Vous avez le sentiment de frapper un mur? Voici des outils pour vous.

Des trucs pour éviter que le couvre-feu ne vous frappe comme une massue.

La période n’est pas rose, loin s’en faut, et garder le cap devient de plus en plus difficile pour plusieurs. Pour d’autres, le couvre-feu a fait l’effet d’un coup de massue, les privant de leur dernière bouffée d’oxygène. Comment ne pas sombrer et vivre sainement les prochaines semaines? Le HuffPost Québec s’est entretenu avec la neuropsychologue Johanne Lévesque.

La période sans précédent que nous vivons, marquée par de nombreuses restrictions, nous impose de composer de façon totalement différente avec la vie quotidienne. Pour bien fonctionner, on nous répète qu’il est important de s’imposer une routine et de s’y tenir. Mais plus facile à dire qu’à faire.

«C’est comme si on demandait à monsieur et madame Tout-le-Monde de se tenir à une routine d’athlète de haut niveau, explique Dre Lévesque. Ça ne marche pas. Pour réussir, il faut absolument dresser un plan à court, moyen et long terme et se fixer des objectifs. Mais avant toute chose, il faut bien se connaître.»

Mais, c’est encore où le bât blesse. Dans les périodes de grand stress et d’anxiété, notre cerveau nous joue des tours à coups d’évitement et de déni. On en perdrait notre latin et notre propre connaissance de nous-même.

Qui suis-je vraiment? Telle est la question qu’il faut se poser.

Testez-vous!

Avant de mettre en place des stratégies, il est donc primordial de bien se connaître. Rien de mieux qu’un test pour avoir l’heure juste sur qui nous sommes. Sachez que la pandémie a peut-être eu raison de votre vrai vous à force de déni ou d’évitement. Rendez-vous donc ici: www.16personalities.com

Surtout, répondez à toutes les questions, comme le mentionne Dre Lévesque. À l’issue du questionnaire, un profil se dessinera, le vôtre. Mieux vous connaître permettra de mettre en place les bonnes stratégies pour retrouver une bonne routine pour vous, la clé d’un quotidien sain.

Par exemple, si notre profil est du type rationnel, systématique et disons plus rigide, il sera plus facile d’adhérer à une routine. À l’inverse, pour le rêveur, peu enclin aux horaires fixes, il faudra établir une stratégie et des objectifs en conséquence.

Respirer 365!

La nouvelle restriction qu’impose le couvre-feu à 20 h a pu faire l’effet d’une bombe pour certains, notamment pour ceux qui souffrent de claustrophobie. Besoin de retrouver un sentiment de liberté même enfermé?!

«C’est vrai qu’on est très restreint, mais la liberté c’est un état d’esprit», explique Dre Lévesque.

Si marcher est un acte concret, il faut arriver à recréer cela à un autre moment de la journée. Pas si simple compte-tenu des différents agendas et tâches à remplir au cours de journées (en ligne, le plus souvent) qui n’en finissent pas. Nombre d’entre nous seront pénalisés, mais pour ceux qui ont un peu plus de flexibilité, il faudra recomposer nos journées et s’accorder une sortie tôt le matin par exemple, ou à un autre moment permis.

«Il y a un exercice qui marche très bien et qui consiste à obliger notre système nerveux à un reset en pratiquant la cohérence cardiaque», explique Dre Lévesque. Explications.

La cohérence cardiaque revient à contrôler sa respiration selon la règle du 365, soit cinq secondes à l’inspiration, cinq seconde à l’expiration, soit six respirations par minute.

Ce qui permet de ramener notre système sympathique - qui déclenche toutes les actions nécessaires à la fuite ou au combat, mais aussi l’accélération de la fréquence cardiaque et respiratoire ainsi que la dilatation des pupilles ou l’inhibition de la digestion - au niveau du parasympathique, qui quant à lui favorise la récupération, la relaxation, le repos, la réparation…

Autrement dit plus simplement, de sortir de notre stress, de nous apaiser et de reprendre nos esprits.

L’exercice répété chaque jour permettra des bienfaits à court et à long terme et notamment d’équilibrer et de moduler le cortisol, l’hormone du stress.

Deux références sur le sujet: Petit Bambou pour les enfants et RespiRelax+ (sur Apple ou Android), pour les adultes.

Déjouer son cerveau

Nous avons bien plus de pouvoir sur notre cerveau que nous le pensons, explique la neuropsychologue, mais pour ce faire nous devons l’entraîner notamment à être (plus) heureux. Comment, vous demandez-vous?

«Si on entretient notre cerveau régulièrement, il va nous aider, collaborer, par exemple en créant plus de dopamine et de sérotonine.»

La dopamine, ce neurotransmetteur - molécule qui transmet des informations entre les neurones - est sécrétée quand on fait du sport notamment. La sérotonine - communément appelée hormone du bonheur - résulte, elle, d’une bonne alimentation, d’exercice, de sommeil et d’une attitude positive.

En résumé, en faisant du sport, même un peu, en prenant une marche, en mangeant du mieux qu’on peut, mais surtout en prenant du plaisir, on créera plus de dopamine et de sérotonine qui vont entraîner (pousser) notre cerveau à être heureux.

«Cela peut être aussi simple que d’établir une courte liste d’activités et de personnes qui nous font du bien au cours d’une conversation téléphonique. Se faire du bien va nous rendre heureux. À l’inverse, notre cerveau peut nous maintenir dans le négatif. N’oubliez jamais qu’on a le pouvoir sur notre neurochimie. Il faut s’entraîner!»

Haut les coeurs!

Fort de ces outils et gonflé à bloc de détermination et de motivations, comment ne pas retomber aussi sec?

«Il faut parvenir à se projeter et trouver la prochaine meilleure chose que l’on pourrait faire - et dont on a envie! Il ne faut pas perdre de vue ce qui nous fait plaisir et ce sur quoi on a encore le contrôle. Il faut absolument faire l’effort de repenser à ce qui nous fait du bien. Autre possibilité, commencer ou reprendre un hobby, qu’on n’avait plus le temps de pratiquer. Personnellement, j’ai commencé la batterie.»

L’extraverti devrait maintenir des rencontres virtuelles, le sportif le sport, mais surtout ne pas abdiquer sur ce qui nous fait du bien et nous fait plaisir. C’est primordial en ces temps de restrictions dont ne voit pas le bout.

Le site de l’Ordre des psychologues du Québec a mis en place une page spéciale COVID-19 avec de nouvelles thématiques abordées régulièrement.

Si vous vous sentez en détresse, que vous avez perdu de l’intérêt pour vos activités préférées, que les ressources autour de vous sont insuffisantes, que vous avez de la difficulté à accomplir vos tâches quotidiennes et que vous éprouvez une grande fatigue, une aide professionnelle peut être nécessaire.