POLITIQUE
17/10/2019 12:02 EDT | Actualisé 17/10/2019 12:20 EDT

Le NPD luttera contre les conservateurs peu importe les résultats

Le mot «coalition» n'a pas semblé faire peur à Jagmeet Singh.

Nathan Denette/The Canadian Press

Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh prévoit lutter contre les conservateurs, peu importe le nombre de sièges que ceux-ci remportent.

M. Singh réagissait ainsi à des propos tenus par Andrew Scheer en entrevue, mercredi. Le chef conservateur avait alors déclaré à CTV qu’il s’attendait à ce que tous les partis respectent le fait que le parti qui obtiendra le plus de sièges formera le gouvernement et pourra implanter sa plateforme.

Le chef du NPD juge qu’il n’est “pas acceptable” qu’un parti obtenant moins de 40 pour cent des votes puisse avoir tout le pouvoir et a rappelé qu’un gouvernement néo-démocrate travaillerait sur une réforme électorale afin de permettre à chaque vote de compter davantage.

“M. Scheer parle de respect, (mais) il ne respecte pas les gens. Il coupe les services, il rend la vie plus difficile, donc on va toujours lutter contre ça”, a-t-il indiqué lors d’un arrêt de campagne à Welland, en Ontario, en compagnie de son homologue provinciale Andrea Horwath.

Il a également déclaré que plus il y aura de députés néo-démocrates élus, plus il y aura des gens prêts à se battre pour donner aux Canadiens ce dont ils ont besoin.

Et lorsqu’on lui a demandé s’il considérait que le mot coalition était un “gros mot” (“dirty word”), il a immédiatement répondu par la négative.

“Ce ne l’est pas”, a-t-il lancé, avant d’énumérer une série d’avancées sociales qui ont été réalisées grâce à des politiciens progressistes.

“Nous savons que lorsque des néo-démocrates sont élus en grand nombre, les gens gagnent. C’est notre message.”

Il a ajouté que son parti continuera de défendre les intérêts des Canadiens, peu importe de quelle façon: en formant le gouvernement, dans l’opposition ou dans une coalition.

Bloc et Front national

M. Singh a par ailleurs été invité à revenir sur des propos tenus mercredi soir, alors qu’il a noté qu’“il y a des fans de Marine Le Pen et du Front national” au sein du Bloc québécois.

Lorsqu’on lui a demandé s’il regrettait d’avoir associé le Bloc à un parti d’extrême-droite, le chef néo-démocrate a rappelé qu’il avait parlé de “fans” et non pas d’“associés”.

“Ce que j’ai dit, c’est qu’on a des membres du Bloc qui sont des fans de ce groupe et ça, c’est quelque chose qui est troublant”, a-t-il insisté.

Il a profité de la question pour s’inscrire à nouveau comme l’unique choix progressiste pour la province.

“Les propos, les révélations des dernières semaines montrent que pour plusieurs personnes au Québec, le Bloc ne représente pas une option progressiste et j’ai voulu donner une ouverture que nous sommes l’option pour les gens qui veulent avoir une option progressiste.”

Transferts fédéraux en santé

Jagmeet Singh a aussi indiqué qu’il allait utiliser les transferts fédéraux en santé versés aux provinces pour influencer leurs décisions et encourager une meilleure offre de services.

M. Singh a confié au Winnipeg Free Press qu’il allait faire des pressions pour faire rouvrir une salle d’urgence dans cette ville, et il a lancé sa campagne en promettant de faire construire un nouvel hôpital à Brampton, en Ontario.

Mais la santé est une compétence provinciale, et M. Singh a admis jeudi qu’Ottawa n’a pas le pouvoir de forcer les provinces dans ce domaine.

Il a toutefois ajouté que le gouvernement fédéral “a le pouvoir d’être persuasif” et pourrait insister pour que des investissements en hausse se traduisent par de meilleurs services en santé.