POLITIQUE
11/09/2019 14:26 EDT | Actualisé 11/09/2019 15:56 EDT

Indépendance du Québec: Elizabeth May parlera à Pierre Nantel pour se rassurer

La cheffe du Parti vert s'est vite retrouvée sur la défensive devant les journalistes, en ce premier jour de campagne.

Cole Burston/La Presse canadienne
La cheffe du Parti vert, Elizabeth May

VICTORIA – Elizabeth May va parler à Pierre Nantel et s’il maintient son appel à une indépendance du Québec au plus vite, il ne pourra pas être candidat du Parti vert.

La leader des verts est apparue tout sourire à Victoria, mercredi matin, au premier jour de la campagne électorale, mais dès la première question des journalistes, elle était déjà sur la défensive.

Mme May a dû d’abord réitérer son appui indéfectible, et celui de son parti, au droit à l’avortement.

Puis, elle a assuré que son candidat dans Longueuil-Saint-Hubert, un ex-néo-démocrate, n’est pas “un séparatiste”.

Mme May a rappelé que tout député fédéral doit prêter serment pour protéger et défendre le Canada. Elle a dit ne pas comprendre comment les élus bloquistes peuvent faire pareil serment et elle a assuré qu’aucun député vert ne lutterait pour “la séparation” du Québec.

«Séparons-nous au plus vite»

Dans une entrevue à QUB radio mardi, M. Nantel a lancé “Séparons-nous au plus vite!”, avant de répéter que pour le moment, il préférait défendre les intérêts du Québec au sein du Canada, que s’il voulait lutter pour l’indépendance du Québec, il ferait de la politique provinciale et que, de toute manière, l’urgence est climatique et la lutte à faire en ce moment est celle contre les changements climatiques.

Mme May assure que son candidat est “un Québécois fort dans le contexte du Canada”. Mais elle avait l’intention de lui parler directement pour se rassurer.

En français, la chef des verts a dit adorer parler français et rêver de devenir parfaitement bilingue. Elle a déclaré son amour du Québec et de la culture francophone, mais elle s’est opposée fermement à toute idée d’indépendance.

“C’est clair que le Parti vert aime les Québécoises et les Québécois profondément, mais dans la même famille. Nous sommes Canadiens!”, a-t-elle insisté.

Une élection capitale

Dans son discours donnant le coup de départ à sa campagne, Elizabeth May a décrit l’élection générale du 21 octobre comme la plus importante de l’histoire du Canada.

S’adressant à une salle comble, où bien des partisans sont arrivés très tôt en matinée, elle a promis de parler aux Canadiens de l’urgence climatique avec l’objectif de bien les informer et non pas de les effrayer.

“Il n’y a aucune raison d’avoir peur. Nous sommes les plus brillants, les mieux équipés et les plus bénis de la planète parce que nous sommes Canadiens”, a-t-elle mentionné sur un ton rassurant.

Le parti espère profiter de l’intérêt populaire pour la lutte contre les changements climatiques ainsi que de l’élan en faveur des verts observé dans plusieurs élections provinciales cette année.

Au-delà des enjeux environnementaux, le Parti vert veut également débattre de gratuité scolaire pour les études postsecondaires, de services à la petite enfance et d’accès aux médicaments.