8 mythes qu'il faut arrêter de croire sur les vaccins contre la COVID-19

Modification de l'ADN, réactions graves, développement trop rapide: la désinformation est partout.
Les experts déconstruisent des mythes sur la vaccination contre la COVID-19.
Les experts déconstruisent des mythes sur la vaccination contre la COVID-19.

Le développement et l’approbation rapides des vaccins contre la COVID-19 ont été vraiment remarquables. Aux États-Unis seulement, des millions de personnes ont déjà reçu au moins une dose des vaccins Pfizer/BioNTech ou Moderna (deux doses sont nécessaires pour les deux). Et les experts en santé publique travaillent d’arrache-pied pour améliorer la distribution.

Un obstacle rencontré a été l’hésitation et la méfiance à l’égard des vaccins. Aux États-Unis, par exemple, les sondages suggèrent qu’entre 50% et 70% des Américains prévoient de se faire vacciner complètement contre le COVID-19. Au Canada, se serait près des deux tiers.

Le HuffPost s’est entretenu avec plusieurs experts à propos des plus grands mythes qui circulent encore sur les vaccins...

Mythe n° 1: les vaccins COVID-19 ont été «faits en accéléré», de sorte qu’ils pourraient toujours être dangereux.

La vitesse de création des vaccins était sans précédent, mais cela ne signifie pas que les chercheurs ont sauté des étapes importantes.

«Ces vaccins n’ont pas été “précipités” à travers le développement», explique Linda Yancey, spécialiste des maladies infectieuses au Memorial Hermann Health System au Texas.

Au lieu de cela, les fabricants de médicaments et le gouvernement ont tout simplement éliminé bon nombre des inefficacités bureaucratiques qui ralentissent généralement le processus, souligne-t-elle.

En outre, les fabricants de médicaments ont pu abandonner tout ce sur quoi ils travaillaient et confier à tous leurs scientifiques cette tâche 24 heures sur 24, ajoute Yancey.

Cela dit, «il y a des parties du développement des vaccins que vous ne pouvez pas accélérer. Vous ne pouvez pas précipiter les essais de sécurité, et c’est pourquoi nous avons attendu, puis ils ont publié ces résultats cet été», note Yancey à propos de ces essais de phase 1 et de phase 2.

«Ensuite, vous ne pouvez pas précipiter les essais d’efficacité, c’est donc ce que nous attendions à l’automne», dit-elle, faisant référence aux essais de phase 3 à plus grande échelle. «Et cela s’est vraiment très bien passé.»

En outre, les agences comme les Centers for Disease Control and Prevention et la Food and Drug Administration aux États-Unis continuent de surveiller la sécurité des vaccins COVID-19 en temps réel au fur et à mesure que les vaccins sont distribués - non pas parce qu’ils craignent qu’ils n’aient pas été suffisamment étudiés, mais en tant que couche (habituel!) de protection supplémentaire.

Mythe n° 2: Vous pouvez contracter la COVID-19 à cause du vaccin.

Aucun des vaccins dont l’utilisation aux États-Unis ou au Canada n’a été approuvée ne contient le virus vivant qui cause la COVID-19.

Ce qui signifie qu’il n’est tout simplement pas possible de tomber malade avec la COVID-19 en raison du vaccin.

C’est une idée fausse rattachée également à d’autres vaccins, comme le vaccin contre la grippe. De nombreuses personnes se sentent mal après avoir été vaccinées contre la grippe et croient être porteuses du virus lui-même. Mais le vaccin contre la grippe est en fait fabriqué à partir de virus inactivés ou «morts».

De même, après avoir été vaccinés contre la COVID-19, il est courant de développer des symptômes qui peuvent sembler similaires à ceux des personnes infectées, mais ce n’est pas la même chose.

«Vous allez avoir une belle réponse immunitaire rapide», a déclaré Yancey. «Alors oui, votre bras peut vous faire mal. Oui, vous allez probablement avoir de la fièvre et avoir mal pendant quelques jours. C’est une bonne chose. Cela signifie que vous obtenez une bonne absorption immunitaire et que vous obtiendrez ce niveau de protection élevé.»

Mythe n° 3: Les vaccins peuvent modifier votre ADN.

Les vaccins approuvés contre les coronavirus utilisent de l’ARN messager, ou ARNm. Cette technologie enseigne aux cellules du corps à fabriquer un morceau inoffensif de la «protéine de pointe» trouvée à la surface du virus SARS-CoV-2. Cela déclenche une réponse immunitaire qui produit des anticorps, protégeant contre l’infection de COVID-19.

Mais les vaccins à ARNm n’interagissent pas avec l’ADN d’une personne.

«Cet ARN messager entre simplement dans la partie externe de notre cellule, appelée le cytoplasme. Il n’entre pas dans le noyau, donc il n’a pas accès à notre ADN.»

- Nicole Iovine, chef de l’épidémiologie à l’hôpital Shands de l’Université de Floride.

«Une chose que j’entends qui inquiète les gens, c’est que cela va avoir un impact sur leur ADN, et je peux voir pourquoi les gens feraient une telle connexion», constate Nicole Iovine, chef de l’épidémiologie à l’hôpital Shands de l’Université de Floride. «Mais il y a un certain nombre de raisons pour lesquelles cela ne peut pas arriver.»

D’une part, notre ADN est protégé par une membrane qui empêche les choses de passer facilement, a-t-elle expliqué. «Cet ARN messager entre simplement dans la partie externe de notre cellule, appelée le cytoplasme. Il n’entre pas dans le noyau, donc il n’a pas accès à notre ADN.»

De plus, l’ARN messager ne reste même pas très longtemps dans nos cellules, précise Iovine.

Mythe # 4: Les vaccins COVID-19 provoquent l’infertilité.

Au Québec, le site de référence du gouvernement indique que «la vaccination des enfants et des femmes enceintes sera déterminée en fonction d’études à venir sur la sécurité et l’efficacité des vaccins chez ces personnes». En Ontario, les femmes enceintes et allaitantes pourront être vaccinées.

L’American College of Obstetricians and Gynecologists recommande que les femmes enceintes ou qui allaitent reçoivent le vaccin COVID-19, bien qu’il n’y ait pas encore eu d’essais spécifiquement réalisés dans cette population.

Les experts consultés soulignent qu’il n’y a absolument aucune preuve que le fait de se faire vacciner provoque l’infertilité. C’est un mensonge souvent répandu par les militants anti-vaccination à propos de divers vaccins, a déclaré Yancey.

Les experts soulignent qu’il n’y a absolument aucune preuve que le fait de se faire vacciner provoque l’infertilité. C’est un mensonge souvent répandu par les militants anti-vaccination à propos de divers vaccins, fait valoir Linda Yancey.

Même que se faire vacciner contre le COVID-19 pourrait être très important pour les mamans et leurs bébés.

«Je pense qu’une des choses dont on ne parle pas est le bénéfice potentiel pour les fœtus et les bébés», a déclaré Linda Eckert, obstétricienne-gynécologue et spécialiste des maladies infectieuses chez UW Medicine à Washington. «Nous prévoyons qu’il y a des anticorps qui traverseront le sang du cordon ombilical vers le bébé et offriront une certaine protection. Et aussi qu’il devrait passer par le lait maternel et offrir une protection.»

Eckert ajoute que le manque d’essais sur les femmes enceintes et la vaccination contre la COVID-19 n’est pas un signe que les chercheurs craignent nécessairement qu’ils ne soient pas en sécurité pour cette population. C’est simplement parce que de tels essais ont longtemps exclu les femmes enceintes.

«Le manque de données ne signifie pas que nous sommes préoccupés par les préjudices; le manque de données est une indication des systèmes et des hypothèses qui existent depuis longtemps et qui, je l’espère, vont être réexaminés», dit-elle.

Mythe n° 5: Vous n’êtes pas obligé de vous faire vacciner si vous avez déjà eu la COVID-19.

Le CDC dit que quiconque a eu le COVID-19 et s’est rétabli (et se qualifie par ailleurs pour la vaccination) devrait se voir offrir le vaccin - bien que l’agence ajoute que la réinfection est peu probable dans les 90 premiers jours, il peut donc être logique d’attendre quelques mois.

En partie, c’est parce qu’il reste encore beaucoup de questions sur la durée de l’immunité naturelle et sur sa robustesse. Mais les preuves montrent que les vaccins sont très efficaces pour provoquer une réponse immunitaire significative.

«Lorsque vous recevez le vaccin, parce que vous faites simplement la réponse immunitaire à la partie de la protéine de pointe - qui est la cible pour prévenir l’infection - votre réponse immunitaire est entièrement axée sur la réponse à cette partie clé du virus. Donc, vous obtenez cette réponse vraiment, vraiment forte et vraiment ciblée contre la bonne partie», détaille Iovine. «C’est pourquoi les personnes qui ont eu une infection à la COVID devraient bénéficier du vaccin.»

Mythe n° 6: Une fois vacciné, vous ne pouvez plus propager le virus.

Les deux vaccins COVID-19 mettent du temps à être pleinement efficaces, car ils nécessitent deux doses assez espacées: 21 jours entre les doses pour le vaccin Pfizer et 28 jours pour Moderna . Même après le deuxième rappel, l’immunité totale n’est pas immédiate. Les essais ont mesuré l’efficacité du vaccin Pfizer dans la prévention de la propagation des symptômes sept jours après la deuxième dose et 14 jours après la deuxième dose du vaccin Moderna.

Ainsi, les personnes qui ont déjà retroussé leurs manches doivent prendre toutes les précautions habituelles entre-temps.

De plus, il n’est pas encore clair que ces vaccins empêchent les individus de transmettre le virus à d’autres. À l’heure actuelle, les données montrent seulement qu’ils sont efficaces pour empêcher la personne qui a reçu les deux doses de développer des symptômes graves. Cela signifie qu’il est possible qu’une personne entièrement vaccinée soit exposée au coronavirus, soit infectée sans aucun symptôme extérieur, puis transmette le virus.

Par conséquent, il est essentiel que les mesures de santé publique telles que le port du masque, le lavage des mains et la distanciation restent en place.

Mythe n° 7: Les réactions sévères aux vaccins COVID-19 sont courantes.

Il est alarmant d’entendre que des personnes ont eu des réactions graves à la vaccination contre la COVID-19, mais le pourcentage de personnes qui ont eu ces réponses est faible. Fin décembre, le CDC a déclaré qu’il examinait environ 21 cas d’anaphylaxie (une réponse immunitaire mettant la vie en danger) après que plus de 1,8 million de doses du vaccin Pfizer eurent été administrées.

Des réactions allergiques plus légères sont possibles dans les quatre heures suivant l’injection, selon le CDC . Et l’agence exhorte toute personne ayant eu des réactions allergiques à d’autres vaccins à parler à leur médecin de ce que cela implique pour la vaccination COVID-19. On stipule également que tout le monde, quel que soit son état de santé, doit être surveillé pendant au moins 15 minutes après avoir reçu une dose.

Mythe n° 8: Vous devriez attendre de pouvoir choisir le type exact de vaccin que vous souhaitez.

Iovine affirme qu’elle répond régulièrement aux questions de patients qui se demandent s’ils devraient choisir le vaccin Moderna plutôt que le vaccin Pfizer ou vice versa.

Mais c’est vraiment un mythe qu’il existe une différence significative entre les deux à ce stade - ou que les gens devraient attendre l’un plutôt que l’autre.

«Nous ne faisons pas de distinction entre eux, car ils semblent se comporter de la même manière», a déclaré Iovine. «Alors quoi qu’on vous offre, vous devriez absolument l’obtenir.»

Ce texte initialement publié sur le HuffPost États-Unis a été traduit de l’anglais.

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