POLITIQUE
01/09/2020 14:56 EDT | Actualisé 01/09/2020 14:57 EDT

Montréal veut encourager les employeurs à ramener leurs travailleurs au centre-ville

Selon Valérie Plante, le taux d’occupation des tours de bureaux est en ce moment entre 5% et 10%.

Olga Matveeva via Getty Images
Le PDG de la Chambre de commerce veut que les gouvernements traitent le centre-ville comme un secteur économique. (Photo d'archives)

La Ville de Montréal veut convaincre les grands employeurs de ramener leurs travailleurs au centre-ville pour relancer l’économie de ce quartier de la métropole.

La mairesse Valérie Plante a présenté mardi matin une mise à jour de son plan de relance économique pour la métropole. La vitalité du centre-ville a occupé une place importante de sa conférence de presse.

«On est préoccupé [par le centre-ville]. Il vit d’habitude au rythme des milliers de travailleurs, du tourisme et des étudiants étrangers, trois éléments durement touchés [par la pandémie de COVID-19]», a affirmé la mairesse, qui était accompagnée par un comité aviseur formé d’experts économiques.

Mme Plante a déclaré qu’elle évalue en ce moment le taux d’occupation des tours de bureaux à entre 5% et 10%. Selon les consignes de la santé publique, les tours de bureaux peuvent accueillir jusqu’à un maximum de 25% de leurs occupants.

Le président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc, a indiqué qu’il voudrait que les institutions qui relèvent des gouvernements permettent à leurs employés de travailler dans leurs bureaux du centre-ville.

Coup de pouce des gouvernements demandé

La mairesse Plante a réitéré sa demande d’aide auprès des gouvernements provincial et fédéral. Elle estime que Montréal «ne pourra pas y arriver seule» pour aider ses commerçants puisque la Ville ne peut pas faire de déficit.

«La Ville de Montréal n’a pas la capacité, entre autres financière, de pouvoir tout soutenir. C’est impossible. D’une certaine manière, on a  besoin du soutien des paliers supérieurs pour nous aider à prendre notre envol. Ce qu’on demande à Ottawa et Québec, c’est de l’aide économique à moyen terme», a-t-elle mentionné, en donnant en exemple des assouplissements fiscaux à des commerces que pourrait accorder le gouvernement provincial.

M. Leblanc veut aussi que les gouvernements traitent le centre-ville comme un secteur économique, au même titre que l’aéronautique, par exemple. Ceci permettrait une approche sectorielle dans l’aide offerte par les deux paliers.

Depuis le début de la pandémie, la Ville a octroyé 20 millions $ en aide directe pour les commerçants. 

Une économie résiliente

Bien que la pandémie ait eu des impacts significatifs, Montréal fait bonne figure au niveau du taux d’emploi en comparaison avec les 19 autres grandes métropoles des États-Unis et du Canada.

Avec une baisse de l’emploi estimée à 5,7 % entre février et juillet 2020, Montréal se classe au deuxième rang de la plus faible variation de l’emploi, selon Montréal International. Seule Phoenix, en Arizona, montre des chiffres moins négatifs que Montréal.


Outre le sous-comité sur la relance et la vitalité du centre-ville, le comité aviseur de Valérie Plante est aussi formé d’un sous-comité pour trouver des solutions pour renforcer l’attractivité des entreprises montréalaises et un qui se penchera sur la relance du secteur commercial.

Le sous-comité qui travaille sur l’attractivité de la ville déposera au cours des prochaines semaines un document sur les résultats de ses rencontres avec des acteurs économiques. 

Le président-directeur général de Montréal International, Stéphane Paquet, qui pilote ce sous-comité en compagnie de la vice-présidente de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Kim Thomassin, a déjà dévoilé quatre éléments qui font consensus.

Il a indiqué que leur document proposera une «grande corvée» de formation pour le secteur du numérique, un peu comme l’a fait le gouvernement avec la formation pour les préposés aux bénéficiaires. 

Parmi les autres points qui revenaient dans leurs rencontres, M. Paquet a souligné la reprise des missions à l’étranger quand les restrictions sanitaires  liées aux voyages seront retirées, le besoin de doter Montréal d’une image de marque à saveur plus économique à l’international et la volonté de convaincre Ottawa d’adopter une politique de l‘aéronautique.