DIVERTISSEMENT
16/01/2020 11:47 EST | Actualisé 16/01/2020 11:49 EST

Normand Brathwaite s'exprime sur l'époque de «Piment fort» et la rectitude en humour

«On est encore dans un mouvement où les gens, les artistes, sont un peu moumounes...»

Radio-Canada

L’édition du mercredi 15 janvier des Enfants de la télé était entièrement consacrée à la longue et fructueuse carrière de Normand Brathwaite.

Une émission spéciale que la production a d’ailleurs dû cacher au principal intéressé, qui s’est pointé sur le plateau en pensant participer à une émission normale. Comme l’a expliqué André Robitaille, Normand Brathwaite aurait probablement refusé l’invitation s’il avait su qu’on allait lui rendre un tel hommage.


Évidemment, on ne peut survoler la carrière de Normand Brathwaite sans parler de Piment fort, véritable phénomène télévisuel des années 90 qui avait connu une courte renaissance en 2016 et en 2017.

Lors de son retour en ondes, le ton de l’émission avait évidemment dû être ajusté à la réalité d’aujourd’hui en faisant bien attention de ne pas dépasser la ligne inutilement, en évitant de s’acharner sur le cas d’une personnalité publique, ou en riant de ce dont on ne peut plus rire.

On le dit souvent, dans leur forme originale, des émissions d’humour comme Piment fort et RBO, qui se plaisaient à taper fort et à répétition sur le même clou, ne pourraient tout simplement pas exister aujourd’hui.

Même au somment de sa popularité, Piment fort avait connu sa part de scandales alors qu’elle fut souvent accusée d’aller trop loin dans la façon dont elle se moquait gratuitement de certains individus.

Une situation qui n’est pas sans rappeler le cas récent de Michel Olivier Girard, dont la parodie du Bye Bye 2019 avait entraîné une levée de boucliers de la part du public et de la communauté artistique, qui s’étaient rangés derrière le comédien en critiquant le fait que les auteurs avaient décidé de frapper sur lui plutôt que de se concentrer sur des célébrités et des politiciens qui méritaient davantage de se faire (gentiment) passer dans le tordeur.

Même s’il s’est réjoui de tout l’amour qu’il a reçu après coup, Michel Olivier David n’en avait pas tenu rigueur à la production du Bye Bye, avançant que «si tu ne vaux pas une risée, tu ne vaux pas grand chose».

Et Normand Brathwaite a abondé dans le même sens en revenant sur la petite histoire de Piment fort.

«C’est drôle tout ce qui est arrivé avec cette émission-là. Si tu veux faire une omelette, il faut que tu casses des oeufs», a-t-il drôlement expliqué.

«On est encore dans un mouvement où les gens, les artistes, sont un peu moumounes. Moi j’ai été la tête de Turc de RBO pendant longtemps, et c’est drôle mais ça ne me faisait rien, ça me faisait rire. Je me disais : ″Au moins, s’ils rient de moi, c’est parce que je veux dire quelque chose″.»

La question à savoir si on peut rire comme on veut de tout et de tout le monde risque de diviser et de déchaîner les passions pendant encore longtemps. La question du respect de la différence est évidemment fondamentale dans ce débat. Mais au final, tout repose sur la sensibilité, le vécu, le niveau d’autodérision et la volonté de jouer le jeu de tout un chacun.

Présents au moment de ce segment, Réal Béland et Vincent Léonard ont déclaré avoir tous deux adoré leur expérience lors de chacun de leurs passages sur le plateau de Piment fort, en retenant surtout la complicité entre les humoristes invités et le niveau de participation inégalé du public.

Les enfants de la télé est diffusée le mercredi à 20h, sur les ondes d’ICI Télé.

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