POLITIQUE
20/09/2019 17:02 EDT

Pétrole canadien: les verts rectifient le tir plusieurs mois plus tard

Le chef adjoint du Parti vert du Canada, Daniel Green, admet que le plan d'action climatique du parti n'a «pas été bien communiqué» dans les derniers mois.

Darryl Dyck/La Presse canadienne
La cheffe du Parti vert, Elizabeth May, faisait une allocution devant l'Assemblée des Premières Nations de la Colombie-Britannique, à Vancouver, le jeudi 19 septembre 2019.

OTTAWA — Les verts ont attendu tout l’été avant de clarifier leur position sur la possible utilisation des sables bitumineux de l’Ouest pour rendre le Canada autosuffisant sur le plan énergétique. La réponse est non.

En entrevue avec La Presse canadienne, le chef adjoint du Parti vert du Canada (PVC), Daniel Green, admet que le plan d’action climatique du parti n’a «pas été bien communiqué» dans les derniers mois et «portait à confusion».

La chef du Parti vert du Canada, Elizabeth May, dévoilait en mai dernier son plan d’action climatique intitulé «Mission possible» qui demandait, entre autres, que les Canadiens consomment du pétrole produit au Canada en attendant de s’affranchir totalement de cette ressource.

Le pétrole canadien provient essentiellement des sables bitumineux et est réputé pour être beaucoup plus polluant.

Cette position avait fait réagir le chef du Parti vert du Québec, Alex Tyrrell, entre autres, qui dénonçait la position «controversée et incohérente» de Mme May. Il a fait campagne pour récolter des appuis tout l’été afin de forcer ses homologues fédéraux à changer de position.

Le pétrole resterait dans le sol

M. Green dit maintenant qu’il n’est pas question que sa formation politique touche au pétrole des sables bitumineux de l’Ouest canadien. Resterait-il donc dans le sol? «Oui», a-t-il répondu sans hésiter.

Il dit qu’il «préférerait» que le gisement pétrolier d’Hibernia, dans les eaux de Terre-Neuve, cesse d’exporter son pétrole pour plutôt alimenter les raffineries des provinces de l’Est canadien — comme Suncor à Montréal, Valero à Lévis et Irving à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick.

Pour les provinces de l’Ouest, la formation politique les invite à utiliser plutôt le pétrole dit «conventionnel».

Ceci dit, M. Green promet de ne «jamais» abandonner les travailleurs du secteur de l’énergie dans cette transition hors du pétrole.

Réduction de 60% des émissions de GES

Le PVC prône une réduction de 60 pour cent des émissions de gaz à effet de serre par rapport aux niveaux de 2005 d’ici 2030, soit deux fois plus que l’objectif actuel de 30 pour cent.

Cet objectif ambitieux d’ici une dizaine d’années obligerait une «transition rapide et agressive» pour cesser de brûler du pétrole par le transport par voiture ou par avion afin de respecter ces cibles.

En matinée, vendredi, le PVC a dévoilé un «sous-slogan» pour le Québec: «L’urgence d’agir». Il s’agit d’un tout autre slogan que celui qui était mis de l’avant jusqu’à maintenant: «Ni à droite ni à gauche. Vers l’avant ensemble».

Mais ce n’est pas seulement l’environnement qui va préoccuper la formation politique d’ici aux prochaines élections.

Parmi les grands axes de la plateforme québécoise, les verts promettent de miser aussi sur la lutte contre la pauvreté et la réconciliation avec les peuples autochtones.