POLITIQUE
21/08/2019 19:20 EDT | Actualisé 22/08/2019 07:28 EDT

Montréal: Ottawa promet 50 M $ pour le projet de «Grand Parc de l'Ouest »

Le gouvernement fédéral y voit une façon de protéger l’île contre les inondations.

Zhou Jiang via Getty Images

MONTRÉAL — Le projet de la Ville de Montréal d’aménager le «Grand Parc de l’Ouest», qui serait le plus grand parc urbain du pays, a reçu un financement de 50 millions $ du gouvernement fédéral, qui y voit une façon de protéger l’île contre les inondations.

Le premier ministre Justin Trudeau a annoncé l’investissement de son gouvernement mercredi à Montréal, en compagnie de la mairesse Valérie Plante et du ministre fédéral de l’Infrastructure, François-Philippe Champagne.

Ce vaste parc urbain sera situé à Pierrefonds-Roxboro dans l’Ouest de la ville de Montréal. Mme Plante avait déjà partagé ce projet avec ses citoyens récemment, mais l’argent du fédéral permet de le solidifier.

Le parc doit couvrir une superficie de 30 kilomètres carrés et serait alors 15 fois plus grand que le parc du Mont-Royal et huit fois plus grand que Central Park à New York.

«C’est une bonne nouvelle pour l’environnement et pour les Montréalais qui tentent de s’adapter à un climat changeant», a lancé le premier ministre.

Les Montréalais ont subi deux inondations majeures depuis le printemps de 2017 et les coûts associés au nettoyage et parfois même à la reconstruction de leurs propriétés. Ce parc, qualifié «d’infrastructure naturelle» par la mairesse - par opposition à des structures comme des digues -, permettra de préserver des milieux humides et de bonifier l’aménagement des émissaires pluviaux afin de protéger la population avoisinante contre les crues printanières, dit-elle.

Ces aménagements bonifiés, stations de pompage et clapets, aideront à prévenir les débordements printaniers de la rivière des Prairies dans ce secteur de l’Île, précise-t-on.

Fait à noter: les 50 millions $ proviendront du Fonds d’atténuation et d’adaptation en matière de catastrophes, créé en 2017. Ce fonds fédéral vise à aider les communautés à construire les infrastructures dont elles ont besoin pour mieux résister aux phénomènes météorologiques extrêmes comme les inondations, les incendies de forêt, les tremblements de terre et les sécheresses.

À voir: le parc Frédéric-Back, un exploit de réhabilitation environnementale

 

«Il vaut mieux investir dans l’aide aux changements climatiques plutôt que de devoir indemniser année après année les victimes», a ajouté le ministre Champagne.

Ce grand parc doit relier l’île Bizard au parc-nature du Cap-Saint-Jacques, en passant par le parc-nature de l’Anse-à-l’Orme, le parc-agricole du Bois-de-la-Roche et l’Arboretum Morgan. Le projet comprend des fermes de production maraîchère biologique, des sentiers de randonnée pour piétons et cyclistes ainsi qu’un lien fluvial reliant l’île Bizard à Pierrefonds-Ouest.

Avec cet investissement, le fédéral «confirme aussi l’importance d’agir dès maintenant pour assurer la sécurité des personnes, des biens, et des infrastructures lors des importantes crues printanières», a souligné la mairesse.

Le coût total de la facture pour ce parc n’est pas encore déterminé.

Le budget préliminaire a toutefois a été établi à 125 millions $ et la part du fédéral est de 40 pour cent de ce coût, pour un maximum de 50 millions $, que Montréal pourra toucher dans son entièreté si elle investit elle-même 75 millions $.

Si la ville possède déjà bon nombre des terrains qu’elle veut inclure dans son projet, d’autres appartiennent à des individus privés, dont des promoteurs immobiliers. Elle doit donc acheter les terrains manquants. Montréal vient d’ailleurs de recevoir une mise en demeure de promoteurs qui ne veulent pas que leur projet immobilier soit compromis par la création du parc.