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Mon ex et moi sommes coparents en période de pandémie, et c'est plein de défis inattendus

Ajoutez à cela l’école à distance et les restrictions liées au coronavirus, et vous avez un tout nouvel ensemble de normes à gérer.
«Notre vie est compliquée, mais je n’ai jamais été aussi heureuse», écrit l’autrice.
«Notre vie est compliquée, mais je n’ai jamais été aussi heureuse», écrit l’autrice.

En mars, lorsque la COVID-19 a frappé, forçant la fermeture d’écoles en Californie, j’ai été confrontée à un défi inattendu. Alors qu’Internet explosait de mèmes et de publications à propos de l’école à distance, il y avait aussi beaucoup de coparents comme moi qui paniquaient en réalisant rapidement qu’ils n’avaient plus l’école comme tampon et comme degré de séparation entre les ménages.

Je me suis récemment remariée et la famille de mon nouveau mari s’est mêlée à la mienne; nous élevons maintenant en coparentalité nos trois enfants issus de relations précédentes. Il partage la garde de ses deux garçons à 50% avec son ex, et je partage la garde de ma fille à 50% avec le mien. Notre vie est constituée de beaucoup d’horaires, de compromis et de nombreux parents impliqués.

En Californie, des écoles avaient déjà été fermées dans le passé en raison d’incendies, d’inondations et d’autres catastrophes naturelles, mais généralement elles avaient été rouvertes quelques semaines plus tard. Personne ne pensait que nos enfants n’allaient devoir rester à la maison aussi longtemps cette fois. C’était définitivement quelque chose de nouveau pour mon mari et moi de gérer tout ça avec nos ex-conjoints.

Mon ex-mari et moi avions l’habitude de déposer et d’aller chercher notre fille à l’école la plupart du temps, ce qui signifiait que je pouvais passer des semaines sans aucune raison de le voir. Il y avait des événements scolaires occasionnels ou des changements dans son horaire, mais ces jours étaient rares et espacés. Inutile de dire que cela faisait un long moment que je n’avais pas eu à le voir régulièrement, et je ne peux pas dire que je n’étais pas inquiète de la façon dont cela se passerait.

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Depuis notre divorce, nous avons toujours été coparents, mais avons oscillé entre être de bons amis et ne pas se parler du tout. Lorsque nous nous sommes séparés pour la première fois, il a été extrêmement difficile de trouver comment faire fonctionner le tout avec deux ménages et un nouveau calendrier de garde. Nous avions chacun des points de vue différents sur la parentalité, l’heure du coucher, la discipline et les repas, et étions en constante compétition pour être le meilleur parent.

Finalement, nous avons pu mettre notre ego de côté et nous unir pour créer une certaine continuité pour notre fille. Il m’a fallu un certain temps pour comprendre mon besoin de tout contrôler et accepter que ce qui se passe chez lui dépend de lui et que les limites doivent être respectées.

Mais ajoutez à cela l’école à distance et les restrictions liées au coronavirus, et vous avez un tout nouvel ensemble de normes à gérer.

Nous avons eu de nombreuses discussions où l’on se demandait si nous faisions cela correctement. Nous devions décider s’il était important que notre enfant de la maternelle assiste à toutes ses réunions Zoom. Je veux dire, est-ce que les cours de gym sont vraiment essentiels quand elle court dans la maison toute la journée?

Les enfants plus âgés de mon mari avaient de vrais devoirs à terminer et il y a certainement quelques devoirs qui se sont perdus dans l’aller-retour entre les maisons. Nous devions également déterminer ce qui serait acceptable en matière de distanciation sociale et de sorties à l’extérieur de la maison.

«Mon ex s'assurera-t-il que notre fille porte son masque en public et accepte-t-il de limiter les séances de jeu et autres interactions? Puis-je me fier aux autres adultes dans la vie de nos enfants pour prendre des précautions et nous empêcher de tous tomber malades?»

Les ex-conjoints sont souvent désireux de critiquer ce que vous faites de votre temps, ce qui nous a tous rendus hyper conscients de chaque décision. Tout le monde était nerveux et stressé. Nous avions deux familles et trois ménages à considérer et je trouvais important de m’assurer que nous étions tous sur la même longueur d’onde. Mon ex s’assurera-t-il que notre fille porte son masque en public et accepte-t-il de limiter les séances de jeu et autres interactions? Puis-je me fier aux autres adultes dans la vie de nos enfants pour prendre des précautions et nous empêcher de tous tomber malades?

En commençant à parler à d’autres coparents, j’ai réalisé que je n’étais pas la seule à avoir ces inquiétudes. Nos problèmes sont mineurs par rapport à d’autres avec des problèmes plus graves. Il y a des parents qui utilisent la COVID-19 pour influencer les batailles juridiques pour la garde des enfants, des parents incapables de s’absenter de leur travail qui est essentiel, des parents qui perdent complètement leur emploi, ou pire encore, des parents qui s’inquiètent de problèmes tels que la négligence ou les abus. C’est une période difficile pour tout le monde et la situation de plusieurs autres enfants que je connais m’a brisé le coeur.

Après un certain temps, les choses sont devenues beaucoup plus faciles pour mon ex-conjoint et moi. Nous avons commencé à interagir régulièrement; je peux même dire que nous sommes redevenus amis. Finalement, nous avons réalisé que nous étions dans la même bulle COVID-19, que cela nous plaise ou non, alors autant en tirer le meilleur parti.

De temps en temps, nous soupions ensemble, passions du temps avec notre fille et j’ai même coupé les cheveux de mon ex dans notre cour à plusieurs reprises. Il y a un certain niveau de confiance à atteindre pour laisser votre ex-femme approcher votre tête avec des ciseaux.

En fin de compte, rien de tout cela ne serait arrivé si nous n’avions pas été obligés de nous voir tous les deux jours. Maintenant, ne vous méprenez pas: si je devais énumérer les choses que je veux faire, voir mon ex-mari tous les matins avant de prendre mon café ne serait pas en haut de la liste. Mais notre fille se porte bien, et c’est ce qui compte. Elle adore pouvoir nous voir davantage tous les deux, et le temps passé en face à face nous a aidés à prendre des décisions rapidement et à établir facilement le calendrier.

Maintenant que les enfants retournent en classe, nous nous entendons toujours assez bien. Tout le monde s’est un peu détendu et nous avons appris à vivre la vie à un rythme très différent. Nous continuons à communiquer comme amis et même à partager une blague ou un café de temps en temps. Mon ex-mari est bienvenu chez nous, et bien qu’il n’ait plus à venir régulièrement, je le vois encore beaucoup plus que je ne le faisais par le passé.

Mon mari soutient cela et traite toujours mon ex avec le respect et la dignité que tout père mérite. Notre vie est compliquée, mais je n’ai jamais été aussi heureuse. Nos enfants sont élevés dans trois foyers aimants et ont tellement de chance d’avoir de nombreux modèles positifs dans leur vie.

Ce fut une période unique que nous n’oublierons pas, mais elle me donne de l’espoir pour l’avenir et pour tout ce qui va suivre dans notre parcours de coparentalité.

Ce texte initialement publié sur le HuffPost États-Unis a été traduit de l’anglais.

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