POLITIQUE
26/06/2020 11:07 EDT | Actualisé 26/06/2020 13:48 EDT

Anglade somme le gouvernement d'imposer le port du masque dans les transports en commun

«On a déjà eu des résultats assez catastrophiques. L’idée maintenant, c’est qu’on soit capable d’être mieux préparés.»

Jacques Boissinot/PC
Dominique Anglade, 3 juin 2020 

Québec doit arrêter de “tergiverser” et rendre le port du masque obligatoire dans les transports en commun, tranche la cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade.

En entrevue, elle dit ne pas comprendre pourquoi le Québec n’a pas encore emboîté le pas à Toronto qui, le 11 juin, décrétait l’obligation de porter le masque dans les transports collectifs dès le 2 juillet.

Cela est d’autant plus incompréhensible que le directeur de santé publique du Québec, Horacio Arruda, s’est récemment dit “préoccupé” par le relâchement des Québécois qui se déconfinent, dit-elle.

Même s’il s’inquiète du relâchement, le Dr Arruda n’a toujours pas imposé le masque dans les transports en commun. Il a toutefois affirmé, jeudi, étudier cette possibilité de “très très près”.

“Je ne veux pas faire d’annonce aujourd’hui par rapport à ça. Mais disons que, dans nos intentions, c’est quelque chose qu’on regarde beaucoup”, a-t-il déclaré en point de presse.

“Il nous le dit, il nous dit: “Je suis très préoccupé par le relâchement des mesures”. Bien si vous êtes très préoccupé, posez le geste qui s’impose”, a réagi Mme Anglade, incrédule.

Être mieux préparés

L’idée, selon Mme Anglade, est d’être mieux préparés dans l’éventualité d’une deuxième vague de COVID-19.

“Là-dessus, la science a démontré qu’on était mieux protégés dans des endroits où on n’est pas capable de maintenir une distance avec un port du masque”, insiste-t-elle, accentuant la pression sur les autorités.

La science a démontré qu’on était mieux protégés dans des endroits où on n’est pas capable de maintenir une distance avec un port du masque.Dominique Anglade, chef du PLQ

Québec doit “minimalement” obliger le port du masque dans les transports collectifs, tels que les trains de banlieue, le métro et les autobus, croit-elle.

Ensuite, la cheffe libérale ne s’oppose pas à ce que, suivant une analyse de la santé publique, l’obligation de porter un masque soit élargie à d’autres secteurs.

Dans tous les cas, la question du port du masque obligatoire dans les transports en commun aurait déjà dû être réglée au Québec, estime Dominique Anglade.

“Je ne comprends pas qu’on soit encore en train de tergiverser sur le port du masque obligatoire dans les transports en commun. Je ne comprends pas!” a-t-elle lancé.

“On a déjà eu des résultats assez catastrophiques. L’idée maintenant, c’est qu’on soit capable d’être mieux préparés.

“S’il y a une raison pour laquelle on se retrouve dans cette situation-là aujourd’hui, c’est justement parce qu’on n’a pas été assez bien préparés”, a-t-elle ajouté.

Proposition du PQ

Le Parti québécois (PQ) avait proposé, le 13 mai dernier, le port du masque obligatoire dans les transports collectifs et lieux publics de Montréal.

Le chef intérimaire du PQ, Pascal Bérubé, avait alors demandé au gouvernement de faire preuve de “leadership” et de protéger les citoyens de Montréal et des banlieues, plus touchés par la pandémie.

“Moi, je vais vous en donner une position claire du Parti québécois: à partir de maintenant, que le port du masque soit obligatoire dans tous les services de transport en commun et dans les lieux publics à Montréal”, avait déclaré M. Bérubé en point de presse à l’Assemblée nationale.

“C’est la position du Parti québécois. Alors, rien n’empêche le gouvernement du Québec de décréter ça dans les prochains jours ou les prochaines heures, et on va l’appuyer fortement”, avait-il ajouté.

Selon un sondage de l’Association médicale canadienne publié vendredi, le port du masque semble être la mesure préventive la moins suivie, en particulier par les jeunes.

Seulement 42 % des Québécois interrogés ont affirmé porter le masque de façon régulière dans les lieux publics depuis le début de la crise, dont à peine 27 % des personnes âgées de 18 à 34 ans.

D’autre part, 74 % des Québécois anticipent une seconde vague de COVID-19 au cours des prochains mois.