POLITIQUE
05/11/2019 15:39 EST | Actualisé 05/11/2019 19:48 EST

Photo d'Halloween de Catherine Dorion: le PLQ s'adressera au Commissaire à l'éthique et à la déontologie

Le cliché a été pris au Salon rouge, qui sert notamment pour les cérémonies officielles et les grandes consultations.

Facebook/Catherine Dorion
Catherine Dorion déguisée... en députée (Facebook/Catherine Dorion)

Le Commissaire à l’éthique et à la déontologie se penchera sur une photo controversée publiée par la députée Catherine Dorion, de Québec solidaire (QS).

L’opposition officielle adressera une demande à ce gardien des règles pour une photo humoristique prise dans le Salon rouge de l’Assemblée nationale.

La députée de QS a discrédité la démarche du PLQ en l’accusant d’être un parti avec de «petits amis mafieux».

«Consternation»

Dans sa lettre adressée au président de l’Assemblée nationale, François Paradis, la whip du PLQ, Nicole Ménard, fait part de sa «consternation» devant le «non-respect du décorum» à l’Assemblée nationale. C’est la commissaire Ariane Mignolet qui étudiera la demande des libéraux.

La photo a provoqué une tempête dans les réseaux sociaux, puisqu’on y voit la députée de Taschereau, Mme Dorion, en tailleur et talons hauts, assise sur le pupitre central du Salon rouge, entre les drapeaux du Canada et du Québec, avec l’inscription «Joyeuse Halloween».

Remarquée pour ses t-shirts et ses bottes Doc Martens, Catherine Dorion s’affiche ainsi dans une tenue classique qu’elle refuse habituellement de porter - comme un clin d’oeil humoristique, un costume pour le jour de l’Halloween.

Le cliché peut avoir l’air d’une plaisanterie anodine, mais c’est sans précédent dans cette enceinte qui sert notamment pour les cérémonies officielles et les grandes consultations.

Le PLQ fait aussi allusion à une invitation lancée par la députée pour une soirée d’Halloween dans son bureau de circonscription, avec le logo de l’Assemblée nationale et le titre suivant: «F CK LA NORME».

«Bienveillance, droiture, convenance»

Selon le Parti libéral, «il apparaît évident que de pareils agissements vont à l’encontre du Code d’éthique et de déontologie en ce qui concerne les valeurs qui sont exprimées».

La lettre fait notamment référence à des articles qui prônent «le respect et la protection de l’Assemblée nationale et de ses institutions démocratiques».

On renvoie aussi notamment à un passage voulant que «la conduite du député est empreinte de bienveillance, de droiture, de convenance, de sagesse, d’honnêteté, de sincérité et de justice».

Enfin, la lettre renvoie également à un passage disant que «les députés reconnaissent que le respect de ces valeurs constitue une condition essentielle afin de maintenir la confiance de la population envers eux et l’Assemblée nationale».

La whip demande aussi au président François Paradis de prendre «toute la mesure de cet écart de conduite». Elle lui rappelle qu’il est le gardien de la dignité de l’Assemblée nationale.

«Coup d’éclat»

En conférence de presse en fin de journée mardi, Mme Dorion a dit qu’elle ne referait pas son «coup d’éclat» et d’«autodérision» au Salon rouge parce qu’elle n’avait pas l’autorisation de la présidence pour le faire dans cette enceinte.

Elle a dit être «choquée et blessée» par la lettre des libéraux et les trouve «culottés» de venir parler d’éthique. Elle s’est lancée dans une dénonciation du règne libéral de 2003 à 2018.

«Ce parti a détruit le réseau de la santé, même chose avec les enseignants. Ils ont charcuté notre tissu social. Le Québec est en crise. Ils ont installé un système de corruption et de collusion à grande échelle avec leurs petits amis mafieux pour se financer illégalement.»

La salle du Conseil législatif, aussi appelée Salon rouge, accueille les grandes cérémonies officielles, comme la prestation de serment des députés, la présentation du conseil des ministres, ainsi que la remise de décorations, telles que l’Ordre national du Québec, la Médaille de l’Assemblée nationale et les Prix du Québec.

Depuis les élections d’octobre 2018, le Salon rouge sert aussi pour les réunions du groupe parlementaire caquiste, puisqu’aucune autre salle n’est assez grande pour accueillir convenablement ses 75 députés.

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