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27/07/2019 14:12 EDT | Actualisé 27/07/2019 14:20 EDT

Montréal est une étape importante pour les groupes de métal

La désignation officielle de Montréal comme ville d’excellence pour la musique métal en avril dernier a généré des réactions remarquables selon Craig Sauvé, le conseiller municipal qui a fait adopter cette motion.

AarStudio via Getty Images

MONTRÉAL — Le conseiller municipal qui a fait adopter en avril une motion pour désigner officiellement Montréal comme ville d’excellence pour la musique métal souligne que les réactions ont été remarquables.

«Beaucoup de gens en parlent, des citoyens de notre ville jusqu’aux adeptes de métal du monde entier, dit Craig Sauvé, lui-même un passionné de heavy métal et un musicien. Les gens apprécient beaucoup cette reconnaissance, en particulier sur la scène métal, où les métalleux ont le sentiment que leur culture n’est pas respectée et mise à l’écart.»

Montréal accueille ce week-end le 10e Heavy Montréal qui se déroule au parc Jean-Drapeau. Parmi les têtes d’affiche figurent les groupes Slayer, Ghost, Anthrax et Evanescence.

Même si la désignation n’a pas été accompagnée d’avantages financiers, les observateurs de la scène métal sont persuadés que cette «vibration positive» apportera d’importants dividendes pour les musiciens locaux.

«Cela aide à remplir les bars, cela aide les promoteurs, cela aide les groupes, soutient Jimmy Kay, un Montréal qui dirige Metal Voice, une chaîne YouTube diffusant du heavy métal. Quand j’interviewe des groupes, ils sont au courant, ils en ont entendu parler.»

Les groupes québécois partagent une base d’admirateurs loyaux et bien informés qui remplissent les salles.

«Quand on parle à des groupes qui existent depuis 30 ou 40 ans, ils reconnaissent que sans Montréal, il n’existerait pas aujourd’hui. C’est ici que tout le monde vient les entendre, dit M. Kay. Les fans sont toujours là pour eux.»

Daniel Glick, directeur des concerts et des événements chez le promoteur de concerts Evenko, organisateur de Heavy Montréal, mentionne que l’entreprise présente une centaine de spectacles de métal par année. Selon lui, la motion adoptée par la ville est un véritable «sceau d’approbation».

«Au fil des années, de nombreux groupes de métal et de hard rock ont vraiment très bien réussi ici: Black Sabbath, Iron Maiden, Metallica. Montréal est certainement l’un de leurs principaux marchés, soutient-il. Cela a peut-être changé leur façon de donner leurs concerts. Ce n’est pas comme aller dans une autre ville américaine ou canadienne. Les fans sont à la fois extrêmement passionnés et respectueux. Cela explique cette relation [entre les groupes et Montréal] depuis le tout début du métal.»

Le groupe local Sword fait sa marque depuis les années 1980. Pour l’un de ses membres, Rick Hughes, les adolescents qui venaient à ses concerts, il y a quelques décennies, reviennent encore les entendre aujourd’hui.

Ce natif de Saint-Bruno-de-Montarville raconte qu’après le dernier concert du groupe à Montréal, les fans ont attendu pendant deux heures pour obtenir des autographes. En leur parlant, Hugues a appris que ses jeunes admirateurs des années 1980 étaient devenus ingénieurs, pilotes ou entrepreneurs. Certains avaient amené leurs propres enfants pour voir jouer son groupe.

«Vous ne trouvez que cela dans le métal. L’enthousiasme de la foule montréalaise est sans pareil», dit-il.

La scène montréalaise comprend des groupes locaux comme Cryptopsy et Kataklysm, mais elle a également attiré des formations de partout au Québec. Voivod, le plus célèbre groupe de métal du Québec, a été fondé à Jonquière avant de s’installer à Montréal au milieu des années 1980.

Un des actuels guitaristes de Voivod, Daniel «Chewy» Mongrain soutient qu’il est essentiel pour ces groupes d’être à Montréal. «C’était bien de jouer dans notre région, mais il fallait s’installer à Montréal pour rencontrer d’autres musiciens. C’est ici que se déroule l’action.»

Devant faire face à l’essor du grunge, le métal a subi une perte de popularité dans les années 1990. C’était une époque difficile pour les métalleux. Il n’existait pas encore de gros festival, mais les fans montréalais sont demeurés fidèles.

«C’était une petite communauté, mais chaque fois qu’il y avait un spectacle, il y avait un tas de gens. C’était comme une fraternité, se souvient Mongrain. C’était une scène underground très vivante, mais toujours très underground.»

Rick Hughes croit qu’il était temps que l’on reconnaisse l’importance du heavy métal à Montréal. À l’instar du jazz, ce son a contribué à définir la ville, soutient-il.

«C’est une musique qui vieillit bien grâce à son intensité. Ce n’est pas de la pop, ce n’est pas la saveur du jour. Le jazz n’est pas la saveur du jour, c’est du jazz. Et le métal demeure le même: c’est du métal.»

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