Le Panier Bleu: de quessé?

Québec met du sien pour faire rouler l'économie d'ici.

Le gouvernement du Québec nous a lancé Le Panier Bleu ce dimanche. On a pris le temps de regarder ce qu’il y avait dans le carrosse. Voici tout ce qu’il faut savoir sur la nouvelle initiative promouvant l’achat local.

Inscriptions multiples et variées

Le Panier Bleu a déjà en inventaire plus de 1200 entreprises de tailles variées oeuvrant dans divers secteurs. On y retrouve autant des IGA, que de petits commerçants de thé, ou des boutiques de créateurs de mode québécois incitant à acheter chez eux. Les inscriptions sont toujours en cours.

De plus, la Fédération des chambres de commerce du Québec qui a lancé il y a quelques jours le site jachetebleu.ca a assuré à La Presse que les entreprises inscrites à son portail seraient redirigées vers Le Panier Bleu éventuellement. Les 52 Sociétés de développement commercial du Québec (SDC) participent également à l’effort en inscrivant progressivement leurs quelque 20 000 commerçants membres.

Les manufacturiers québécois ne peuvent pas se joindre au répertoire pour l’instant.

Une OSBL solidaire

Le projet ne rapportera pas de profits à Québec. Il coûtera même 250 000$ aux contribuables. Le but de l’organisme sans but lucratif est de promouvoir les entreprises d’ici pour assurer leur pérennité et, par la bande, soutenir l’économie locale.

Le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon a martelé dimanche, en conférence de presse, que « 5 $ de plus dépensés par semaine, par foyer, c’est 1 milliard de dollars de plus dans l’économie [québécoise].»

Le gouvernement croit donc que cette annuaire facilitant l’accès aux ressources d’ici poussera les Québécois - déjà fouettés par un élan de solidarité dans le contexte de la crise - à changer leurs habitudes d’achat.

Pas de transaction

Le Panier Bleu n’est en fait qu’un répertoire de commerces, pas un site transactionnel. Il ne cite que ceux qui sont opérationnels pendant la crise de la COVID-19 et les achats doivent se faire sur les sites Web des commerçants.

D’autres initiatives citoyennes proposent plutôt des sites sur lesquels on peut directement acheter des produits d’ici. solutionlocale.ca, mazonequebec.com et boutique.signelocal.com sont, selon certains, des alternatives plus pratiques et profitables. Autant pour les consommateurs que les entrepreneurs.

En ligne et physique

Chaque entreprise comprend sa propre fiche descriptive, indiquant si elle vend uniquement en ligne (e-commerce) ou à sa boutique physique pendant la crise. On y retrouve également les coordonnées de chacun, les informations sur la livraison, un lien vers leur site Web et les heures d’ouverture si applicables.

Recherche pas si simple

Disons qu’on ne pourrait pas comparer l’outil de recherche actuel du Panier Bleu à celui de «Google». Pour trouver des articles d’ici, vous ne pouvez pas chercher «table» ou «pain», par exemple. Il faut plutôt entrer le nom d’une ville ou d’un commerce dans la barre de recherche et choisir ensuite une catégorie de commerce qui vous intéresse, parmi un choix de «restaurant», «poissonnerie», «bières, vin et alcools», notamment. Il est également possible de concentrer sa recherche dans une région québécoise.

Étrangement, après avoir choisi une catégorie, on ne peut pas revenir en arrière à moins de rafraîchir la page. Québec promet toutefois d’améliorer l’outil.

Alexandre Taillefer sur le CA

Derrière l’OSBL se trouve le directeur général, Alain Dumas, responsable de l’épicerie en ligne chez IGA et ex-vice-président du marketing et de la stratégie numérique de l’Aubainerie.

Y figurent aussi au conseil d’administration, l’homme d’affaires Alexandre Taillefer (Mishmash, ex-Téo Taxi), Sylvain Prud’homme (ex-Loblaw, Sobeys, Walmart et Lowe’s Canada), Sophie Boulanger (Bonlook), Brigitte Coutu (Ricardo Médias) et Josée Perreault (BRP).

Québec assure que le conseil d’administration n’est pas rémunéré.

Hébergé au Québec

Si le nom de domaine a été acquis auprès de l’entreprise américaine GoDaddy, Alain Dumas assure que le site du Panier Bleu est hébergé chez nous.

En vidéo - Le Parcours: Thomas Tiberghien, Vrac & Bocaux, et le zéro déchet