BIEN-ÊTRE
12/06/2019 11:04 EDT | Actualisé 12/06/2019 11:44 EDT

Rien n'est impossible pour la plongeuse de haut vol Lysanne Richard

Elle encourage les sportifs et les moins sportifs à se dépasser en participant au Défi Douglas pour la santé mentale.

Jean-François Savaria
La plongeuse de haut vol Lysanne Richard

Le dépassement de soi, Lysanne Richard connaît ça. Elle est la seule Canadienne à participer à des compétitions internationales de plongeon de haut vol. À 37 ans, elle avoue avoir en moyenne dix ans de plus que ses compétitrices, et être l’une des rares à devoir jongler avec la conciliation travail-famille, avec ses trois enfants à la maison. Malgré tous ces défis, l’athlète ne baisse jamais les bras, et compte sur sa force mentale pour réussir. 

C’est ce message qu’elle souhaite lancer à tous les sportifs et moins sportifs qui voudraient participer au Défi Douglas, un triathlon qui vise à recueillir des fonds pour l’Institut universitaire en santé mentale, un événement dont elle est la porte-parole.

«Rien n’est impossible, croit Lysanne Richard. Il n’y a pas une condition ou un âge qui restreint ce qu’on peut faire. J’aimerais que les gens osent s’inscrire, qu’ils osent viser le dépassement.»

L’athlète souligne d’ailleurs que le Défi Douglas, qui en sera à sa cinquième édition le 29 juin prochain, peut être un bon incitatif à se remettre en forme, un déclencheur. Il est encore possible de s’inscrire, seul ou en équipe (si vous désirez vous relayer!) ou alors d’encourager (financièrement et moralement) des proches qui voudraient y participer.

«Ça nous touche tous»

Les fonds amassés pour le Défi Douglas serviront directement au bien-être des patients et à la recherche.

«Les troubles mentaux, ça nous touche tous de près ou de loin, affirme Lysanne Richard. En étant maman de trois enfants, ça m’importe beaucoup. C’est ensemble qu’on construit une belle société.»

D’ailleurs, l’Institut Douglas rappelle qu’un Québécois sur cinq sera touché par la maladie mentale au cours de sa vie. 

Lorsqu’elle nous explique tout cela au téléphone, à la mi-mai, l’athlète se prépare à s’envoler pour la Chine pour la Coupe du monde de plongeon de haut vol. Elle court pour aller récupérer son maillot qu’elle avait oublié là où elle s’entraîne.

«Ça me prend absolument ce maillot-là, parce que quand mon coach m’a vue avec, il m’a dit: tu vas gagner la coupe avec ce maillot-là», raconte-t-elle en riant. 

Cette période de l’année est la plus occupée pour Lysanne Richard. Elle se promène beaucoup d’un continent à l’autre, au rythme des compétitions. Elle constate qu’elle vit une autre réalité que ses acolytes, qui sont toutes sans enfants. Mais le dépassement de soi et la satisfaction qui en découle, c’est son pain quotidien. 

Le plongeon de haut vol... qu’est-ce que c’est?

La haute voltige, c’est comme le plongeon qu’on voit aux olympiques... mais de beaucoup plus haut. L’objectif, c’est de sauter d’une plateforme de 20 à 23 mètres de haut (aux Jeux olympiques, la plus haute plateforme s’élève à dix mètres), en atterrissant par les pieds et non par la tête, parce que le choc serait trop grand. 

Romina Amato/Red Bull Cliff Diving
Lysanne Richard, lors d'une compétition en Italie en 2016

C’est après la naissance de son troisième enfant que Lysanne a commencé cette discipline, comme pour réaliser un rêve d’enfant. Elle avait fait du plongeon durant son enfance et son adolescence, et a décidé de s’y remettre, après avoir été artiste de cirque. En 2015, lors de sa première année complète de compétition en plongeon de haut vol, elle a terminé deuxième dans une compétition. Et depuis, les titres se sont accumulés: elle est montée onze fois sur le podium, pour récolter notamment trois médailles d’or. Elle a été nommée athlète féminine de l’année en 2016 par la Fédération internationale de natation amateur (FINA).

En 2017, une blessure au bras droit l’a obligée à quitter la compétition pendant plusieurs mois. Mais elle ne s’est pas laissée décourager par cet obstacle. «Je suis restée positive, se souvient-elle. J’ai fait de la réadaptation, j’ai respecté les étapes, et je suis retournée à la compétition en 2018. Et j’ai décroché la deuxième place à la Coupe du monde de la FINA.»

Alex Voyer

Son prochain gros défi: se rendre aux Jeux olympiques. Lysanne Richard est convaincue que sa discipline se rendra jusque-là. Elle espère juste être assez en forme pour être de la compétition, et terminer sur le podium. En attendant, dans un futur un peu plus rapproché, elle vise un podium pour sa prochaine compétition. Elle n’a pas finalement pas remporté de médaille en Chine, mais compte bien se reprendre aux Açores, pour le Red Bull Cliff Diving, les 21 et 22 juin.

Le Défi Douglas se déroulera le 29 juin prochain, à l’occasion du Triathlon Montréal Groupe Copley, dans le Port de Montréal.

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