POLITIQUE
14/09/2019 11:59 EDT | Actualisé 14/09/2019 14:33 EDT

Une playmate au sein du Parti populaire du Canada

Le parti de Maxime Bernier attire encore une fois le feu des projecteurs, mais pas pour ses politiques.

Quelques jours après le déclenchement des élections, les candidats des partis politiques sont sous la loupe. Après que trois candidats du Parti conservateur aient été pointés du doigt pour avoir véhiculé des propos haineux, au tour de Maxime Bernier de se faire critiquer pour le choix de ses candidats. 

Ania Krosinska, candidate dans la circonscription de Humber River-Black Creek à Toronto, mieux connue sous le nom de Charlie Riina, fait couler beaucoup d’encre à cause de ses précédents métiers qui divergent largement de la sphère politique. 

Elle a entre autres posé pour le célèbre magazine Playboy et fait une apparition dans deux courts métrages présentés sur le site PornHub. Son compte Instagram s’inscrit dans la même veine. Jusqu’à il y a quelques jours, la candidate publiait fréquemment des clichés assez explicites d’elle-même, excepté pour sa dernière photo, où elle y dévoile son implication dans la sphère politique. 

D’origine polonaise, la modèle a grandi au Canada et a étudié en criminologie ainsi qu’en sciences judiciaires à l’Université de Toronto, où elle y a été couronnée Miss Toronto. Depuis 2011, Ania Krosinska a posé à diverses reprises pour les éditions polonaises, slovaques et hongroises du magazine Playboy. En 2016, elle a remporté le prix de «Playmate de l’année» en Slovaquie. La modèle a aussi fait apparition dans plusieurs publications telles que GQ, Esquire, FHM, Maxim et Sports Illustrated.

Ce n’est pas une première en politique pour la candidate. En 2016, Ania Krosinska s’était présentée pour le Trillium Party of Ontario aux élections provinciales dans la circonscription de Scarborough-Rouge River. La candidate avait terminé dernière, avec seulement 36 votes. Alors qu’un certain nombre de ses abonnées la félicitent pour son lancement en politique, d’autres critiquent le parti pour lequel elle se présente, le Parti populaire du Canada.

Fausses nouvelles au Parti populaire

Mais si la mannequin d’origine polonaise fait beaucoup parler, elle n’est pas la seule. Près d’une quinzaine de candidats du Parti populaire ont partagé des nouvelles inexactes, voire complètement fausses ainsi que des nouvelles provenant de sites réputés pour avoir publié de fausses nouvelles a relevé La Presse.

La majorité des publications datent de l’été 2019 et traitent des sujets tels que la négation des changements climatiques causés par l’humain et l’islamophobie, et proviennent de sites d’extrême droite québécoise, canadienne et américaine. Parmi eux on y retrouve, LesManchettes.com, Le Stu-Dio, Horizon Québec Actuel, Debate Post, Cap for Canada, et plusieurs autres.

Parmi ceux qui ont publié de fausses nouvelles, on compte la candidate Nancy Brunelle, dans la circonscription de Saint-Maurice–Champlain en Mauricie, qui en a publié trois au courant de la journée du 4 septembre. Celle-ci a toutefois refusé de commenter l’affaire et annulé son entretien avec La Presse.

Mariam Sabbagh, candidate dans Shefford, a aussi publié à de nombreuses reprises des nouvelles qui sont complètement fausses, inexactes ainsi que des théories conspirationnistes 

Quand je partage quelque chose, j’espère que c’est correct, mais je ne peux être certaine à 100 %.Mariam Sabbagh, candidate dans Shefford

«Partager un post sur Facebook n’a pas la même importance que d’étudier un projet de loi », a-t-elle ajouté.  

Selon le président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, Stéphane Giroux, il est «extrêmement inquiétant» de constater que des candidats qui aspirent à être élus partagent systématiquement de fausses nouvelles. 

«Si (ces candidats) en sont conscients, c’est grave, mais c’est aussi grave s’ils n’en sont pas conscients et qu’ils ne font pas de vérifications», a-t-il ajouté. Selon lui, les partis politiques devraient plutôt redoubler d’efforts pour contrer la désinformation qui «est en train de tuer la démocratie». 

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