4 signes que vous vivez de la positivité toxique au travail

Se faire dire que «tout va bien» quand ça ne va pas bien du tout, c'est loin d'être bénéfique.

«Ça va bien aller.» «Au moins, tu as encore un travail.» «Rien n’arrive pour rien.»

Si vous avez déjà rencontré un obstacle dans votre carrière, il est probable que vous ayez entendu ces platitudes. Elles sont supposées nous réconforter mais se révèlent plutôt vides et inauthentiques. C’est parce qu’il y a une grande différence entre offrir des encouragements positifs et forcer la positivité à tout prix.

«La positivité toxique, c’est lorsque nous cherchons activement à supprimer les vraies émotions négatives», explique la psychologue organisationnelle Laura Gallaher. «C’est presque toujours de nature bienveillante. Les gens ont de bonnes intentions.»

Mais les humains ne réagissent pas bien à ce genre de positivité parce que cela fait abstraction de la réalité. «Si quelqu’un se sent bouleversé et que votre réponse est “Essaie d’être positif”, vous dites essentiellement: “Tu as tort. Tu as tort de ressentir ce que tu ressens”, illustre Gallaher. En tant qu’êtres humains, nous ne réagissons pas du tout bien à cela, surtout parce que nous parlons de l’expérience subjective de quelqu’un.»

Si la positivité toxique se répand sur le lieu de travail, cela peut créer une culture dans laquelle les employés ne peuvent pas partager ce qu’ils ressentent avec ceux avec qui ils ont besoin d’être honnêtes, ce qui les conduit généralement à se plaindre de la situation à tout le monde.

«Ça continue d’éroder la confiance et crée beaucoup d’artifice dans la façon dont nous nous présentons. Et cela finit par avoir également un impact sur les résultats financiers de l’entreprise... parce que si nous n’avons pas ces conflits sains, nous ne prenons pas les meilleures décisions possibles», estime Gallaher.

Voici quatre scénarios courants dans lesquels la positivité toxique entre en action:

1. Les gens vous disent d’être positif face à des préoccupations légitimes

Lorsqu’un collègue partage une inquiétude légitime, lui dire d’être positif est méprisant. Gallaher donne l’exemple d’une cliente stressée à l’idée d’assumer les responsabilités d’une collègue licenciée en plus de son travail régulier. Lorsque la cliente a dit à son responsable qu’elle craignait qu’on la mette dans une situation où elle n’avait aucune chance de succès, la responsable lui a dit: «Essaie d’être plus positive.»

Une réponse plus compatissante impliquerait que le gestionnaire écoute réellement les préoccupations de l’employée et l’encourage avec des déclarations telles que «Dites-m’en plus» ou en paraphrasant en disant: «Si je comprends bien...» L’objectif est de faire en sorte que l’employée se sente entendue et validée de ressentir ce qu’il ressent, dit Gallaher.

2. Votre patron dit que «ça va bien aller» quand l’avenir de l’entreprise est sombre et incertain

Si l’entreprise est dans le rouge et que les licenciements se profilent, il n’est pas seulement toxique pour votre patron d’insister sur le fait que tout va bien. Ce leadership passif est également le type d’incompétence le plus courant chez les gestionnaires. Une étude de 2010 a déclaré qu’un leader passif «évite généralement la prise de décision, se soucie peu de la réalisation des objectifs et s’implique rarement avec ses subordonnés, même lorsque cela est nécessaire.» Le patron qui ne se présente que pour offrir de vagues encouragements rend un mauvais service à tout le monde.

«Ce que les gens veulent et respectent chez leurs patrons, c’est la transparence, l’honnêteté et l’intégrité.»

- Cynthia Pong, coach de carrière

Au lieu de faire de fausses promesses sur l’avenir des employés, les gestionnaires peuvent être plus utiles en temps de crise lorsqu’ils sont transparents et précis sur les actions qu’ils entreprennent pour soutenir l’équipe.

«Ce que les gens veulent et respectent chez leurs patrons, c’est la transparence, l’honnêteté et l’intégrité. Mieux vaut dire quelque chose comme “Je ne sais pas ce qui va se passer, et cette situation est évidemment loin d’être idéale. Ce n’est pas désespéré. Le plan est le suivant...”. Je pense que ce genre de chose est vraiment apprécié par les gens qui sont souvent laissés dans le noir», a déclaré la coach de carrière féministe Cynthia Pong.

Si les licenciements sont vraiment inévitables, les patrons peuvent faire mieux que de simplement dire: «Tout ira bien.» Ils peuvent ne pas être en mesure de garantir un emploi continu, mais ils peuvent au moins promettre des actions spécifiques qui vous aideront à bien vous en tirer, comme jeter un oeil à votre CV et vous offrir des références.

3. Votre employeur refuse de tenir compte de la COVID-19 dans ses évaluations de fin d’année

Il est possible que vous entendiez de la positivité toxique lors de réunions de fin d’année, où le leadership «passe sous silence tout ce qui s’est passé de mal, en disant par exemple: “Oui, 2020 a été difficile, mais on a vraiment bien fait.”

Si tel est le message global de votre entreprise, il est toxiquement positif car il refuse de reconnaître les pertes dévastatrices que la COVID-19 a causées aux communautés. Des milliers de personnes sont mortes, juste au Canada. Il est inhumain de ne pas reconnaître cette réalité au travail.

4. Vous perdez votre emploi et vos collègues vous disent de «voir le bon côté des choses»

Si vous faites partie des millions de personnes qui ont perdu leur emploi cette année, vous n’êtes pas seul. Mais bien que l’expérience du chômage soit courante, vous avez toujours le droit d’être bouleversé. Des déclarations réductrices comme «Regarde le bon côté des choses» ou «Tu vas t’en sortir» peuvent être toxiques parce qu’elles laissent entendre qu’il n’est pas acceptable pour vous d’être désenchanté par votre situation d’emploi actuelle.

«“Mais au moins, vous avez ceci” ou “Dieu merci, ce n’est pas cela” - tout est bien intentionné», affirmait récemment le psychologue spécialisé en deuil Patrick O’Malley au HuffPost, «mais cela invalide, minimise l’histoire de l’individu. Car pour beaucoup de gens, [un licenciement] entraîne un sentiment de perte et d’inquiétude.»

Le plus utile dans ces situations est d’écouter plus que de parler, et de ne pas supposer que votre rôle dans la conversation est de résoudre le problème de cette personne. «N’offrez pas de conseil à moins que l’on vous en demande clairement», recommande O’Malley .