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26/06/2019 14:30 EDT | Actualisé 26/06/2019 14:34 EDT

La mobilisation massive: une dernière solution pour sauver la planète

Devant l'urgence climatique, les citoyens se doivent d'élever leur voix, ont évoqué les conférenciers réunis hier à Aire commune.

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L'animateur de la conférence sur les enjeux climatiques, Olivier Arbour-Masse, et les conférenciers Léa IIado, Sara Montpetit, Ruba Ghazal et Patrick Bonin.

La grande mobilisation des jeunes pour le climat débutée en 2018 pourrait bien être la solution pour obliger le gouvernement à agir. C’est du moins ce qu’ont soulevé les invités de la conférence sur les enjeux climatique qui s’est déroulée hier à Aire commune.

Nous avons onze ans pour réduire les émissions de CO2 de 45% afin de stabiliser le réchauffement climatique à 1,5°C, selon le rapport du GIEC. Au-delà de ce chiffre, nous assisterions à de graves conséquences environnementales telles que des vagues de chaleur, la montée des océans et l’extinction de certaines espèces, a rappelé Patrick Bonin, responsable de la campagne climat-énergie chez Greenpeace.

Si tous les pays respectent leur engagement [Accord de Paris], on se dirige vers un réchauffement de 3°C, ce qui est le double de la recommandation du GIEC.Patrick Bonin, Greenpeace

Mais comment prendre le virage vert dans un système capitaliste?

Selon Ruba Ghazal, députée de Mercier pour Québec solidaire, la base de la recette est simple: tout commence par un discours social et un grand rassemblement de la population. Selon elle, la manifestation du 15 mars dernier ainsi que les marches du vendredi qui ont commencé l’automne passé ont déjà eu des répercussions sur la sphère politique. 

«Il n’y a pas eu de résultats, mais ils [le gouvernement] ont écouté. Ce n’est que le début de la mobilisation, il ne faut pas se décourager», a-t-elle ajouté.  

Selon les étudiantes Léa IIardo, co-porte-parole du collectif La planète s’invite à l’Université, et Sara Montpetit, co-porte-parole de Pour le futur Mtl, la mobilisation des jeunes aura un effet pyramidal. Ceux-ci influenceront fort probablement les «plus vieux» et vont ainsi créer une chaîne d’individus conscientisés.  

52% des Québécois considèrent que les changements climatiques constituent un «grand ou très grand risque» pour notre société, selon un rapport de CIRANO. Pour Patrick Bonin, cette statistique est encourageante: «il y a un an seulement, on était à des années-lumière d’une mobilisation».

À défaut de pouvoir réformer le système politique

Augmenter la durée du mandat électoral aurait pu être une bonne solution pour permettre à un gouvernement de réaliser des projets novateurs. Mais malheureusement, le temps ne le permet pas, puisque la situation climatique urge, a soulevé Ruba Ghazal. 

La meilleure solution dans les plus brefs délais? Empêcher la création de certains projets et infrastructures, bannir certains produits, demander des aménagements urbains et des bâtiments intelligents par le biais de manifestations, a proposé Patrick Bonin. 

Environnement ne rime pas avec perte d’argent

Notre modèle économique est basé sur l’apport du profit au détriment de notre planète, a dénoncé Sara Montpetit. Et bien que souvent, l’idée du virement écologique soulève l’idée d’une perte de profit et d’une perte d’emplois, la politicienne Ruba Ghazal nous rassure: ce qu’il faut éviter à tout prix, ce sont les changements drastiques, comme la fermeture rapide de plusieurs entreprises.

Mieux vaut plutôt prioriser une «transition juste», a mentionné la politicienne. En d’autres mots, il faut convertir les industries polluantes vers des industries plus environnementales, par exemple, investir dans les énergies renouvelables et dans l’électrification des transports, mais aussi développer une économie «créatrice d’emploi» en limitant les importations. Cette transition éviterait la perte d’emplois massive tout en étant écologique, a-t-elle ajouté.

«Plus on est nombreux, plus on est fort», a rappelé Léa IIardo. 

Le groupe La planète s’invite à l’Université, qui était derrière la marche pour le climat du 15 mars dernier, organise une seconde manifestation le 27 septembre prochain pour revendiquer des actions immédiates du gouvernement. Pour connaître tous les détails, visitez la page Facebook La planète s’invite à l’Université.

 

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