible à quiconque refusait une offre “raisonnable” de retour au travail ou de nouveau travail.

Au bureau de la ministre de l’Emploi, Carla Qualtrough, on dit que la nouvelle attestation (déclaration exigée des travailleurs demandant la PCU) “ne sera pas un copié-collé” des articles de C-17, mais on a voulu utiliser “le même ton”.

Ce nouveau ton sera là dès le 5 juillet, pour les prochaines périodes de PCU.

La ministre, elle, a précisé qu’on retrouvera le terme “raisonnable”. Selon elle, ce nouveau vocabulaire convaincra les demandeurs de la PCU de chercher du travail “activement”.

“Nous allons avoir du vocabulaire plus fort dans l’attestation qui encourage les travailleurs à chercher du travail, et à l’accepter lorsqu’il est raisonnable. Même que nous nous attendons à ce qu’ils fassent ça”, a souligné la ministre lors de la conférence de presse qui a suivi celle de M. Trudeau.

Le gouvernement fédéral pointera aussi les travailleurs en direction du Guichet-Emplois, le service national de placement du Canada.

Des réactions plutôt tièdes

En après-midi, le premier ministre québécois François Legault réitérait sa tiédeur face à la PCU. “Faut pas que cette prestation-là soit le contraire d’un incitatif pour aller travailler”, a-t-il déclaré.

Le Conseil national des chômeurs et chômeuses (CNC) attendait avec appréhension de voir les détails de la prolongation de la PCU. Il a tout de même publié une première réaction à l’annonce du gouvernement fédéral, dès la sortie de M. Trudeau.

“En prolongeant la PCU, on donne un second souffle, mais un souffle bien court, pour les travailleurs et travailleuses sans emploi et sans accès à l’assurance-emploi. C’est peu, même si cela aidera nombre de travailleurs et travailleuses à passer les deux prochains mois”, a déclaré Pierre Céré, porte-parole du CNC.

Les chambres de commerce du Québec, elles, jouent dans un registre plutôt accordé au discours de M. Legault.

La fédération qui les représente “déplore (...) que les modalités du programme n’aient pas été adaptées au contexte de la relance économique”.

“Le gouvernement n’a plus l’excuse de l’urgence d’agir pour ne pas corriger ces lacunes”, a déclaré Charles Milliard, président-directeur général de la FCCQ, dans un communiqué publié mardi après-midi.

“Nous demandons au gouvernement de revoir rapidement la PCU et de mettre en place une diminution progressive des prestations en fonction du salaire, basée sur le modèle de l’assurance emploi”, a ajouté M. Milliard.

À Ottawa, les bloquistes ont continué à réclamer des changements semblables.

“Dans sa forme actuelle, la PCU n’est pas très efficace pour favoriser le retour au travail parce qu’elle crée une espèce de barrière”, a répété Yves-François Blanchet, lors d’un point de presse en matinée. Le Bloc québécois propose qu’après les premiers 1000 $ gagnés, la moitié des gains d’emploi soient comptabilisés et la PCU ajustée en fonction de ce calcul.

Les néo-démocrates voulaient une prolongation de la mesure et présentaient leur demande comme une condition pour leur appui à un vote de confiance sur les subsides, mercredi, aux Communes.

La facture et la fraude

Sans pouvoir donner un prix à la prolongation de deux mois de la PCU, la ministre Qualtrough a déclaré que lorsque la mesure était utilisée par environ 8 millions de Canadiens, elle coûtait 17 milliards $ par mois. Ils sont maintenant 1,2 million de moins à y avoir recours.

Au début de juin, la facture avait atteint 44 milliards $, a précisé la ministre.

Pour ce qui est de l’intention du gouvernement d’imposer amendes et peines de prison à ceux qui fraudent la PCU, Mme Qualtrough dit qu’en l’absence de l’adoption de C-17, elle n’a pas de “mécanisme légal” pour ce faire. Tout de même, elle assure que les fraudeurs seront débusqués et l’argent sera récupéré.

“La semaine dernière, il y avait une urgence de lutter contre la fraude (...), où est passée l’urgence de réformer (la PCU)?”, a lancé M. Blanchet en direction de M. Trudeau, aux Communes, mardi après-midi.

Le chef bloquiste a reproché au premier ministre de ne pas reprendre les négociations avec les partis d’opposition pour adopter C-17 qui doit aussi offrir une aide financière aux personnes handicapées.

Frontière canado-américaine

Ottawa et Washington se sont entendus pour prolonger d’un autre mois les restrictions sur les déplacements entre les deux pays.

Seuls les voyages essentiels continueront d’être permis, et ce, jusqu’au 21 juillet.

“C’est une décision qui va protéger les gens des deux côtés de la frontière alors qu’on continue la lutte contre la COVID-19”, a déclaré M. Trudeau à son point de presse quotidien.

Travailleurs étrangers mexicains

Le Mexique a suspendu l’envoi de ses travailleurs agricoles au Canada, en attendant d’obtenir des informations précises sur le décès de deux d’entre eux en Ontario, morts de la COVID-19.

M. Trudeau a confirmé avoir discuté de ce dossier avec le président mexicain Andrés Manuel López Obrador et lui avoir dit que le Canada “travaille fort pour assurer la sécurité de tous les travailleurs”.

“Nous avons besoin de réfléchir à comment nous pouvons mieux protéger les travailleurs temporaires”, a ajouté le premier ministre, lorsque la situation a été soulevée par un journaliste à son point de presse.

“Nous travaillons avec la province de l’Ontario pour garantir que les conditions dans lesquelles les travailleurs étrangers temporaires vivent ne nuisent pas à leur santé”, a ajouté la vice-première ministre Chrystia Freeland lorsqu’elle a, à son tour, rencontré la presse.

Nombre de cas

Il y a eu plus de 2 183 000 tests administrés au Canada depuis le début de la pandémie. On fait passer en moyenne 33 000 tests par jour au Canada. Environ 2 % d’entre eux ont détecté la maladie.

Jusqu’à maintenant, on a recensé 99 427 cas confirmés ou probables dans l’ensemble du pays. La COVID-19 a provoqué la mort de 8213 Canadiens.

Distribution des cas au pays, selon les plus récents bilans provinciaux et territoriaux: 54 146 cas au Québec, dont 5269 décès; 32 554 cas en Ontario, dont 2538 décès; 7453 cas en Alberta, dont 151 décès; 2745 cas en Colombie-Britannique, dont 168 décès; 1061 cas en Nouvelle-Écosse, dont 62 décès; 684 cas en Saskatchewan, dont 13 décès; 304 cas au Manitoba, dont sept décès; 261 cas à Terre-Neuve-et-Labrador, dont trois décès; 163 cas au Nouveau-Brunswick, dont deux décès; 27 cas à l’Île-du-Prince-Édouard, tous guéris; 11 cas au Yukon, tous guéris; cinq cas dans les Territoires-du-Nord-Ouest, tous guéris; aucun cas au Nunavut.

À ces bilans provinciaux et territoriaux s’ajoutent les 13 cas, tous guéris, chez les passagers rapatriés du navire de croisière Grand Princess le 10 mars.

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