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15/08/2019 15:51 EDT | Actualisé 15/08/2019 15:53 EDT

Orques résidentes du Sud: la population décline avec 3 morts présumées

Il ne resterait que 73 orques, selon les chercheurs.

Elaine Thompson/The Associated Press via CP
Dans cette photo prise en 2014, on peut voir une femelle orque émergeant de la mer des Salish, à l'ouest de Seattle.

VANCOUVER — Trois orques du Sud ont été déclarées ou présumées mortes par le Center for Whale Research, abaissant la population à 73. 

Les orques manquantes sont J17, une femelle de 42 ans, K25, un adulte de 28 ans et L84, un mâle de 29 ans, peut-on lire sur le site internet de l’institut. 

«Ces orques font partie de la population du Sud, une espèce en voie de disparition qui, historiquement, fréquente la mer des Salish presque quotidiennement pendant les mois d’été», peut-on y lire. 

Les experts ont commencé à avoir des doutes après que deux orques, soit J17 et K25, n’eurent pas été vues durant quelques mois. 

On veut voir cette population grimper; chaque fois que nous perdons une orque, ça nous rapproche de la disparition de la population complète.Martin Haulena, Centre des sciences marines de l’aquarium de Vancouver

Les scientifiques de l’Administration nationale des océans et de l’atmosphère aux États-Unis ont dévoilé en mai dernier des photos prises à l’aide d’un drone qui montraient que la santé de J17 s’était détériorée depuis sa dernière évaluation à l’automne dernier. 

L’organisation a indiqué que J17 souffrait d’une condition appelée «tête d’arachides», qui indique une perte de gras ou de graisse significative autour de la tête.  

J17 avait deux filles et un fils, alors que K25 avait deux soeurs et un frère. L84 était la dernière d’une communauté matrilinéaire de onze baleines dont dix n’ont malheureusement pas survécu. 

Un peu plus de 70 orques résidentes du Sud forment ce groupe spécifique, qui se nourrit exclusivement de saumon. La famille, surnommée «le clan J», est ensuite divisée en trois groupes appelés J, K et L.

Selon Martin Haulena, vétérinaire au Centre des sciences marines de l’aquarium de Vancouver, la perte de trois orques n’indique que de mauvaises nouvelles.

«Ce n’est définitivement pas bon, pas bon du tout», a-t-il ajouté.

«On veut voir cette population grimper; chaque fois que nous perdons une orque, ça nous rapproche de la disparition de la population complète.»

Martin Haulena a toutefois mentionné être optimiste, en raison des nouvelles mesures mises en place par le gouvernement fédéral. 

Pêches et Océans Canada a annoncé divers règlements pour protéger ces baleines des côtes de la Colombie-Britannique. Entre autres, une distance minimale de 400 mètres entre les bateaux et la population d’orques, la fermeture de quelques pêcheries de saumons et la mise en place d’initiatives pour soutenir la protection de l’habitat et la restauration du saumon quinnat. 

À VOIR AUSSI: L’histoire d’une orque répertoriée en Colombie-Britannique (le texte se poursuit après la vidéo)

 

Le vétérinaire a aussi évoqué avoir remarqué un changement dans le comportement des orques.

«Je pense que c’est intéressant... cette année ils ne passent pas autant de temps qu’à l’habitude dans les eaux qui traversent Puget Sound et le détroit de Georgia», a-t-il mentionné.

«Je ne pense pas que la population L soit entrée dans la mer des Salish de toute l’année. Les orques n’ont été vues qu’au large, à l’ouest de l’Île de Vancouver, ou du moins dans les eaux extérieures cet été.»

Il est difficile de déterminer la cause du changement de comportement chez les orques, mais il se pourrait que ce soit parce que les baleines recherchent d’autres endroits pour se nourrir ou veulent s’éloigner du bruit», a mentionné Martin Haulena.

«Peut-être qu’elles ont trouvé un meilleur endroit où se nourrir. C’est très, très dur à dire, mais nous devons nous pencher sur la question», a-t-il dit. 

«Nous sommes à un point critique»

Selon le Center for Whale Research, les baleines visitent rarement les eaux vives de leur habitat essentiel, notamment le détroit de Georgia, Puget Sound, et la partie intérieure du détroit de Juan de Fuca, puisque le saumon quinnat, leur nourriture, se fait rare. 

Une nouvelle femelle, J56, est née il y a quelques semaines. Mais il y a plus de décès que de naissances, et la mortalité infantile chez les cétacés atteint les 50%, rappelle le vétérinaire. 

«Je crois que nous sommes à un point critique. Je pense que la population d’orques ne peut se permettre d’autres pertes et les choses se doivent de changer de direction bientôt», a soulevé Martin Haulena. 

Cet article de The Canadian Press a été traduit de l’anglais par le HuffPost Québec.