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26/07/2019 14:37 EDT

«Les ponts sont coupés» entre le grand chef de Kanesatake et le maire d'Oka

La situation s'est empirée malgré une rencontre avec les représentants des gouvernements fédéral et provincial.

La Presse canadienne/montage Huffpost Québec
Pascal Quevillon et Serge Simon.

MONTRÉAL — Le grand chef de Kanesatake, Serge Simon, a indiqué vendredi qu’il a décidé d’interrompre toute discussion avec le maire d’Oka, Pascal Quevillon, reprochant au maire d’avoir refusé de s’excuser pour des propos désobligeants au sujet du territoire des Premières Nations.

M. Simon et son conseil de bande ont rencontré les représentants des gouvernements fédéral et provinciaux plus tôt dans la journée pour tenter de désamorcer les tensions résultant d’un conflit foncier entre Kanesatake et la ville voisine d’Oka, au nord-ouest de Montréal.

Le grand chef a rencontré Marc Miller, le secrétaire parlementaire de la ministre des Relations Couronne-Autochtones et la ministre québécoise des Affaires autochtones, Sylvie D’Amours, dans une tour de bureaux du centre-ville de Montréal.

En quittant les discussions, M. Simon a déclaré que son conseil et lui-même avaient décidé «de ne pas donner d’importance au maire».

«Les ponts sont coupés, a reconnu M. Simon aux journalistes, aux côtés de Ghislain Picard, le chef régional de l’Assemblée des Premières Nations pour le Québec et le Labrador. Nous n’aurons plus de discussions avec lui. Mon conseil est d’accord avec moi.»

Les émotions sont vives depuis l’annonce du projet du promoteur local Grégoire Gollin de faire don de 60 hectares de la pinède d’Oka au conseil mohawk de Kanesatake. Le maire Quevillon a offensé de nombreuses personnes sur le territoire lorsqu’il avait exprimé sa crainte d’être enclavé par Kanesatake.

M. Quevillon avait affirmé que la valeur des propriétés diminuerait et a fait craindre une hausse du nombre des marchands de cannabis et de cigarettes.

Le maire d’Oka a rencontré M. Miller et Mme D’Amours à la suite de leurs discussions avec les chefs des Premières Nations. En se rendant dans l’édifice, M. Quevillon a déclaré aux journalistes qu’il ne savait pas ce pour quoi il était censé s’excuser.

«De ce que je comprends, c’est que j’ai utilisé des mots comme “cabanes à pot” et “cabanes à cigarettes”, a-t-il affirmé. C’est la réalité malheureusement. C’est ce qu’on voit. C’est la réalité.»

Le maire Quevillon a soutenu que les Mohawks revendiquent les terres sur lesquelles sa ville est construite et que sa population a l’impression d’être prise en otage.

«Ça fait 300 ans que les citoyens d’Oka sont installés à Oka et là et on vient nous dire que finalement ce sont des terres qui devraient revenir aux Mohawks», a-t-il lancé.

Le chef Simon a indiqué que les commentaires de M. Quevillon vendredi matin avaient empiré les choses. 

Il a expliqué qu’il ne s’excuserait pas pour ce qu’il estime être la vérité lorsqu’il décrit ma communauté.Serge Simon, grand chef de Kanesatake

«Ma communauté a plusieurs problèmes sociaux, oui. Mais ce qu’il décrit... Ce n’est pas la volonté de mon conseil de propager ces problèmes sociaux.»

Malgré le conflit avec le maire d’Oka, le chef Simon a déclaré qu’il avait eu des discussions positives avec M. Miller et Mme D’Amours. Il a précisé qu’ils avaient discuté avec lui de la possibilité d’établir des relations de communication plus officielles entre son conseil et les gouvernements fédéral et provinciaux concernant les revendications territoriales et l’expansion du territoire de Kanesatake.

Mais, a déclaré M. Simon, toute discussion sur l’expansion de Kanesatake est prématurée. Sa population devra être consultée et voter pour accepter ou non des dons de terres que les Mohawks revendiquent déjà.

«Il faut que ma communauté se prononce, a déclaré le chef Simon. Le maire a appuyé le bouton de panique un peu trop vite.»