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09/07/2019 19:07 EDT | Actualisé 09/07/2019 19:23 EDT

Ottawa invite les provinces à bannir les «thérapies de conversion»

Le gouvernement fédéral envisagerait également des modifications au Code criminel à propos de cet «exercice cruel pouvant conduire à un traumatisme à vie».

Marc Bruxelle / EyeEm via Getty Images

Le gouvernement fédéral exhorte tous les gouvernements provinciaux à bannir la «thérapie de conversion» pour les LGBTQ, alors qu’Ottawa envisage lui-même des modifications au Code criminel.

Dans une lettre aux provinces et territoires, datée du mois de juin, le ministre fédéral de la Justice, David Lametti, sa collègue de la Santé, Ginette Petitpas Taylor, et Randy Boissonnault, conseiller spécial du premier ministre sur les questions relatives aux LGBTQ2, leur demandait de faire leur part pour interdire la thérapie de conversion, «un exercice cruel pouvant conduire à un traumatisme à vie».

La lettre indiquait que le gouvernement fédéral envisageait de réformer le Code criminel en ce qui concerne les thérapies de conversion — qui prétendent pouvoir transformer les homosexuels en hétérosexuels, par le biais de counseling ou d’un enseignement religieux.

Plusieurs provinces et municipalités ont déjà interdit ces thérapies «de réorientation sexuelle». Lundi, le conseil municipal de St. Albert, une banlieue-dortoir d’Edmonton, en Alberta, a adopté à l’unanimité une motion qui interdira cette pratique controversée pour des mineurs. D’autres villes albertaines, notamment Calgary et Edmonton, envisagent d’adopter des règlements similaires. De telles interdictions existent par ailleurs au Manitoba, en Ontario, en Nouvelle-Écosse et à Vancouver.

Kristopher Wells est titulaire d’une chaire de recherche du Canada à l’Université MacEwan, à Edmonton, sur la compréhension publique des jeunes appartenant à une minorité sexuelle ou de genre. Il estime que de telles résolutions municipales constituent une étape positive. «Cela fait partie d’une tendance plus large à laquelle nous assistons non seulement au Canada, mais également en Amérique du Nord — ce mouvement visant à mettre fin à la thérapie de conversion, que beaucoup considèrent comme une forme de torture et de sévices psychologiques», a-t-il estimé.

M. Wells croit par ailleurs que c’était particulièrement important de le faire en Alberta, où le gouvernement conservateur de Jason Kenney a récemment dissous un groupe de travail chargé de définir la stratégie de la province en cette matière. Ce gouvernement a également adopté la semaine dernière un projet de loi qui annule les mesures prises par le précédent gouvernement néo-démocrate pour renforcer la protection des «alliances gais-hétéros» dans les écoles.

Les responsables fédéraux soutenaient dans leur lettre de juin qu’un certain nombre de provinces avaient pris des mesures pour décourager les thérapies de conversion, mais que d’autres provinces n’avaient rien fait. Le ministre de la Justice de l’Alberta, Doug Schweitzer, a indiqué dans un courriel que son gouvernement «s’opposait à la thérapie de conversion et la condamnait sous toutes ses formes». Il s’est dit heureux de savoir que le gouvernement fédéral souhaitait collaborer avec les provinces à la réforme du Code criminel.

La Société canadienne de psychologie, l’Organisation mondiale de la santé et Amnistie internationale, notamment, s’opposent à toute forme de thérapies dites «de réorientation sexuelle».

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