POLITIQUE
06/10/2020 12:21 EDT | Actualisé 06/10/2020 15:37 EDT

Excuses officielles de François Legault à la famille de Joyce Echaquan

«Le service public québécois a failli à son devoir envers elle.»

Graham Hughes/La Presse canadienne
Manifestation contre le racisme systémique à Montréal

Dans le décor solennel du Salon bleu de l’Assemblée nationale, le premier ministre François Legault a présenté ses excuses officielles, mardi, à la famille de Joyce Echaquan, cette Autochtone issue de la communauté atikamekw de Manawan décédée dans des circonstances troublantes.

La déclaration du premier ministre, faite au nom du gouvernement du Québec, est survenue le jour même des funérailles de Mme Echaquan.

La mère de sept enfants âgée de 37 ans est morte le 28 septembre, à l’hôpital de Joliette, dans des circonstances qui avaient ému et révolté toute la société québécoise.

Juste avant de mourir, de son lit d’hôpital, Mme Echaquan avait réussi à filmer les insultes proférées et les propos racistes tenus par le personnel hospitalier à son égard. La vidéo avait eu une large audience sur Facebook.

“Cela ne veut pas dire que la nation québécoise est raciste”, a dit M. Legault, qui refuse toujours de parler de racisme systémique au Québec, tout en affirmant vouloir agir pour combattre le racisme “sous toutes ses formes”.

Le geste du premier ministre présenté sous forme de motion après la période de questions a été précédé d’une motion de condoléances adoptée à l’unanimité et présentée par la porte-parole de Québec solidaire, la députée Manon Massé. La motion a été suivie d’une minute de silence.

Plus tôt, sur son fil Twitter, M. Legault avait écrit que le Québec lui devait des excuses parce que le “service public québécois a failli à son devoir envers elle”.

Ce n’est pas la première fois que le premier ministre Legault présente ses excuses aux Autochtones en Chambre. Il l’avait fait il y a exactement un an, en octobre 2019, pour les préjudices graves subis au cours des ans par les Premières Nations.

La société québécoise a manqué à son devoir envers les Autochtones, avait-il aussi reconnu alors, en leur demandant publiquement pardon.

Plusieurs leaders des Premières Nations s’étaient déplacés, dans les tribunes réservées aux visiteurs, pour entendre ce qu’il avait à dire.

Mardi, au contraire, il n’y avait personne, pandémie oblige. L’Assemblée nationale est fermée aux visiteurs depuis le mois de mars.

La présentation d’excuses publiques par le chef du gouvernement du Québec faisait partie des recommandations formulées dans le rapport de la Commission Viens sur les relations entre le Québec et les Autochtones, rendu public quelques jours plus tôt.