POLITIQUE
14/01/2020 14:08 EST

La pénurie d'enseignants sera le plus grand défi du ministre de l'Éducation cette année

Cela prendra «quelques années» avant de «passer à travers», a souligné Jean-François Roberge.

Thomas Tolstrup via Getty Images

QUÉBEC — Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, affirme que la pénurie de main-d’oeuvre qui sévit dans les écoles du Québec sera son plus grand défi en 2020.

Par contre, il ne voit pas de solution à court terme et prévoit même que cela prendra «quelques années» avant de «passer à travers», en d’autres mots, doter les écoles de tout le personnel dont elles ont besoin. 

En mêlée de presse à l’Assemblée nationale mardi, il a déclaré sans hésiter que la pénurie d’enseignants et de personnel dans les écoles sera cette année son principal défi. «C’est quelque chose sur laquelle on travaille en continu.»

Il n’a pas chiffré la pénurie, mais en septembre dernier, son ministère avait calculé qu’il manquait au moins 360 enseignants pour combler les besoins dans les écoles du Québec.

De ce nombre, 84 pour cent des postes vacants se trouvaient dans la métropole et dans la partie nord de la couronne de Montréal.

Le ministre continue de s’attarder aux «moyens» plutôt qu’à la «finalité», soit la persévérance et la réussite éducative, a aussitôt déploré Alain Fortier, président de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ).    

«Si on veut cibler la finalité, c’est comment travailler tout le monde ensemble, pas dans un débat de structures stérile, mais (...) pour que l’élève apprenne plus, l’élève reste à l’école et qu’au bout de la ligne, on ait l’école la plus équitable et la plus accessible possible.

«Pour moi, ça demeurera toujours le plus grand défi», a-t-il ajouté.

Il en a particulièrement contre le projet de loi 40, qui vise à abolir les élections scolaires et transformer les commissions scolaires en centres de service, et dont l’étude détaillée reprenait mardi.       

La révision des notes... révisée      

M. Roberge a fait savoir à son arrivée au parlement qu’il déposera bientôt une série d’amendements concernant notamment le processus de révision de notes des élèves.

Le projet de loi 40 prévoit qu’un directeur d’école puisse majorer la note d’un élève. Cet article sera selon toute vraisemblance modifié afin de permettre à un enseignant, possiblement d’une autre école, de trancher en cas de litige.

Il ne sera plus question dans le projet de loi de «majorer» une note, mais bien de la «réviser» à la hausse ou à la baisse, a ajouté le ministre.

Selon l’opposition libérale, le gouvernement ne fait que continuer d’attaquer l’autonomie professionnelle de l’enseignant. «Je trouverais ça très mal venu qu’un enseignant d’une autre direction d’école donne une note à un élève qu’il n’a jamais vu», a réagi la porte-parole libérale en éducation, Marwah Rizqy.

«Ça me fait beaucoup penser aux maternelles 4 ans, il y a eu beaucoup d’empressement, a-t-elle renchéri. Lorsqu’on touche au réseau de l’éducation, il faut d’abord faire le travail en amont. Encore une fois, il fait le travail par la suite.»

Le cas des «journées sans élèves»

Marwah Rizy s’étonne également que le ministre admette ignorer tout des «journées sans élèves». Ces journées sans enseignement, qui ne sont pas des journées pédagogiques, permettent la concertation entre enseignants, révélait La Presse mardi. 

Les écoles qui font des «journées sans élèves» ajoutent du temps d’enseignement à la fin de certaines journées pour qu’au final, leurs élèves aient eu l’équivalent en temps de 180 jours.

Dans certains cas, les parents qui ne peuvent garder leur enfant à la maison doivent payer pour les envoyer au service de garde. «J’ai appris ça ce matin, a admis M. Roberge. Je ne veux pas prendre position à ce moment-ci.»

«C’est inacceptable que des parents doivent payer des frais supplémentaires quand une décision comme celle-là est prise. Pour moi, il y a une ligne qui est franchie», a pour sa part déclaré Christine Labrie de Québec solidaire