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17/10/2020 11:17 EDT | Actualisé 17/10/2020 16:56 EDT

Installations de pêche incendiées: un possible suspect blessé

Le chef Mike Sack, de la première nation Sipekne'katik, croit que des pêcheurs commerciaux tentent de se faire justice eux-mêmes.

WEST PUBNICO, N.-É. — Un chef autochtone appelle le gouvernement fédéral à déployer l’armée dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse après un incendie suspect survenu dans la nuit de vendredi à samedi, sur fond de tensions croissantes entre pêcheurs.

Le détachement de la Gendarmerie royale du Canada à Yarmouth et le service d’incendie de Pubnico-Ouest ont été dépêchés vers minuit dans des installations de pêche au homard qui ont pris feu à Pubnico-Ouest.

Un homme lutte maintenant pour sa vie après avoir subi des blessures apparemment liées au brasier.

Le sergent Andrew Joyce de la police fédérale rapporte que le bâtiment était inoccupé lorsqu’il a pris feu, mais que l’hospitalisation de cet homme à Halifax semble être en lien avec l’incendie.

Il s’agit d’une personne d’intérêt dans le cadre de l’enquête sur cet incendie considéré comme suspect.

Ce désastre survient sur fond de tensions croissantes entourant une pêche autochtone «autoréglementée» dans la province.

Le chef Mike Sack, de la première nation Sipekne’katik, croit que des pêcheurs commerciaux tentent de se faire justice eux-mêmes.

«Ils font ce qu’ils veulent et ils s’en tirent sans conséquence, a-t-il décrié en entrevue. Il faut que l’armée intervienne pour garder la paix.»

Les installations incendiées appartiennent «à un ami et allié», a-t-il souligné, en rappelant qu’un membre de la communauté mi’kmaq a vu ses prises détruites à ce même endroit la semaine dernière.

Le ministre fédéral de la Sécurité publique a annoncé samedi avoir autorisé une renforcement de «la présence de personnel de la GRC sous contrat, selon les besoins, dans cette juridiction», à la demande du procureur général de la province.

«Je tiens à être clair : les tensions actuelles ne peuvent pas continuer. Le conflit doit être apaisé, maintenant», a-t-il déclaré dans un communiqué.

Il s’est dit persuadé que les récents actes de violence et autres dommages feront l’objet d’enquêtes approfondies et que les autorités demanderont des comptes aux responsables.

«Les menaces, la violence et l’intimidation doivent cesser. Nous devons tous reconnaître qu’un dénouement durable de ce conflit ne peut être conclu que s’il est ancré dans la reconnaissance des droits légitimes des Mi’kmaq issues des traités.»

Son homologue du ministère fédéral des Pêches, Bernadette Jordan, a abondé dans le même sens après s’être entretenue avec le chef Sack plus tôt dans la journée.

«Il est en colère et préoccupé pour son peuple, et avec raison. Comme j’ai dit au chef, ces personnes doivent être tenues responsables», a-t-elle déclaré.

Le chef du service d’incendie du district d’Eel Brook, Jonathan LeBlanc, affirme que le bâtiment est maintenant «une cause perdue».

Les pompiers ont réussi à protéger les bâtiments adjacents, rapporte-t-il, même si des lignes électriques ont compliqué leur travail.

À leur arrivée, la structure était déjà dévorée par les flammes, nourries par le vent.

Il est selon lui trop tôt pour en déterminer la cause, mais le bureau du commissaire des incendies fait enquête.

L’incident fait suite à de récents affrontements violents et à des dommages infligés à d’autres installations de pêche au homard dans le cadre d’un litige de longue date.

Les protestataires non autochtones s’opposent cette fois à la décision des Mi’kmaq de lancer une pêche commerciale au homard «autoréglementée» en septembre dernier - avant la saison prévue par la réglementation fédérale, vers la fin de novembre.

Ces derniers soutiennent toutefois que les peuples autochtones du Canada atlantique et du Québec ont le droit de pêcher où et quand ils le souhaitent, conformément à un arrêt de la Cour suprême du Canada de 1999, qui se base sur des traités signés par la Couronne au 18e siècle.

Mais de nombreux détracteurs non autochtones citent une clarification publiée quatre mois après l’arrêt de 1999 selon laquelle les droits issus de ces traités sont tout de même assujettis aux règles fédérales, afin d’assurer la conservation de la ressource, en consultation avec les Autochtones.

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