POLITIQUE
22/02/2021 15:32 EST | Actualisé 22/02/2021 16:00 EST

COVID-19: l'opposition dénonce le manque d'action du ministère de l'Éducation

«De mentir de façon éhontée à nous les parlementaires, et par ricochet à la population, c’est vraiment grave», déplore la députée libérale Marwah Rizqy.

Jacques Boissinot/PC
Marwah Rizqy, députée du Parti libéral du Québec, 26 mai 2020

La députée libérale Marwah Rizqy ne décolère pas depuis la parution vendredi d’un avis de la Santé publique datant du 22 octobre qui recommandait les demi-classes.

“Je suis en colère”, lance-t-elle au bout du fil, en rappelant que jamais le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, n’a mentionné l’existence de cet avis.

“Il a répété à plusieurs reprises: “Nous suivons les recommandations de la Santé publique et ce n’est pas une recommandation de la Santé publique”.

“J’appelle ça un mensonge, a-t-elle poursuivi. De mentir de façon éhontée à nous les parlementaires, et par ricochet à la population, c’est vraiment grave.”

Mme Rizqy rappelle que l’année 2020 s’est terminée par un “festival de fermetures de classes”: 40 % des classes recensaient au moins un cas de COVID-19.

La situation semble empirer maintenant avec la présence de variants qui forcent la fermeture d’écoles, a-t-elle ajouté.

On ne peut plus continuer comme ça. La confiance est ébranlée dans le réseau de l’éducation, la colère grogne et ma propre confiance envers le ministre de l’Éducation est ébranlée.Marwah Rizqy, députée libérale

Lundi, au moins 10 écoles québécoises étaient fermées temporairement, en tout ou en partie, pour cause de variants de la COVID-19.

À quand le dépistage massif dans les écoles, l’arrivée des masques plus petits pour les enfants et les demi-classes qui favoriseraient la distanciation physique entre les élèves? demande l’élue libérale.

Mme Rizqy affirme que c’est la deuxième fois que Jean-François Roberge pèche par omission, puisqu’il n’a jamais dévoilé à l’automne que l’INSPQ recommandait le port du masque de procédure à l’école.

“On ne peut plus continuer comme ça. La confiance est ébranlée dans le réseau de l’éducation, la colère grogne et ma propre confiance envers le ministre de l’Éducation est ébranlée”, a-t-elle déclaré.

“Je ne le croirai plus”

Les députées Christine Labrie (Québec solidaire) et Véronique Hivon (Parti québécois) parlent aussi d’un “grave manque de proactivité” et d’une perte de confiance.

“C’est vraiment choquant de se faire dire (...) par le gouvernement qu’il écoute les avis de la santé publique et de découvrir des mois plus tard que ce n’est pas le cas”, laisse tomber Mme Labrie.

“Définitivement, moi je ne le croirai plus quand il va nous dire que ce qu’il fait c’est des avis de la santé publique. Pour le croire, il va devoir nous montrer l’avis”, a-t-elle ajouté.

De son côté, Mme Hivon rappelle que M. Roberge avait dit le 3 décembre: “Pas une fois depuis mars on a pris une décision (...) en éducation qui allait à l’encontre d’une recommandation de la Santé publique.”

“Là, vraiment, le ministre met à mal encore davantage la confiance du réseau à l’égard de ce qu’il fait”, a-t-elle réagi en entrevue.

“C’est à lui d’expliquer comment il a pu fournir en Chambre, aux parlementaires, des réponses comme celles-là quand on découvre maintenant qu’il avait eu le 22 octobre un avis de la Santé publique.”

Le bureau du ministre Roberge n’avait pas encore répondu à la demande d’informations formulée par La Presse Canadienne lundi après-midi.

Réduire les contacts

Dans son avis du 22 octobre, le directeur national de la santé publique, le Dr Horacio Arruda, recommande la présence à l’école du groupe-classe entier, en alternance un jour sur deux, en secondaire 3, 4 et 5.

Il ajoute qu’il recommande le déploiement d’une “deuxième phase” qui verrait la moitié du groupe-classe se présenter à l’école, un jour sur deux, “dès que les conditions le permettent”.

L’objectif, selon le Dr Arruda, était de réduire les contacts à l’école et à l’intérieur des groupes-classes stables. Il visait “une présence à l’école et dans les groupes-classes de 50 %”.

La mesure devait tenir compte de la “capacité des milieux” et ne devait pas s’appliquer aux jeunes ayant des besoins spéciaux, qui auraient en principe plus de temps de classe.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) ont également recommandé les demi-classes.