POLITIQUE
19/08/2019 11:36 EDT | Actualisé 19/08/2019 19:05 EDT

Pierre Nantel sera candidat pour le Parti vert

Une prise de taille pour Elizabeth May et les verts.

Justin Tang/La Presse canadienne

LONGUEUIL, Qc — Déçu de l’apathie et de l’immobilisme du Nouveau Parti démocratique en matière de lutte contre le réchauffement climatique, Pierre Nantel a officialisé son passage au Parti vert, lundi, dans sa circonscription fédérale de Longueuil-Saint-Hubert.

Le député, qui portait les couleurs néo-démocrates depuis la vague orange de 2011, en a fait l’annonce aux côtés de la leader du Parti vert, Elizabeth May, et du chef adjoint, Daniel Green.

«Le geste, qui peut paraître comme un coup d’éclat, était nécessaire parce que je pense qu’il faut amener la crise climatique dans la conscience. Je trouve que le sujet est trop souvent banalisé par les politiciens en particulier», a-t-il déclaré en conférence de presse.

Le Parti vert avait déjà choisi une candidate pour Longueuil-Saint-Hubert, mais Casandra Poitras cède sa place et se présentera plutôt dans une circonscription voisine de la Rive-Sud de Montréal.

Immobilisme et apathie au caucus

La prise est de taille pour Mme May. M. Nantel était un des députés les plus visibles du NPD. Lorsque le NPD a su, vendredi, qu’il discutait avec le Parti vert pour une possible défection, il lui a retiré son investiture et lui a montré la porte.

Certains ex-collègues néo-démocrates l’ont vertement critiqué, mais Pierre Nantel n’a pas hésité à répliquer en faisant référence à ses démarches constantes en vue de faire avancer la question de l’urgence climatique au sein du caucus.

«Parfois, il y a une forme d’immobilisme, il y a une forme d’apathie et c’est le genre de chose qui m’exaspère en général et, à un moment donné, un gars se tanne», a-t-il laissé tomber.

«Pierre Nantel est un leader climatique et il est l’un des députés les plus passionnés que j’aie vus à la Chambre des communes», a déclaré Mme May à ses côtés.

Indépendant par respect

Pierre Nantel va terminer son actuel mandat en tant que député indépendant, par respect pour ses électeurs.

«C’est une question de principe. On n’aime pas avoir l’impression qu’on a voté pour un parti et que finalement ça change en cours de route», a-t-il fait valoir.

Il est toutefois convaincu que les électeurs le suivront dans cette voie s’il se fie sur ce qu’ils lui disent lorsqu’il les questionne sur leurs priorités.

«Selon mes calculs, entre 75 et 80 pour cent des gens du coin, lorsqu’on les sonde sur leurs priorités, c’est celle-là (la crise climatique) qui arrive en premier», a-t-il dit.

Cynisme?

Pierre Nantel sait pertinemment qu’un changement d’allégeance en cours de mandat est un puissant vecteur de cynisme au sein de la population, mais il l’assume entièrement.

«Si ça soulève du cynisme, je l’accepte, dans la mesure où je pense que la crise climatique nécessite des gestes audacieux, différents, et c’est ce que j’essaie de faire. J’essaie d’envoyer un signal fort comme quoi c’est une priorité.»

La question ne devrait même pas se poser, selon Daniel Green, qui fait valoir que les Québécois ont déjà commencé à subir les contrecoups de la crise.

«S’il y avait eu élection au mois de mai, il y a des électeurs québécois qui auraient voté les pieds dans l’eau», a-t-il souligné, faisant référence aux inondations du printemps dernier.

Porté par la vague orange de 2011, Pierre Nantel avait été élu une première fois avec 52 pour cent des voix, soit près du double de son plus proche adversaire du Bloc québécois. En 2015, il a été réélu avec 31,2 pour cent des voix, coiffant tout juste son adversaire libéral avec une avance de 703 voix. Le Parti vert, quant à lui, a récolté deux pour cent et 2,5 pour cent des voix en 2011 et 2015 respectivement.