POLITIQUE
22/09/2020 11:42 EDT | Actualisé 22/09/2020 15:59 EDT

Pénurie d'enseignants: Québec offre plus d'argent aux nouveaux retraités

Pour combler les trous, les incitatifs financiers se font plus alléchants...

Johnce via Getty Images

Vu la pénurie d’enseignants dans le réseau scolaire, le gouvernement du Québec offre un incitatif financier à ceux qui sont nouvellement retraités pour qu’ils reviennent prêter main-forte.

Cela a pour but notamment d’aider les centres de services scolaires à répondre aux besoins découlant du manque d’enseignants, une situation exacerbée par la pandémie de la COVID-19, indique le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, dans un communiqué.

La mesure annoncée mardi vise les enseignants du primaire et du secondaire ayant pris leur retraite depuis le 1er juillet 2015.

S’ils lèvent la main, ils seront désormais rémunérés selon l’échelle salariale qui prévalait lors de leur départ, et ce, dès leur premier jour de suppléance. Habituellement, ce taux ne s’applique qu’après 20 jours de suppléance au sein du réseau scolaire, est-il expliqué dans le communiqué.

Cela signifie qu’un enseignant pourra toucher dès son premier jour de suppléance près du double de la rémunération maximale: donc un maximum quotidien de 412 $, comparativement au taux maximal habituel de 212,15 $.

Il n’y aura pas de pénalité sur leurs prestations de retraite, promet le gouvernement.

En date du 21 septembre, il manquait 117 enseignants à temps plein dans le réseau scolaire, indique le ministère. Mais si les postes à temps plein vacants sont moins nombreux qu’en 2019, certains centres de services scolaires sont aux prises avec une banque de suppléance plus restreinte que les années précédentes en raison de la pandémie, précise le ministre.

“Je veux lancer un appel aux enseignants nouvellement retraités qui ont encore la passion de la profession: plus que jamais, il est temps de reprendre la craie. Le réseau scolaire a besoin de vous. Nos élèves ont besoin de vous”, souligne le ministre dans son communiqué, assurant aux retraités qu’ils seront accueillis à bras ouverts.

Ils sont invités à signifier leur intérêt aux centres de services scolaires de leur région.

De ramener dans les écoles des enseignants retraités, souvent plus âgés et plus à risque de subir des conséquences graves de la COVID-19, est-il réellement une bonne idée? Le ministre de la Santé, Christian Dubé, s’est fait poser la question par un journaliste en point de presse, mardi.

Il a rétorqué que le gouvernement est responsable de leur offrir un environnement de travail sécuritaire.

″Ça va être notre travail de s’assurer qu’on a un système de contrôle des infections qui est très fort.”

Une demande du PQ

Avant cette annonce, la députée Véronique Hivon, porte-parole du Parti Québécois en matière d’éducation et de famille, avait proposé de mettre en place une opération “Je contribue!” dans le milieu scolaire, comme celle qui avait été faite dans celui de la santé au printemps.

L’annonce des incitatifs financiers du ministre Roberge répond en partie à cette suggestion, mais pas entièrement, a souligné l’attaché de presse de Mme Hivon, Thomas Gaudreault.

Cela va aider à trouver plus d’enseignants, dit-il, mais la suggestion péquiste avait aussi pour but de recruter toutes sortes d’autres employés comme des concierges et des employés de soutien.

Ceux-ci permettent aux enseignants de se concentrer sur leurs tâches d’éducation, et les autres professionnels sur leurs champs d’expertise, fait valoir le PQ.

“De notre point de vue, il est inacceptable qu’un orthopédagogue, par exemple, fasse de la circulation ou de la désinfection au lieu de donner les services pour lesquels il est formé, pas plus qu’un enseignant ne devrait voir les périodes de récupération visant à aider les élèves réduites au profit de tâches autres qui prennent de plus en plus de place”, a mentionné la députée péquiste dans un communiqué.

Le PQ n’a pas lâché le morceau et a maintenu sa demande.

Mardi après-midi, Mme Hivon a déposé une motion à l’Assemblée nationale pour que le gouvernement analyse cette solution dans les meilleurs délais. Elle a été adoptée à l’unanimité.