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02/04/2020 08:11 EDT | Actualisé 02/04/2020 08:12 EDT

Coronavirus: les jeunes montréalais plus touchés par l'épidémie

«Les jeunes doivent respecter encore plus les règles de distanciation», a rappelé la directrice régionale de la santé publique.

Ryan Remiorz/La Presse canadienne via AP
Montréal est la ville canadienne avec le plus de cas de COVID-19. (photo d'archives)

MONTRÉAL — Les jeunes adultes montréalais sont les plus touchés par la COVID-19, ce qui fait d’eux les plus importants vecteurs de transmission dans la communauté.

La directrice régionale de la santé publique de Montréal, Dre Mylène Drouin, a déclaré ne pas être inquiète de ce constat, mais elle appelle les jeunes à respecter sérieusement les consignes.

«Les jeunes doivent respecter encore plus les règles de distanciation parce qu’ils peuvent être des vecteurs de transmission importants dans la population», a-t-elle insisté mercredi.

Au sujet de la répartition démographique des cas confirmés à Montréal, Dre Drouin croit que les chiffres élevés chez les moins de 50 ans peuvent expliquer le faible taux d’hospitalisation jusqu’ici.

Les adultes de moins de 50 ans représentent 53,2 % des personnes atteintes de la COVID-19 sur l’île de Montréal et la tranche d’âge la plus contaminée est celle des 20-29 ans, selon les données dévoilées par la santé publique.

Selon le plus récent bilan, en date de mardi soir, on compte maintenant 2097 cas confirmés de personnes ayant contracté la maladie à COVID-19 à Montréal. On déplore 14 décès liés à l’épidémie à ce jour.

Cas confirmés à Montréal par tranche d’âge

  • 0-19 ans: 121 cas
  • 20-29 ans: 380 cas 
  • 30-39 ans: 374 cas 
  • 40-49 ans: 357 cas
  • 50-59 ans: 342 cas
  • 60-69 ans: 258 cas
  • 70 ans+: 259 cas

En matière d’hospitalisations, 132 patients sont actuellement traités à Montréal, dont 26 dans des unités de soins intensifs.

Face à ces nouvelles données, la directrice de la santé publique s’est réjouie d’observer une certaine stabilité dans la progression de l’épidémie. Toutefois, un retard dans l’analyse des tests de dépistage pourrait éventuellement venir noircir le tableau.

De manière géographique, le territoire couvert par le CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal compte près de deux fois plus de cas par 100 000 citoyens que tous les autres secteurs de l’île.

À VOIR: le point de presse de la santé publique de Montréal


Le taux de contamination par 100 000 personnes s’élève à 139,9 cas dans cette zone contre 84,3 dans la deuxième zone la plus touchée, soit le CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal.

Pas de bouclage d’arrondissements

Plusieurs personnes ont soulevé la possibilité de confiner l’île de Montréal en fermant les ponts ou encore de boucler certains arrondissements pour éviter la propagation du coronavirus.

Dre Mylène Drouin a fermé la porte à ces possibilités en confirmant que presque l’ensemble des arrondissements sont entrés dans une phase de transmission communautaire du virus.

«Les cordons sanitaires, ces mesures-là sont indiquées pour protéger un territoire où il n’y a pas de transmission communautaire», a-t-elle précisé. Par ailleurs, la situation en périphérie de Montréal, à Laval et en Montérégie, se compare à celle de la métropole ce qui rendrait peu utile ce confinement.

Les parcs demeurent ouverts

Plus tôt dans la journée, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, a menacé publiquement de fermer les parcs si les citoyens continuent de s’y rassembler en groupes et ne respectent pas les règles d’éloignement physique.

En conférence de presse, Dre Drouin a donné une dernière chance aux Montréalais de profiter des espaces verts tout en prévenant que davantage de policiers allaient maintenant patrouiller les parcs pour veiller au respect des consignes.

«Nous ne souhaitons pas fermer les parcs. S’il-vous-plaît, respectez les consignes, ça va nous permettre de les garder ouverts beaucoup plus longtemps», a-t-elle imploré.

Nettoyer et sécuriser les multiplex

De nouvelles mesures d’hygiène seront imposées aux propriétaires d’immeubles à logements multiples où les résidants partagent des aires communes. Comme des ascenseurs, des escaliers et des halls d’entrée.

La santé publique souhaite notamment que l’on rehausse la sécurité pour éviter que des visiteurs qui ne devraient pas s’y trouver ne puissent pas entrer.

Des immeubles où vivent des personnes testées positives à la COVID-19 vont également être ciblés pour assurer un nettoyage rigoureux des espaces communs.

À VOIR: le point Champlain se transforme en arc-en-ciel