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16/01/2020 08:34 EST | Actualisé 16/01/2020 08:35 EST

Iran: «aucune limite» à l'enrichissement du pays en uranium, dit Rohani

Jusqu’à présent, cependant, Téhéran n’a que modestement augmenté son activité nucléaire.

TÉHÉRAN, Iran — Le président iranien a déclaré jeudi qu’il n’y avait «aucune limite» à l’enrichissement du pays en uranium à la suite de sa décision d’abandonner ses engagements dans le cadre de l’accord sur le nucléaire de 2015 en réponse au meurtre du général iranien Qassem Soleimani lors d’une frappe aérienne américaine.

Dans un discours devant des dirigeants de banques, Hassan Rohani a déclaré que le programme nucléaire est dans une «meilleure situation» qu’avant l’accord nucléaire avec les puissances mondiales.

Le président Donald Trump s’est retiré de l’accord sur le nucléaire en mai 2018, en partie parce que l’accord ne traitait pas du soutien de l’Iran aux groupes armés dans la région et de son programme de missiles balistiques. Les États-Unis ont depuis imposé des sanctions économiques «maximales» à l’Iran.

Des taxes sur les voitures?

Les États-Unis ont menacé d’imposer des droits de douane sur les automobiles européennes pour pousser les Européens à déclencher une procédure contre l’Iran pour violation de l’accord sur le nucléaire, a indiqué jeudi la ministre allemande de la Défense.

«Cette menace existe», a confirmé la ministre allemande de la Défense, Annegret Kramp-Karrenbauer, lors d’une conférence de presse à Londres.

Elle était interrogée sur un article du quotidien Washington Post affirmant que «Trump a secrètement menacé (Paris, Berlin et Londres) d’imposer des droits de douane de 25% sur les automobiles européennes» si elles n’actionnaient pas le mécanisme de règlement des différends (MRD) de l’accord international sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015.

Bureau du président de l'Iran via AP
Hassan Rohani a été l'architecte de l'accord sur le nucléaire du côté iranien.

La Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne ont passé des mois à essayer de sauver l’accord, mais n’ont pas trouvé de moyen de continuer à commercer avec l’Iran en raison des sanctions américaines.

Plus tôt cette semaine, ils ont déclenché le mécanisme de résolutions des différends prévu par l’accord pour tenter que l’Iran se conforme. Ce processus pourrait conduire à la reprise des sanctions internationales.

Ce pacte, passé entre la République islamique et le groupe 5+1 (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne), menace de voler en éclats depuis que M. Trump l’a dénoncé unilatéralement.

Encore très loin de l’arme nucléaire

L’Iran a continué à respecter l’accord jusqu’à l’été dernier, lorsqu’il a commencé à dépasser ouvertement certaines de ses limites, affirmant qu’il ne resterait pas lié par l’accord s’il ne voyait aucun des avantages économiques promis.

Après la frappe aérienne du 3 janvier qui a tué le général Qassem Soleimani, l’architecte des opérations militaires régionales de l’Iran, le pays a déclaré qu’il abandonnerait toutes les restrictions de l’accord sur le nucléaire.

Jusqu’à présent, cependant, Téhéran n’a que modestement augmenté son activité nucléaire. Ces derniers mois, elle a augmenté son enrichissement d’uranium à 4,5% - supérieur à la limite de 3,67% fixée par l’accord, mais loin des 20% d’enrichissement auxquels il était engagé avant l’accord. L’uranium doit être enrichi à 90% pour être utilisé dans une arme nucléaire.

Dans son discours devant les banquiers, Hassan Rohani a reconnu que les sanctions avaient causé des difficultés économiques, mais a déclaré que de telles considérations ne pouvaient être dissociées de la politique étrangère et de la sécurité nationale.

Il a également reconnu la montée constante des tensions avec les États-Unis.

«Une seule balle peut provoquer une guerre, et ne pas tirer une seule balle peut conduire à la paix», a-t-il déclaré, ajoutant que son administration recherchait une plus grande sécurité.

Avec des informations de l’Agence France-Presse.