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26/05/2020 16:56 EDT | Actualisé 26/05/2020 18:48 EDT

Montréal adapte son plan contre la chaleur accablante en mode pandémie

Combattre la chaleur sans favoriser la transmission de la COVID-19 représente un important défi, a reconnu la directrice régionale de la santé publique de Montréal.

La Presse canadienne/Ryan Remiorz
Des Montréalais sur la rue Sainte-Catherine le 25 mai, jour de réouverture des commerces dans la métropole.

Un nouvel obstacle se dresse devant les autorités de santé publique dans la métropole alors qu’une vague de chaleur prématurée déferle sur Montréal. Un «plan chaleur» adapté à la réalité de la COVID-19 a été dévoilé mardi et sera déployé dans les prochains jours.

La directrice régionale de la santé publique de Montréal, Dre Mylène Drouin, a tenu une conférence de presse légèrement différente de ce à quoi elle nous a habitués depuis le début de la pandémie du coronavirus. Pour une fois, ce n’était pas le virus, mais la chaleur qui retenait l’attention.

La spécialiste de la santé publique a reconnu que la gestion en soupesant les deux risques, c’est-à-dire combattre la chaleur sans favoriser la transmission de la COVID-19, représente un important défi.

“Pour nous, le risque lié à la chaleur est un risque immédiat à la santé. Lorsqu’arrive une vague de chaleur extrême, l’impact peut être fatal chez des personnes très vulnérables comme celles en CHSLD”, a déclaré la directrice régionale de la santé publique. Les vagues de chaleur qui surviennent tôt en début de saison estivale seraient même plus dommageables.

Dre Drouin a rappelé les règles élémentaires afin de combattre la chaleur, soit de boire beaucoup d’eau, de rester au frais, si possible dans des lieux climatisés, sinon de se rafraîchir avec des serviettes d’eau froide, des douches fraîches ou des bains frais.

De plus, une demande a été adressée à la Ville de Montréal afin que les jeux d’eau dans les parcs soient remis en fonction le plus tôt possible. La Ville a confirmé par voie de communiqué que “les arrondissements ouvriront graduellement leurs jeux d’eau” dès maintenant.

En réponse à une question en anglais, Dre Drouin a tenu à rassurer les parents sur le fait que l’eau n’est pas un vecteur de transmission de la maladie. En revanche, il demeure impératif de respecter une distance de deux mètres entre les personnes.

“Les gens devraient y aller en famille pour se rafraîchir un petit moment, sans y passer toute la journée, puis laisser la place à une autre famille”, a-t-elle suggéré.

Les discussions se poursuivent au sujet de l’ouverture éventuelle des piscines publiques, mais le plan concernant l’organisation sécuritaire des lieux ne serait pas encore prêt.

On cherche aussi à coordonner l’ouverture d’espaces frais à l’intérieur, où les gens habitants dans des logements non climatisés pourraient se réfugier quelques heures.

Parallèlement au plan d’action contre la chaleur, Dre Mylène Drouin s’est réjouie de voir que la propagation de la COVID-19 continue de ralentir à Montréal malgré une forte hausse du nombre de tests de dépistage effectués.

À ce sujet, les heures d’ouverture des unités mobiles de dépistage seront réduites de 10h00 à 14h00.

Des mesures particulières seront également prises pour soutenir les personnes forcées de s’isoler parce qu’elles ont été contaminées ou qu’elles ont été en contact avec une personne contaminée qui n’ont pas accès à un endroit frais.

Les CHSLD s’adaptent

Caroline Dusablon, coordonnatrice régionale des mesures d’urgence au CIUSSS Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal (CCSMTL), a assuré que les lieux d’hébergement de soins de longue durée sont présentement à l’oeuvre pour munir les chambres de ventilateurs ou d’appareils de climatisation.

“Les adaptations ne pouvaient pas être effectuées avant de recevoir les recommandations de l’Institut national de la santé publique (INSPQ)”, a-t-elle d’abord précisé en indiquant que ces informations n’ont été reçues que lundi soir.

Une directive ministérielle a également été transmise mardi après-midi pour informer les administrateurs des CISSS et des CIUSSS qu’il est “approprié d’ajouter de la climatisation ou des ventilateurs sur pied” dans les établissements de soins.

Une directive accueillie comme “une bonne nouvelle” par Caroline Dusablon.

Dre Mylène Drouin reconnaît, comme l’a fait l’INSPQ, qu’il existe un risque sur la possibilité que les ventilateurs augmentent la propagation des gouttelettes dans l’air. Il n’existerait cependant que très peu d’études exhaustives à ce sujet. Des consignes ont tout de même été rédigées visant à encadrer l’utilisation et le positionnement des appareils.

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