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19/08/2020 10:38 EDT

Québec ignore combien de places sont manquantes dans les maisons d'hébergement pour femmes

L’an dernier, pas moins de 15 000 demandes d’hébergement ont été refusées, faute de place.

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QUÉBEC — Au Québec, le nombre de places manquantes dans les maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale demeure une énigme.

Questionnée à ce propos mardi, la ministre de la Condition féminine, Isabelle Charest, a été incapable de donner un chiffre.

«Je n’ai pas cette information-là», a-t-elle admis, lors de l’étude des crédits budgétaires 2020-2021 alloués à la condition féminine.

La ministre devait défendre sa gestion et ses choix budgétaires, en répondant pendant deux heures aux questions de l’opposition.

La question du nombre de places à créer pour répondre aux besoins des maisons d’hébergement est venue de la porte-parole libérale en matière de condition féminine, la députée Isabelle Melançon, qui estime le nombre manquant à environ 1000 places.

«Il faut faire le choix des femmes. Il faut combler ces 1000 places-là», a fait valoir Mme Melançon.

La ministre Charest a rappelé que son gouvernement avait débloqué en mars dernier 120 millions $ sur cinq ans pour le réseau des maisons d’hébergement, soit «une avancée phénoménale», selon elle.

Mais cinq mois plus tard, il n’est toujours pas possible de savoir quelle proportion de cette somme servira à créer de nouvelles places ou plutôt si on préfère consolider le réseau existant.

Chose certaine, selon la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes, les sommes annoncées ne réussiront pas à combler tous les besoins. Au printemps, elle estimait le manque à gagner annuel à environ 43 millions $.

L’an dernier, pas moins de 15 000 demandes d’hébergement ont été refusées, faute de place.

La ministre Charest n’a pas pu dire non plus si le nombre de signalements de violence conjugale avait augmenté ou diminué depuis le début de la pandémie.

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